Jones et Adams fils seront de retour avec les Alouettes en 2022

Publié le 2 déc. 2021
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

À moins d’un revirement de situation de dernière heure, Khari Jones sera bel et bien de retour sur les lignes de côté des Alouettes pour une troisième saison en 2022. La condition : certaines choses devront changer. 

Le problème d’indiscipline des Alouettes ne se limitait pas à ce qui se déroulait sur le jeu cette saison. Les retards aux réunions et autres rendez-vous d’équipe ont été nombreux. Avant le dernier match de la saison régulière contre le Rouge et Noir d’Ottawa, certains joueurs du club s’amusaient à prédire par combien de points ils le gagneraient. Ce n’est donc pas si étonnant que ce soit finalement le Rouge et Noir qui l’ait gagné.

« On devra s’asseoir et parler en détail pour trouver des solutions », a dit le directeur général, Danny Maciocia, qui n’a pas voulu garantir que Jones serait de retour en 2022.

La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’il y a un désir qu’ils [les entraîneurs] soient de retour. Ça inclut Khari Jones et tous les adjoints. On a du travail devant nous, mais c’était la première fois qu’on travaillait tous ensemble cette année.

Danny Maciocia, directeur général des Alouettes

Jones a reconnu que son équipe avait manqué de discipline cette saison. Une indiscipline qui a souvent coûté cher durant les matchs.

« Cette responsabilité est effectivement la mienne. C’est un aspect dont je ne suis pas fier. Je vais m’assurer, et ce, dès le début de la saison et jusqu’à la toute fin de celle-ci, qu’on sera disciplinés [en 2022]. Même si je dois mettre des joueurs à l’amende, les clouer au banc ou les libérer. On fera tout ce qui sera nécessaire pour régler le problème. »

« Ça n’avait pas été un problème en 2019, et j’ai présumé, à tort, qu’il en serait encore ainsi, ce qui ne s’est pas avéré. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

Je n’ai pas réglé le problème quand j’aurais dû le faire tôt dans la saison. Le blâme me revient, et je vous garantis que cela ne se reproduira plus.

Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

Mais Jones est-il capable d’être assez sévère pour garder ses ouailles en rang ? C’est une question légitime.

« Croyez-moi, j’ai ce côté dont vous parlez. Vous me voyez souvent avec le sourire, et j’aime bien parler avec vous [les journalistes], mais je peux me fâcher, et nos joueurs ont occasionnellement pu le constater. Mais la vérité, c’est qu’ils ne m’ont probablement pas vu fâché assez souvent. »

Le don de la communication

Maciocia a souligné le rendement des unités spéciales et le manque d’opportunisme de l’attaque pour expliquer la décevante saison de son équipe, qui a terminé le calendrier régulier avec une fiche de 7-7 et qui a été éliminée en demi-finale de la division Est, dimanche, à Hamilton. L’indiscipline vient toutefois au sommet de la liste.

« Ce n’est pas un secret, on veut être beaucoup plus disciplinés [la saison prochaine]. On a beaucoup parlé des unités spéciales, mais c’est vrai pour l’équipe en entier. La discipline n’apparaît pas d’elle-même ; ça part de la façon dont les choses sont menées au quotidien. Les gens doivent arriver à l’heure pour les réunions ou pour recevoir leurs traitements. Si c’est une journée de musculation, tous nos joueurs doivent être dans la salle d’entraînement. »

La discipline vient avec la structure, on le sait tous, et notre entraîneur [Jones] le sait, lui aussi. On devra élaborer un plan et le suivre à la lettre.

Danny Maciocia, directeur général des Alouettes

Le DG des Als ne croit pas que l’amabilité de Jones doit nécessairement l’empêcher de serrer la vis lorsque cela s’impose.

« Je pense qu’il peut continuer d’être un chic type, tout en étant plus ferme. Car s’il va à l’autre extrémité, ce ne sera pas sa personnalité, et les joueurs vont le voir très rapidement. Ils penseront qu’il est faux [phony]. »

« Khari a le don de la communication. Et lorsqu’il communique avec les gens, ils écoutent vraiment ce qu’il dit. Il est d’un commerce agréable et est capable de rassembler les gens. Il peut quand même être ferme et juste. »

Même si Jones était déjà en poste avant son arrivée, Maciocia croit que leur association peut fonctionner. « Si je n’avais pas cru dans les gens qui étaient déjà en poste et avec lesquels j’allais travailler, je n’aurais pas accepté ce poste. »

Je pense encore qu’on a les bonnes personnes à l’interne pour connaître du succès.

Danny Maciocia

« Ce n’est pas seulement la responsabilité de l’entraîneur-chef ; c’est aussi celle de Danny Maciocia, de Mario Cecchini [président de l’équipe] et de Gary Stern [propriétaire de l’équipe]. La seule façon qu’on va s’améliorer, c’est en travaillant en équipe », a dit Maciocia.

Confiance en Adams fils

Avant de s’adresser aux journalistes, Jones a offert ses condoléances à Matthew Shiltz et à sa famille, qui ont appris que la mère du quart-arrière avait péri dans un accident de la route au cours des derniers jours. La tragédie est survenue au Texas.

Le contrat de Shiltz viendra à échéance en février, mais les deux autres principaux quarts de l’équipe, Vernon Adams fils et Trevor Harris, sont actuellement sous contrat.

« On devra décider dans quelle direction on ira parce que, comme vous le savez, ce sera pratiquement impossible de garder deux quarts-arrières qui vont toucher un salaire comme les leurs », a rappelé Maciocia.

Selon nos informations, l’organisation préfère aller de l’avant avec Adams fils. Les Alouettes croient qu’il continuera de s’améliorer et de gagner en maturité.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Vernon Adams fils

« Avant sa blessure à une épaule, je sentais que Vernon progressait », a commenté Jones.

Par ailleurs, les Alouettes pourraient choisir de réduire les tâches de Jones, qui est également le coordonnateur offensif et l’entraîneur des quarts. Jones a indiqué qu’il accepterait de le faire si l’organisation jugeait que c’était préférable qu’il en soit ainsi.

« Je n’ai probablement pas passé suffisamment de temps avec les unités spéciales et la défense cette saison », a-t-il reconnu.

Les Québécois, une priorité

Maciocia ne s’est jamais caché pour le dire : il veut augmenter le nombre de Québécois avec les Alouettes, tant chez les joueurs que chez les entraîneurs et dans les opérations football.

C’est une fierté pour tout le monde dans l’organisation de voir ce que David Ménard et David Côté ont fait cette saison.

Danny Maciocia

« Tant et aussi longtemps que Mario [Cecchini] et moi serons à l’emploi des Alouettes, ce sera notre objectif [d’avoir le plus de Québécois possible]. C’est très, très, très important. Je pense qu’on avait 18 joueurs québécois cette saison et que, parmi nos 21 joueurs canadiens en uniforme lors de nos matchs, il y avait parfois 13 ou 14 Québécois. »

Assistances en baisse, ventes en hausse

Cecchini a quant à lui dressé un bilan de la saison sur le plan des affaires. Le président en a profité pour donner quelques précisions aux journalistes et au public au sujet des assistances.

Il a affirmé que les ventes d’abonnement de saison avaient augmenté de 18 % par rapport à celles de la saison de 2019 et que les ventes de billets individuels avaient fait un bond de 54 %. Alors, comment expliquer que la moyenne d’assistance soit passée de 17 574 il y a deux ans à 13 063 cette année ?

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Mario Cecchini, président des Alouettes

Notre politique a été de réduire de façon considérable le nombre de billets donnés. Il y en avait beaucoup auparavant. Je ne juge pas le passé, mais on a une stratégie qui est différente et qui est plus en lien avec un certain respect de notre clientèle payante.

Mario Cecchini, président des Alouettes

« Essentiellement, on a fait exactement les mêmes revenus à la billetterie qu’en 2019 avec trois matchs en moins. Ça peut vous donner une idée de la progression. »

Selon Cecchini, le déficit annuel des Alouettes a été diminué de 45 % en comparaison de celui de 2019, qui s’était chiffré approximativement à 10 millions selon le propriétaire de l’équipe, Gary Stern.

« On est satisfaits de notre première année et de notre premier pas. Elle nous servira maintenant de base. Mais on veut maintenant améliorer ça », a dit Cecchini.