Antony Auclair est mûr pour plus de stabilité. L’ailier rapproché des Texans, qui vient de terminer la seule année de son contrat à Houston, se sent prêt pour une entente à long terme. Au Texas ou ailleurs.

Publié le 17 janvier
Jean-François Téotonio
Jean-François Téotonio La Presse

« Je suis à un point dans ma carrière où c’est la chose à faire, d’y aller et d’essayer de s’installer, a révélé le joueur québécois en visioconférence, lundi matin. Des contrats d’un an, à la base, tu veux faire ça pour augmenter ta valeur. Cette année, c’est mission accomplie. »

C’est que l’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval en est, en 2022, à sa troisième saison morte en tant que joueur autonome. Il avait signé un contrat d’un an à Tampa Bay en 2020, après sa troisième année avec les Buccaneers. Une saison supplémentaire en Floride qui lui avait notamment permis d’évoluer avec Tom Brady et Rob Gronkowski, ainsi que de repartir avec une bague du Super Bowl LV. Il s’était ensuite entendu avec les Texans pour la saison 2021.

Une année remplie « de hauts et de bas en émotions », dixit Auclair.

Parce qu’après « un excellent camp » d’entraînement et « de bons matchs de pré-saison », l’équipe l’a retranché, avant de lui faire signer un contrat avec l’équipe de réserve.

Ç’a été un peu une claque dans la face quand je me suis fait couper au camp d’entraînement.

Antony Auclair

Malgré tout, il s’est retrouvé avec l’équipe première lorsque la saison a débuté. Et a vécu « un moment marquant » lorsqu’il a inscrit le premier touché de sa carrière dans la NFL, contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, lors de la cinquième semaine du calendrier.

« Je me disais dans ma tête que c’était le temps que ça arrive, raconte l’ailier rapproché. J’étais vraiment content, j’ai même pu garder le ballon. Ça va être un beau souvenir. »

Reste que les Texans sont en reconstruction. Ils ont fini la saison avec une fiche de 4 victoires et 13 défaites. Auclair arrivait d’une équipe qui avait remporté le Super Bowl. Il est donc passé d’une équipe championne à un environnement où les victoires se faisaient rares.

« J’aime faire partie d’une reconstruction, explique le Beauceron. C’est sûr que c’est difficile, que ça prend du courage et de la détermination. C’est un long processus. Mais j’aime en faire partie. »

« En plein dans mon prime »

On parlait plus tôt de « mission accomplie » pour Auclair cette saison. Les statistiques de cet ailier rapproché aux fonctions résolument défensives peignent certainement une partie du tableau : 5 attrapés sur 5 tentatives de passe pour 47 verges, 16 matchs joués sur 17, et ce fameux touché contre les Patriots.

Mais sa satisfaction va au-delà de cette énumération.

« L’année dernière, j’ai manqué beaucoup de matchs et ça m’a fait rater les séries, explique-t-il. J’ai traîné des blessures toute la saison, je n’étais pas au top de mon jeu. Durant la saison morte, j’ai voulu régler tout ça. Je me suis entouré d’une équipe à Québec, j’ai fait attention à ma nutrition, j’ai tout changé, tout amélioré.

« Mon plus gros exploit cette année, ç’a été de jouer tous les matchs, sauf un à cause de la COVID. […] Je n’ai pas manqué une pratique, si on compte le camp d’entraînement et la saison. [Les blessures] m’ont fait manquer le Super Bowl l’année passée. »

Je devais me prouver à moi-même que j’étais capable d’endurer une saison complète. Je l’ai fait.

Antony Auclair

Et avec son parcours de cinq ans dans la NFL, Auclair, 28 ans, sent qu’il a maintenant atteint son plein potentiel.

« Avec l’expérience que j’ai acquise à travers les années et mon rôle qui continue d’évoluer, je pense que je suis en plein dans mon prime. »

Mais ne le dites pas à son jeune coéquipier Brevin Jordan, ailier rapproché de 21 ans.

« Je ne suis pas encore un vieux joueur, même si Brevin Jordan n’arrêtait pas de dire ça cette année ! »

Son parrainage avec les plus jeunes a d’ailleurs contribué à son contentement en 2021.

« Cette année, j’avais des objectifs personnels, mais aussi des objectifs collectifs. Je voulais aider ces jeunes-là à se développer. Je pense que j’ai développé une bonne relation avec Brevin. Même chose avec Davis [Mills, le quart-arrière]. Il a été lancé là-dedans en début de saison quand Tyrod Taylor s’est blessé. Ça n’a pas été facile et en fin de saison, le kid avait vraiment évolué, il était vraiment rendu bon. Le futur de ce jeune-là est brillant. »

« Je me plais vraiment à Houston »

Reste maintenant à savoir où se retrouvera Auclair en 2022. Il dit avoir discuté avec le directeur général des Texans, Nick Caserio, ainsi qu’avec le vice-président des opérations football, Jack Easterby, à ce sujet.

« Les deux m’ont dit qu’ils étaient très contents de ma saison et qu’on allait se reparler en février ou en mars. Ils n’ont pas donné de détails. »

Les Texans sont à la recherche d’un nouvel entraîneur-chef et d’un nouveau coordonnateur offensif. Les besoins de l’équipe vont dépendre des embauches à ces postes. Mais Auclair croit qu’il a fait ses preuves.

« Je pense que je mérite un poste, mais reste à voir ce qu’on va faire au niveau contractuel. »

« Je me plais vraiment à Houston, pas à cause de la ville nécessairement ou des bons steaks. C’est vraiment grâce aux relations que j’ai créées avec mes coéquipiers. »