Les Alouettes auront une autre belle occasion de remettre leur saison sur les rails, samedi après-midi (16 h), mais ce ne sera pas facile. Ils tenteront d’accomplir ce qu’aucune équipe n’est parvenue à faire depuis qu’Orlando Steinauer est devenu l’entraîneur-chef des Tiger-Cats en 2019 : gagner un match à Hamilton.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les Tiger-Cats ont effectivement remporté leurs 12 derniers matchs (11 en saison et 1 durant les éliminatoires) au Tim Hortons Fields. Sans surprise, Khari Jones s’est montré élogieux à l’endroit des Tiger-Cats, qui partagent le premier rang de la division Est avec les Argonauts de Toronto grâce à une fiche de 4-3, vendredi. Il a notamment vanté leur défense, qui avait dominé l’attaque des Alouettes dans une victoire de 27-10, le 27 août à Montréal.

C’est le quart-arrière Dane Evans qui avait dirigé l’attaque des Tiger-Cats au stade Percival-Molson, le mois dernier. Samedi, ce sera au tour de Jeremiah Masoli, qui a raté les cinq derniers matchs, blessé aux côtes, de le faire. Les Tiger-Cats pourront également compter sur le retour au jeu de Brandon Banks et de Mario Addison face aux Alouettes.

Même s’ils ont dû faire appel à leur troisième quart-arrière, David Watford, puisqu’Evans souffre d’une blessure au bas du corps, lors de leurs deux derniers matchs, les Tiger-Cats ont maintenant remporté quatre de leurs cinq dernières rencontres. À l’inverse, les Alouettes ont perdu quatre de leurs cinq dernières parties.

Bref, s’ils ne veulent pas gaspiller une saison qui s’annonçait comme l’une des plus belles de l’organisation depuis sa domination des années 2000, les Oiseaux devront recommencer à gagner, et vite. Jones l’a reconnu, vendredi.

Il faut gagner. On veut se sentir bien et on veut devenir l’équipe que l’on souhaite être, et pour y arriver, il faut connaître une série de bonnes performances. Les joueurs le comprennent et je ne doute pas qu’on jouera bien [samedi]. C’est difficile de gagner à cet endroit, mais on a hâte de relever le défi.

Khari Jones, entraîneur-chef

Tandis que les Tiger-Cats ont continué de gagner en l’absence de plusieurs joueurs importants, dont leurs deux meilleurs quarts, les Alouettes, eux, ont été forcés de continuer à répondre à des questions concernant le leur, Vernon Adams fils. En raison des interceptions qu’il lance, mais aussi à cause de son attitude.

L’impulsivité et les difficultés d’Adams à bien gérer ses émotions ont semé le doute quant à sa capacité à être un bon quart partant et, par le fait même, le visage d’une organisation.

« En tant que quart-arrière, il doit apprendre à faire face à l’adversité et à répondre à des questions difficiles. J’ai eu à faire la même chose lorsque j’étais quart-arrière et lorsque je suis devenu entraîneur-chef », a estimé Jones, qui a cependant bon espoir de voir Adams gagner en maturité.

« Le plus important pour lui, c’est de continuer d’apprendre à savoir comment composer avec les choses. Ce n’est pas si simple à faire. »

« Je me concentre surtout sur l’aspect football avec lui, mais je sais également que certaines responsabilités viennent avec le poste de quart partant. Il apprend et il va continuer d’apprendre. »

Indiscipline et revirements

Si les Alouettes veulent surprendre les Tiger-Cats, ils devront être plus disciplinés qu’ils ne l’ont été dans la plupart de leurs matchs, surtout en défense. L’unité de Barron Miles doit apprendre à jouer avec abandon et intensité, tout en évitant d’écoper de pénalités inutiles comme elle l’a trop souvent fait.

« Ce n’est pas facile, car la ligne est mince, mais c’est que l’on doit faire. C’est essentiel pour connaître du succès et nos joueurs le comprennent », a dit Jones.

L’autre chose qui a coulé les Alouettes au cours des dernières semaines, c’est la bataille des revirements. Adams a lancé deux interceptions à chacune de ses deux dernières parties, alors que B.J. Cunningham a commis un échappé coûteux. La défense mérite toutefois une partie du blâme, elle qui ne parvient plus à réussir des revirements comme elle le faisait tôt dans la saison.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Michael Wakefield (96), des Alouettes de Montréal, tente de rabattre une passe de Dane Evans, des Tiger-Cats de Hamilton

« On veut gagner la bataille des revirements et en créer davantage, c’est clair. Les équipes qui jouent bien et qui ont de bonnes fiches, dont Hamilton, ont provoqué beaucoup de revirements. Nous l’avons fait tôt dans la saison et il faut recommencer à le faire », a convenu Jones.

L’objectif n’a pas changé

Avec quatre points de retard sur les Tiger-Cats et les Argonauts, les Alouettes s’éloignent de plus en plus de la première place de l’Est et de l’avantage du terrain dans les éliminatoires. Mais leur objectif n’a pas changé, assure Jones.

« Mon but, c’est encore de terminer au premier rang de notre division. C’est la meilleure façon de se rendre au match de la Coupe Grey. »

« On est confrontés à de l’adversité, mais notre fiche est de 2-4 alors ça pourrait être pire. On peut encore changer la situation assez rapidement, et je pense que c’est ce que nous ferons. »

« On l’a dit aux joueurs que ça commençait à être urgent. C’est une saison de 14 matchs et on n’a plus de temps à perdre. Mais je pense que c’est cette semaine qu’on se mettra en marche. »