Le dimanche de football que s’apprêtent à vivre les amateurs pourrait être mémorable. Dans le premier match, Tom Brady et les champions en titre tenteront d’envoyer les talentueux Rams de Los Angeles en vacances au Raymond James Stadium à Tampa Bay. Dans le second, Josh Allen et les Bills de Buffalo disputeront une rencontre éliminatoire à Patrick Mahomes et aux Chiefs de Kansas City à l’Arrowhead Stadium pour la deuxième année de suite. Deux chocs qui devraient nous tenir en haleine pour les 60 minutes de jeu.

Publié le 23 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Rams c. Buccaneers

Les Rams de Los Angeles et les Buccaneers de Tampa Bay n’ont fait qu’une bouchée de leur adversaire au premier tour. Construits pour gagner dans l’immédiat, les Rams et les Bucs ont respectivement déclassé les Cardinals de l’Arizona et les Eagles de Philadelphie, deux jeunes équipes qui ont encore manifestement du chemin à parcourir avant de pouvoir menacer les grosses pointures de la Nationale.

La rencontre de ce dimanche après-midi au Raymond James Stadium, elle, ne risque pas trop d’être à sens unique. Parce qu’ils sont les champions en titre, qu’ils joueront à domicile et que Tom Brady est dans leur camp, les Buccaneers sont favoris pour l’emporter par un placement. En analysant les deux formations, il est toutefois très difficile de les départager.

C’est drôle à dire d’une équipe qui peut compter sur le grand Brady, mais la clé pour les Bucs pourrait fort bien être leur jeu au sol ce dimanche puisque la défense des Rams est construite pour arrêter le jeu aérien. Jalen Ramsey est le meilleur demi de coin de la NFL et devrait être opposé à Mike Evans la plupart du temps, tandis qu’Aaron Donald et Von Miller auront pour objectif de déranger et de frapper Brady le plus souvent possible.

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Aaron Donald, des Rams, aura comme mission de déranger Tom Brady autant que faire se peut.

Donald a terminé la saison en force et, contrairement à l’année dernière lorsqu’il souffrait d’une blessure aux côtes, est en pleine santé pour les éliminatoires. Lors de ses deux derniers matchs avec les Broncos de Denver et ses quatre premiers dans l’uniforme des Rams, Miller n’avait enregistré aucun sac. Cette disette a pris fin il y a environ un mois alors que le chasseur de quarts, qui aura 33 ans en mars, a totalisé six sacs à ses cinq dernières sorties.

Brady a été victime de quatre sacs, dimanche dernier, et la blessure à une cheville qu’a subie Tristan Wirfs en début de match y a été pour beaucoup. Wirfs est revenu dans le match pour une série de jeux, mais a été incapable de poursuivre la rencontre par la suite et sa présence face aux Rams est incertaine. Contre le front défensif des Rams, son absence ferait très mal.

C’est ce qui rend l’importance du jeu au sol encore plus grande pour les Bucs. Le problème, c’est que la présence de Leonard Fournette (ischiojambier), qui n’a pas joué depuis le 19 décembre, et celle de Ronald Jones II (cheville) demeurent incertaines, elles aussi. Giovani Bernard et Ke’Shawn Vaughn ont fait le boulot contre les Eagles, mais seraient-ils en mesure de faire la même chose cette fois ?

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La présence du demi-offensif vedette des Bucs Leonard Fournette, blessé le 19 décembre dernier, est incertaine.

Si Ramsey réussit à contenir Evans, vous pouvez parier que Brady se tournera souvent vers son vieux pote Rob Gronkowski. Gronk a été la cible de Brady au moins huit fois dans neuf de ses matchs cette saison et ça devrait ressembler à ça dimanche. Les Rams ont perdu quelques demis de sûreté au cours des dernières semaines, alors les autres ailiers rapprochés des Bucs, Cameron Brate et O. J. Howard, pourraient être sollicités davantage qu’ils le sont normalement.

La clé : Devin White ?

La situation est similaire de l’autre côté du ballon. L’imposant front défensif des Buccaneers voudra dominer une ligne offensive qui est bonne, mais loin d’être dominante. Comme c’est le cas pour Wirfs du côté de Tampa Bay, le vétéran de 40 ans Andrew Whitworth (cheville et genou) pourrait être forcé de s’absenter. En plus de protéger l’angle droit de Matthew Stafford, le bloqueur à gauche est le meneur de la ligne offensive des Rams.

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Matthew Stafford, quart-arrière des Rams de Los Angeles

La présence de Vita Vea et de Ndamukong Suh au milieu de la première ligne ainsi que celle des secondeurs Devin White et Lavonte David font de la défense des Bucs l’une des plus étanches de la ligue contre le jeu au sol. L’attaque de Sean McVay est, par contre, l’une des plus créatives dans l’art de créer des ouvertures pour son jeu de course et le récent retour au jeu de l’explosif Cam Akers aide beaucoup.

Il sera très important pour les Rams que leur jeu au sol se mette en marche tôt dans la partie. Stafford a été très solide dans la victoire face aux Cards lundi soir, mais s’il doit tenter trop de passes, le risque d’erreurs sera grand. Qu’il s’agisse d’interceptions ou de sacs. Shaq Barrett, Jason Pierre-Paul et le premier choix du club en 2021, Joe Tryon-Shoyinka, qui se démarque malgré une utilisation limitée, sont tous des chasseurs de quart dangereux.

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Le secondeur Devin White, notamment, fait de la défense des Bucs l’une des plus étanches de la ligue.

La défense du coordonnateur Todd Bowles possède-t-elle les demis de coin pour suivre Cooper Kupp, Odell Beckham fils et Van Jefferson durant les quatre quarts ? C’est une question légitime. Les Bucs devront probablement utiliser leurs demis de sûreté en couverture de passe la plupart du temps, leur ligne défensive et leurs secondeurs devront donc arrêter le jeu au sol en recevant peu d’aide. Selon toute probabilité, Devin White en particulier devra connaître une excellente journée afin que les Bucs puissent l’emporter.

Les Rams ont gagné leurs deux affrontements contre Brady et les Bucs depuis le début de la saison dernière. À Tampa Bay l’année passée et le 26 septembre dernier, une victoire somme toute assez facile. Les Rams menaient 31-14 au troisième quart et l’ont emporté 34-24 à Los Angeles.

Stafford (343 verges, 4 touchés, aucune interception) et Brady (432 verges, 1 touché, aucune interception) avaient été très productifs lors du match en septembre, mais il serait étonnant que celui de ce dimanche soit aussi offensif, même si c’est loin d’être impossible avec des quarts comme Brady et Stafford.

La tentation de prédire une victoire des Rams est forte. En raison des blessés des Buccaneers (Fournette, Wirfs, Chris Godwin), la formation des Rams semble légèrement supérieure sur papier actuellement. Mais les Bucs savent comment gagner, je ne vous apprendrai rien. Ils auront trouvé des façons d’attaquer la défense des Béliers et leur propre défense réussira quelques « gros » jeux aux moments opportuns. C’est sans parler du facteur Brady. Victoire à l’arraché des champions, mais ce ne sera vraiment pas facile.

Rams de Los Angeles c. Buccaneers de Tampa Bay, ce dimanche, à 15 h

NOTRE PRÉDICTION : RAMS 22, BUCCANEERS 23

Bills c. Chiefs : deuxième acte d’une rivalité naissante

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Les Chiefs de Kansas City avaient défait les Bills de Buffalo 38-24 en finale de conférence l’an dernier.

L’an dernier, c’était pour y jouer la finale de conférence que les Bills de Buffalo s’étaient rendus au bruyant Arrowhead Stadium. Marque finale : 38-24 pour les Chiefs. Cette année, c’est au deuxième tour que les deux équipes se retrouvent, de nouveau à Kansas City. Un match qui devrait être beaucoup plus serré que celui d’il y a 12 mois.

Considérés comme les deux meilleurs clubs de l’AFC avant le début du calendrier, les Bills et les Chiefs n’ont pas connu une saison aussi facile que prévu. Après une saison de 14-2 en 2020 et deux championnats de l’Américaine consécutifs, les Chiefs avaient une fiche de 3-4 en date du 24 octobre. Quant aux Bills, ils n’ont remporté que trois de leurs huit matchs dans la période du 18 octobre au 12 décembre et semblaient destinés à participer aux éliminatoires à titre de meilleurs deuxièmes.

Mais les Bills ont coiffé les Patriots de la Nouvelle-Angleterre au sommet de leur division avant de les déclasser, samedi dernier, établissant même une nouvelle marque de la NFL en terminant toutes leurs séries offensives avec un touché ou en posant le genou au sol à la fin de chacune des deux demies. C’est un total de sept touchés que Josh Allen et les Bills ont inscrits dans leur écrasante victoire de 47-17 à Buffalo.

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Josh Allen, quart-arrière des Bills de Buffalo

Le lendemain, les Chiefs ont servi une correction aux Steelers de Pittsburgh après un premier quart difficile. Ils n’ont inscrit qu’un touché de moins que l’avaient fait les Bills la veille dans un gain de 42-21. Les Chiefs et les Bills n’étaient peut-être pas les meilleures équipes de l’Américaine en septembre comme on l’avait cru, mais ils ont démontré le week-end dernier qu’ils l’étaient en ce moment.

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Patrick Mahomes, quart-arrière des Chiefs de Kansas City

Parce qu’ils font partie de la même division et qu’elle est donc plus naturelle, on écrivait à l’automne que la prochaine grande rivalité de quarts-arrières dans la NFL serait celle entre Patrick Mahomes et Justin Herbert, des Chargers de Los Angeles. Mais jusqu’à preuve du contraire, c’est plutôt Allen qui développe une rivalité avec Mahomes, eux qui s’affronteront en séries pour la deuxième fois.

Respectivement âgés de 25 et de 26 ans, Allen et Mahomes devraient faire partie de la crème des quarts-arrières pour au moins les sept ou huit prochaines années, et probablement plus.

Le personnel de joueurs offensifs autour des deux quarts-arrières est très similaire : de bonnes lignes offensives, des groupes de demis respectables et plusieurs cibles de qualité chez les receveurs. Travis Kelce, Tyreek Hill, Mecole Hardman et Byron Pringle du côté des Chiefs, et Stefon Diggs, Dawson Knox, Emmanuel Sanders et Cole Beasley du côté des Bills.

Comme l’avait été Kelce en 2013, Knox a été un choix de troisième tour en 2019. À sa troisième saison, l’ailier rapproché est devenu un joueur clé de l’attaque des Bills avec 49 attrapés et 9 touchés. Il a saisi 5 passes pour 89 verges et 2 majeurs, samedi dernier. Il est encore trop tôt pour l’inclure dans le groupe des meilleurs ailiers rapprochés du circuit, dont fait partie Kelce, mais Knox est en ascension rapide.

Les deux attaques ont une autre chose en commun, soit d’excellents coordonnateurs. Eric Bieniemy (Chiefs) et Brian Daboll (Bills) devraient obtenir un poste d’entraîneur-chef prochainement, et le méritent, surtout le premier, qui attend sa chance depuis déjà longtemps. Chaque fois que les Chiefs doivent réussir un jeu important, ils sortent un petit lapin de leur chapeau et Bieniemy en est vraisemblablement le grand responsable.

Avantage Butker

Comme leurs attaques, les défenses des Chiefs et des Bills sont d’un calibre comparable, quoique Buffalo a terminé au premier rang tant pour les verges que pour les points durant la saison. La défense des Chiefs s’est toutefois considérablement améliorée depuis le milieu de la saison et joue extrêmement bien dernièrement.

Grâce à l’ajout de Nick Bolton, qui aurait été un candidat au titre de recrue par excellence en défense si Micah Parsons n’avait pas déjà été certain de remporter cet honneur, le groupe de secondeurs des Chiefs ne constitue plus une faiblesse. Chris Jones reste le pilier de la première ligne, tandis que la tertiaire peut compter sur Tyrann Mathieu et deux demis de coin que l’on devrait peut-être mentionner lorsqu’il est question des meilleures paires de la ligue, L’Jarius Sneed et Charvarius Ward.

Les plus grandes forces de la défense des Bills sont sa profondeur et l’absence d’un maillon faible. À défaut d’avoir un joueur étoile sur leur ligne défensive, les Bills peuvent utiliser une rotation qui leur permet de toujours avoir des forces fraîches. Le trio de secondeurs composé de Matt Milano, Tremaine Edmunds et A. J. Klein ne réussit pas beaucoup de jeux spectaculaires, mais est généralement fiable, puis la tertiaire ne semble pas trop souffrir de la perte de son meilleur demi de coin, Tre’Davious White, blessé à un genou. C’est notamment parce que les joueurs par excellence de la défense des Bills sont Micah Hyde, qui a réussi une spectaculaire interception samedi dernier, et Jordan Poyer, deux demis de sûreté.

Hyde et Poyer seront indispensables afin que les Bills puissent contenir Kelce et Hill, dimanche soir. Les demis de coin des Bills devront tout de même exceller en couverture de passe, surtout aux dépens de Hardman et de Pringle, qui ne seront probablement pas opposés à une double couverture très souvent.

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Harrison Butker, botteur des Chiefs de Kansas City

Dans un match qui pourrait fort bien se décider par un placement (les Chiefs étaient favoris pour l’emporter par 1,5 point au moment où nous rédigions ce texte), les botteurs de précision pourraient être la différence. Harrison Butker a déjà fait ses preuves dans la NFL, mais Tyler Bass ne dispute que sa deuxième saison du côté des Bills.

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Tyler Bass, botteur des Bills de Buffalo, s’exécute lors d’un match face aux Panthers de la Caroline.

Alors que Butker a réussi 108 de ses 124 tentatives (87,1 %) de 30 verges ou plus en 5 saisons, Bass n’a fait mouche que 75,6 % du temps (31 en 41) en pareille circonstance. Le plus long placement en carrière des deux botteurs a couvert une distance de 58 verges.

Les Bills ont facilement battu les Chiefs, 38-20, au Arrowhead en octobre. Mais Mahomes et ses coéquipiers ne jouaient pas bien du tout à ce moment, alors que les Bills voulaient démontrer qu’ils pouvaient vaincre l’équipe par excellence de l’AFC.

Donc, Allen et les Bills ou Mahomes et les Chiefs ? Dans une rencontre qui devrait se décider dans les dernières minutes, les Chiefs ont un léger avantage à la position de botteur et sur le plan de l’expérience. Mais comme disait mon prédécesseur Richard Labbé, n’allez pas miser l’argent de l’épicerie sur ça.

Bills de Buffalo c. Chiefs de Kansas City, ce dimanche, à 18 h 30

NOTRE PRÉDICTION : BILLS 30, CHIEFS 33