Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Bills s’affrontaient pour la troisième fois en six semaines, samedi soir à Buffalo. Les matchs intradivisions sont généralement serrés et âprement disputés, on était donc en droit de s’attendre à un bon spectacle. Le suspense était fini au milieu du deuxième quart.

Mis à jour le 16 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les sept premières fois que Josh Allen et les Bills ont eu le ballon, ils ont inscrit un touché. La huitième, les Bills ont posé le genou au sol pour écouler les dernières secondes de cette rencontre disputée dans un froid sibérien (-22 Celsius comme température ressentie).

À l’inverse, les deux fois où l’attaque des Patriots semblait sur le point de redonner un peu d’espoir aux troupes, Mac Jones a lancé une interception. Résultat final : Patriots 17, Bills 47. Ouch. Le pire match éliminatoire des Pats depuis qu’ils sont dirigés par Bill Belichick ? Sans aucun doute.

Pourtant solide durant la majorité de la saison, la défense des Pats n’avait aucune solution pour ralentir Allen, qui a été impeccable. L’imposant quart-arrière des Bills a réussi 21 de ses 25 tirs (84 %) pour 308 verges et a lancé cinq passes de touchés. Dawson Knox (deux), Emmanuel Sanders, Gabriel Davis et Tommy Doyle ont saisi les passes payantes, tandis que le demi offensif Devin Singletary, qui a couru avec beaucoup de conviction, a inscrit les deux autres touchés au sol.

Tous les joueurs offensifs des Bills ont excellé, y compris les cinq membres de la ligue, qui a malmené le front défensif des Patriots durant toute la soirée.

La défense des Patriots ne semblait pas trop intéressée à jouer et on arrive à cette conclusion en jetant un coup d’œil aux statistiques finales. En plus d’avoir permis sept touchés consécutifs, l’unité n’a réussi aucun revirement, ni de sac, et n’a défendu qu’une seule passe. Elle a été à plat de la première à la 60e minute. Un pareil rendement de la part d’une défense dirigée par Belichick est difficile à croire.

Après un très bon départ professionnel, Jones a offert une autre performance qui a laissé à désirer pour finir sa première saison. Il a perdu quatre de ses cinq derniers départs et la défense des Bills n’a pas vraiment eu de difficulté à lui dicter le ton, samedi. Jones a gagné 232 verges, a lancé deux passes de touchés sans importance et a été victime de deux interceptions.

Mention honorable au receveur Kendrick Bourne, qui a marqué les deux touchés des Patriots et qui a été leur seul joueur à jouer avec de l’intensité. Les Pats ont pris un pas dans la bonne direction cette saison, mais il leur reste manifestement encore beaucoup de travail avant de pouvoir redevenir des aspirants légitimes.

Les Bills, eux, peuvent viser les grands honneurs tout de suite. S’ils continuent de jouer comme ils l’ont fait samedi, ils seront extrêmement difficiles à éliminer.

L’entraîneur-chef Sean McDermott, le coordonnateur offensif Brian Daboll et le coordonnateur défensif Leslie Frazier avaient très bien préparé leur formation et ont carrément servi une correction à Belichick et à ses adjoints. Daboll et Frazier sont d’ailleurs tous deux des candidats pour obtenir le poste d’entraîneur-chef des Bears de Chicago et seront interviewés par ces derniers, dimanche.

Les Bengals, enfin

Heureusement, le premier match disputé samedi a été beaucoup plus intéressant que le massacre à Buffalo. Les Bengals ont tenu le coup et ont préservé une victoire de 26-19 contre les Raiders de Las Vegas, qui ont vu leur saison prendre fin lorsque Derek Carr a lancé une interception sur un quatrième essai à la porte des buts des Bengals dans les dernières secondes.

Quand Germaine Pratt a intercepté la passe de Carr, les Bengals et leurs partisans ont pu célébrer leur première victoire dans les éliminatoires en 31 ans, ce qui était la plus longue séquence active du genre dans la NFL. Ce sont maintenant les Lions de Detroit qui détiennent cette marque peu enviable, n’ayant pas gagné dans les éliminatoires depuis la saison de 1991 (30 ans).

La rencontre a été marquée par une erreur majeure des officiels, qui ont accordé un touché à Tyler Boyd même si le coup de sifflet de l’un d’eux s’était fait entendre avant que le receveur des Bengals attrape le ballon dans la zone des buts. Joe Burrow se dirigeait vers les lignes de côté, mais a décoché sa passe avant de sortir du terrain à la surprise générale.

Après s’être consultés sur le terrain, les arbitres ont accordé le touché. L’entraîneur-chef par intérim des Raiders, Rich Bisaccia, n’a pas pu contester le jeu puisque le livre des règlements ne le permettait pas. Normalement, lorsqu’il y a un coup de sifflet avant la fin d’un jeu, celui-ci est annulé. Les officiels ont toutefois jugé que le sifflet s’était fait entendre après que Boyd a attrapé le ballon, ce qui était inexact.

Mais ce n’est pas à cause de cette gaffe des arbitres que les Raiders se sont inclinés. Clairement ennuyée pas le bruit de la foule, leur ligne offensive a été pénalisée à trois reprises pour de faux départs en première demie. Carr a été victime d’un échappé profondément dans son territoire. Le spécialiste des retours Peyton Barber a eu une crampe au cerveau et a cueilli un ballon qui se dirigeait vers les lignes de côté avec les deux pieds dans la surface de jeu. Si Barber avait posé un pied à l’extérieur du jeu avant de récupérer le ballon, les Raiders auraient commencé leur série à leur ligne de 40 au lieu de la ligne de 2… Trop d’erreurs pour gagner un match éliminatoire.

On peut également se questionner sur le choix de jeux des Raiders. Même s’il avait obtenu 83 verges en 13 courses (moyenne de 6,3), Josh Jacobs a très peu été utilisé en deuxième demie. En plus, les joueurs de ligne défensive Trey Hendrickson et Larry Ogunjobi avaient quitté le match en raison de blessures, ce qui aurait normalement dû favoriser le jeu au sol des Raiders. Carr a tenté 54 passes… Un ratio de quatre passes pour une course ? Mauvaise idée.

Du côté des Bengals, Burrow et le receveur Ja’Marr Chase ont continué de faire la paire. Burrow a complété 24 de ses 34 passes pour 244 verges et deux touchés et n’a commis aucune erreur. Chase a fini le match avec neuf attrapés pour 116 verges. Les deux anciens de LSU n’ont pas fini de se moquer des tertiaires adverses.