Pour la première fois de son histoire, la NFL présentera un match éliminatoire un lundi soir, alors que les Rams accueilleront les Cardinals de l’Arizona à Los Angeles. Il s’agira du troisième affrontement de l’année entre les deux rivaux de division, l’équipe visiteuse ayant remporté les deux premiers.

Publié le 17 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les Cardinals de l’Arizona ne sont sûrement pas intimidés de devoir jouer leur première partie en six ans dans les éliminatoires dans le magnifique SoFi Stadium de Los Angeles.

D’abord, leur fiche à l’extérieur de 8-1 a été la meilleure de la ligue cette saison. Ensuite, il y a souvent presque autant de partisans de l’équipe visiteuse que de l’équipe locale au SoFi Stadium, qu’il s’agisse d’un match des Rams ou des Chargers. La semaine dernière, la foule était d’ailleurs plus bruyante lorsque l’attaque des Rams était sur le terrain que lorsque c’était celle des 49ers de San Francisco…

La troupe de Kliff Kingsbury devrait également pouvoir compter sur un membre important de plus, lundi soir. J.J. Watt est de retour dans la formation après avoir raté les 10 derniers matchs, blessé à une épaule. À défaut d’être un joueur dominant comme il l’était il y a quelques années, Watt est un grand meneur et sa seule présence devrait avoir un effet positif sur la défense des Cards.

On ne peut certainement pas dire que cette dernière est une collection de « gros » noms.

Watt et Chandler Jones (10,5) sont bien connus du public, mais des joueurs comme le demi de sûreté Budda Baker (63 plaqués individuels et trois interceptions), le chasseur de quarts Markus Golden (11 sacs), le demi de coin Byron Murphy fils (quatre interceptions) et le polyvalent Isaiah Simmons n’obtiennent pas la publicité qu’ils devraient. Cela dit, dans les matchs les plus importants qu’ont disputés les Cardinals cette saison, la défense a rarement été bonne.

Et l’unité du coordonnateur Vance Joseph, l’ancien pilote des Broncos de Denver qui serait actuellement l’un des candidats pour remplacer Brian Flores chez les Dolphins de Miami, aura fort à faire, ce lundi.

L’attaque des Rams est l’une des plus dynamiques grâce aux jeux que dessine l’entraîneur-chef Sean McVay, et elle est très difficile à contenir lorsque Matthew Stafford est bien protégé et qu’il est au sommet de sa forme.

Les Rams ont payé cher pour obtenir Matthew Stafford des Lions de Detroit l’hiver dernier. Le quart est-il supérieur à son prédécesseur, Jared Goff ? Oui. Mais il reste à voir jusqu’à quel point. Goff a tout de même mené les Rams au Super Bowl il y a trois ans.

Stafford a lancé pour près de 5000 verges à sa première campagne avec les Rams (4886), mais a été le pire quart du circuit au chapitre des interceptions (17), à égalité avec la recrue Trevor Lawrence. Dans les 12 victoires des siens, Stafford a totalisé 31 passes de touché et neuf interceptions, alors que dans leurs cinq défaites, il a réussi 10 passes de touché et a été victime de huit interceptions.

Stafford a subi de nombreuses blessures cette saison et serait actuellement gêné par l’une ou plusieurs de celles-ci. Mais comme la statistique précédente le démontre, c’est son rendement qui dicte souvent le genre de match que connaîtront les Rams. Avec des receveurs comme Cooper Kupp et Odell Beckham fils à sa disposition, Stafford devra absolument être productif ce lundi soir et pour le reste du tournoi.

Le facteur Aaron Donald

Les Rams ont employé les grands moyens pour améliorer leur attaque avec les acquisitions de Stafford et de Beckham, et ont fait la même chose en défense. Ils ont sacrifié deux choix de premier tour pour mettre la main sur le meilleur demi de coin de la ligue, Jalen Ramsey, puis des sélections de deuxième et de troisième tours pour ajouter Von Miller plus récemment.

Ramsey et Miller sont des joueurs de grand talent, mais le pilier défensif des Rams demeure bien sûr Aaron Donald, qui a probablement joué son meilleur match de la saison lorsque son équipe a défait les Cardinals, 30-23, le 13 décembre dernier. Nommé meilleur joueur défensif de la ligue en 2017, 2018 et 2020, Donald avait récolté trois sacs aux dépens de Kyler Murray et avait exercé de la pression sur lui à 14 occasions !

PHOTO JOE CAMPOREALE, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Aaron Donald et Marquise Copeland, des Rams de Los Angeles

Kingsbury a d’ailleurs dit la semaine dernière que Donald avait complètement saccagé le plan de match des Cardinals en décembre. Il fera la même chose si les Cards ne lui opposent pas deux joueurs à presque tous les jeux cette fois. Le problème, c’est qu’ils devront également contenir Miller et Leonard Floyd, entre autres.

Lorsque Murray est contenu dans sa pochette et que l’adversaire réussit à le presser, il devient un quart-arrière ordinaire. Et lorsque Murray en arrache, les Cardinals sont souvent incapables de se mettre en marche.

L’absence de DeAndre Hopkins leur fait mal, mais il y a tout de même quelques bons receveurs chez les Cards, notamment l’ailier espacé Christian Kirk et l’ailier rapproché Zach Ertz, anciennement des Eagles de Philadelphie. Ertz pourrait jouer un grand rôle face aux Rams, qui ont fait sortir Eric Weddle de sa retraite afin de renflouer un groupe de demis de sûreté décimé par les blessures la semaine dernière…

Au moment où l’on écrivait ce texte, James Conner représentait un cas douteux pour lundi. Conner est blessé aux côtes, pas tout à fait le genre de blessure dont on veut souffrir lorsqu’on est porteur de ballon… La présence de Conner serait significative, les Rams étant vulnérables contre le jeu au sol. Le demi offensif a totalisé 18 touchés en 15 matchs à sa première saison en Arizona.

Le propriétaire Stan Kroenke et les Rams n’ont lésiné sur rien afin de pouvoir disputer le Super Bowl au SoFi Stadium le 13 février prochain. Stafford, Ramsey, Miller, Beckham, Weddle sorti de la retraite à la dernière heure… Pas sûr que les Rams soient assez constants pour y parvenir, mais ils devraient être capables de battre les Cards.

Cardinals (11-6) c. Rams (12-5), ce lundi à 20 h 15

Notre prédiction : Cardinals 16, Rams 27