Les plus perspicaces (et âgés) d’entre vous auront compris que le titre qui coiffe ce texte est une traduction maison du fameux : « How ‘bout them Cowboys ? », lancé par le grand Jimmy Johnson. Un entraîneur qui a marqué l’histoire des Cowboys de Dallas presque autant que le légendaire Tom Landry, même s’il a dirigé l’équipe 24 ans de moins.

Publié le 18 déc. 2021
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Johnson n’a été l’entraîneur-chef des Cowboys que durant cinq saisons, de 1989 à 1993, mais il a remporté le Super Bowl lors de ses deux dernières. Il avait posé sa question rhétorique dans le vestiaire des Cowboys après qu’ils eurent surpris les puissants 49ers à San Francisco en finale de conférence après la saison de 1992. Ça ne nous rajeunit pas.

Et si on la posait de nouveau en ce matin de la mi-décembre, près de 30 ans plus tard, la réponse serait la suivante : ils font peur, les Cowboys. Plus qu’à n’importe quel autre moment depuis leur dynastie des années 1990.

Plus que lors des années (Tony) Romo, demandez-vous ? Beaucoup plus. La deuxième moitié des années 2000 n’aura suscité que de faux espoirs pour les partisans des Cowboys.

Dallas a gagné ses deux plus récents matchs avec une relative aisance, même si Dak Prescott a été très ordinaire. Jerry Jones, propriétaire du club, a reconnu que son quart étoile était dans une mini-léthargie plus tôt cette semaine.

L’autre grand nom de l’attaque est bien sûr Ezekiel Elliott. Le robuste porteur de ballon joue actuellement en dépit d’une blessure à un genou et de nombreuses personnes se demandent pourquoi Elliott ne choisit pas de s’accorder un peu de repos afin de laisser guérir son genou. On présume qu’il en sera ainsi lorsque l’équipe aura confirmé son championnat de division, ce qui ne saurait tarder.

PHOTO RON JENKINS, ASSOCIATED PRESS

Ezekiel Elliott (21), demi offensif des Cowboys de Dallas

Elliott n’est plus la seule menace parmi les demis offensifs des Cowboys. En fait, Tony Pollard est encore plus dangereux que lui grâce à une vitesse et à une explosion qui figent les défenses adverses. Choix de quatrième tour en 2019, Pollard soigne actuellement une blessure à un pied, mais lorsque les deux porteurs de ballon seront en santé, ils représenteront un sérieux défi pour des défenses qui doivent déjà tenter de ralentir l’un des jeux aériens les plus prolifiques de la ligue.

De façon générale, Prescott est l’un des 5 ou 10 meilleurs quarts-arrières de la NFL, on s’entendra tous à ce sujet. Avec Amari Cooper, CeeDee Lamb et Michael Gallup, Prescott a la chance de lancer le ballon à un trio de receveurs qui se compare avantageusement avec la très grande majorité des meilleurs trios de la ligue.

Quant à elle, la ligne offensive des Cowboys ne peut plus être considérée comme une grande force comme c’était le cas il y a quelques années, mais l’unité est plus que respectable. La clé sera la présence des vétérans Tyron Smith et Zack Martin, qui stabilisent respectivement le côté gauche et le côté droit du quintette. Smith ratera d’ailleurs le match de dimanche face aux Giants de New York en raison d’une blessure à une cheville qu’il traîne depuis des semaines.

L’homme chargé de tirer profit de tout ce beau talent est le jeune Kellen Moore. Excellent quart-arrière avec les Broncos de l’Université Boise State, Moore s’est accroché durant quelques années comme réserviste dans la NFL mais ne possédait pas les outils pour y connaître du succès. Sa carrière a pris fin après la saison de 2017 avec les Cowboys et il est devenu l’entraîneur des quarts du club dès l’année suivante. Depuis 2019, il est le coordonnateur offensif des Cowboys et devrait devenir un entraîneur-chef au cours des prochaines années… peut-être même à Dallas.

Un vol

L’attaque des Cowboys a rarement été le problème au cours des 15 dernières années. Le problème, c’était la défense. En tout cas, certainement la saison dernière.

Ce n’est plus le cas en grande partie grâce à l’arrivée de Micah Parsons dans le nord du Texas. Considéré comme le meilleur joueur défensif du repêchage de 2021, Parsons a glissé jusqu’à la 12sélection parce qu’il avait préféré ne pas jouer en 2020 en raison de la menace de la COVID-19. Un choix qui s’est avéré un vol.

Parsons peut occuper un poste d’ailier défensif ou de secondeur et totalise 12 sacs et 75 plaqués, dont 17 pour des pertes. On ne parle plus du titre de recrue par excellence en défense dans son cas, un honneur qui semble dans la poche, mais bien du titre du joueur défensif tout court…

PHOTO TIM HEITMAN, USA TODAY SPORTS

Micah Parsons, secondeur des Cowboys de Dallas

Avec les récents retours au jeu des ailiers défensifs DeMarcus Lawrence et Randy Gregory, Parsons pourra jouer plus souvent comme secondeur aux côtés de l’ancien premier choix Leighton Vander Esch, qui joue du football honnête cette saison, et Keanu Neal, un joueur qu’a bien connu le coordonnateur défensif Dan Quinn chez les Falcons d’Atlanta. Neal a commencé sa carrière comme demi de sûreté et ajoute de la vitesse et du bon jeu en couverture de passe au groupe de secondeurs des Cowboys.

Il sera important pour la défense de Quinn d’exercer une bonne et constante pression sur le passeur, car s’il y a une faiblesse dans cette équipe, elle se trouve dans la tertiaire.

Ancien receveur comme son frère Stefon, des Bills de Buffalo, Trevon Diggs est une machine à interceptions et il mène la ligue avec neuf. Le demi de sûreté Jayron Kearse n’est pas vilain et apporte un avantage inhabituel à cette position grâce à sa taille de 6 pi 4 po, mais pour le reste, la tertiaire manque de talent et de profondeur. Nul doute qu’il s’agira d’une priorité de l’organisation au cours de la saison morte.

Le dire et le faire

C’est une très bonne équipe qu’a sous la main l’entraîneur-chef, Mike McCarthy. Une qui est certainement capable de rivaliser avec les grosses pointures de la conférence Nationale, les Packers de Green Bay et les Buccaneers de Tampa Bay.

Mais comme toujours, ce qu’il y a sur le papier et ce qui se passe sur le gazon sont deux choses fort différentes. Les Cowboys en savent quelque chose. Ils ont souvent déçu les amateurs au fil des ans. McCarthy non plus n’a pas toujours répondu aux attentes lorsqu’il dirigeait les Packers.

PHOTO ORLANDO RAMIREZ, USA TODAY SPORTS

Mike McCarthy, entraîneur-chef des Cowboys de Dallas

Cela fait 26 ans que les Cowboys n’ont rien gagné. L’équipe qui se targue d’être celle de l’Amérique n’a même pas atteint une finale de conférence depuis son dernier Super Bowl en 1995. Aucune équipe ne peut se comparer aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre, qui ont participé à 14 finales de conférence au cours de cette période, mais le succès d’autres équipes phares de la NFL a de quoi faire rougir les Cowboys. Les Packers ont atteint huit finales de conférence depuis 1996, les Steelers de Pittsburgh, sept, et les 49ers de San Francisco, cinq.

Bref, les Cowboys et leurs partisans vivent un peu dans le passé. Leur club a brillé dans les années 1970, 1980 et 1990, mais le moment est venu d’arrêter de parler et de gagner. Lorsque ça compte vraiment. La bonne nouvelle pour les Cowboys, c’est que tout semble en place afin qu’ils puissent le faire cette année et pour plusieurs autres.

Les prédictions de Miguel Bujold

Las Vegas c. Cleveland : Cleveland
Nouvelle-Angleterre c. Indianapolis : Indianapolis
Caroline c. Buffalo : Buffalo
Arizona c. Detroit : Arizona
Jets de New York c. Miami : Miami
Dallas c. Giants de New York : Dallas
Washington c. Philadelphie : Philadelphie
Tennessee c. Pittsburgh : Pittsburgh
Houston c. Jacksonville : Jacksonville
Cincinnati c. Denver : Denver
Atlanta c. San Francisco : San Francisco
Seattle c. Rams de Los Angeles : Rams de Los Angeles
Green Bay c. Baltimore : Green Bay
La Nouvelle-Orléans c. Tampa Bay : Tampa Bay
Minnesota c. Chicago : Minnesota

La semaine dernière : 11-2
Total de la saison : 117-74