Après avoir prêté main-forte dans les CHSLD pendant un an, Laurent Duvernay-Tardif s’envolera pour Kansas City au cours des prochaines semaines.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Le numéro 76 des Chiefs, accompagné de sa sœur Marilou, athlète d’aviron, a tout de même pris quelques minutes de son temps pour s’entretenir avec de jeunes athlètes dans le cadre d’un évènement virtuel, mercredi après-midi.

Dans un témoignage publié sur son compte Instagram le 8 mai, Duvernay-Tardif est revenu sur son expérience de la dernière année, alors qu’il a mis de côté le football pour aider dans les CHSLD.

« Cette expérience m’a fait évoluer à un point tel que je ne l’aurais jamais pensé possible, a-t-il notamment écrit. J’ai rencontré des gens extraordinaires qui ont fait tellement de sacrifices et qui ont pris soin des gens vulnérables avec tant de passion et de dévouement. Ces infirmières, aides-soignants et médecins m’ont fait réaliser la différence entre traiter des patients et prendre soin d’eux. »

Dans le cadre d’un évènement organisé virtuellement sur la page Facebook de Va donc jouer, une initiative des 70 fédérations sportives et de plein air du Québec, le joueur de ligne offensive et sa sœur Marilou ont répondu aux questions de jeunes sportifs et de leurs parents.

À la question de savoir ce qu’il ferait au cours des prochaines semaines, l’homme de 30 ans a indiqué qu’il retournerait à Kansas City afin de poursuivre sa préparation pour le camp d’entraînement des Chiefs, qui débutera le 25 juillet.

La pandémie a créé un trou dans ma carrière, mais je suis excité à l’idée d’y retourner.

Laurent Duvernay-Tardif

L’animateur de l’évènement, Pierre-Yves Lord, lui a demandé s’il devait se « surpréparer » pour faire taire les doutes qu’il pourrait y avoir à son égard parce qu’il n’a pas joué la saison dernière. Celui dont le rôle principal est de protéger le quart-arrière Patrick Mahomes luttera pour obtenir sa place parmi les partants des Chiefs.

« Oui, il y a des doutes, mais ça fait en sorte que tu veux te préparer davantage. Je ne dirais pas “surpréparer” parce que tu ne peux jamais être trop prêt. Dans tout ce climat d’incertitude, je travaille avec un psychologue sportif et il me dit toujours de contrôler ce que je peux contrôler.

« En ce moment, la seule chose que je peux vraiment contrôler, c’est ma préparation, m’assurer que je me présente à Kansas City dans la meilleure forme possible. »

Rencontre avec Angy

Une jeune joueuse de football mixte de 13 ans, Angy Sigouin, s’est jointe à la rencontre virtuelle et a pu poser ses questions directement à Laurent et Marilou Duvernay-Tardif.

« Qu’est-ce que vous pensez des filles au football dans les équipes mixtes ? », a-t-elle demandé.

Ce à quoi le joueur de la NFL a répondu :

« Je pense que ce qu’il manque, pour encourager les jeunes comme toi qui sont très courageuses d’aller jouer dans des équipes mixtes, ce sont des modèles à un haut niveau. Il faut que quand tu ouvres la télévision et que tu regardes un match de sport, tu aies autant de chances de tomber sur un match féminin que masculin. Il faut que collectivement, on apprécie autant un match féminin que masculin et qu’on comprenne que ce sont les mêmes exploits, accomplissements, efforts et esprit sportif. Quand on va être capables de faire ça, on va encourager encore plus de gens comme toi qui n’avaient pas encore une étincelle pour le sport, on va être capables de les initier. »

Le frère et la sœur, dont la complicité est évidente, semblaient heureux de prodiguer leurs conseils à la jeune génération. Ils ont d’ailleurs raconté quelques anecdotes savoureuses au sujet de leur dynamique familiale, tout en faisant passer un message aux jeunes athlètes.

« Dans notre famille, on parle souvent du DT power [DT pour Duvernay-Tardif]. Les gens rient de nous parfois parce qu’on est trop compétitifs. On est à la table, on fait une compétition de quelque chose. On joue à un jeu de société, ça finit en chicane parce qu’on est trop compétitifs.

« Ça arrive parfois que Marilou amène son rameur dans le salon. Avant le souper, on s’installe, on regarde c’est quoi les meilleurs 500 mètres au monde et on en fait tous un pour voir si dans notre catégorie de poids on serait dans le top 50. Tu ne peux pas manger si tu ne l’as pas fait. Est-ce que c’est tout le temps sain ? Sûrement pas, mais c’est ça qui nous drive. On a du plaisir à le faire. »

Il faut trouver un équilibre à l’extérieur de ton sport. Marilou est aux études, moi aussi j’en ai [fait], Delphine [leur autre sœur] aussi. À la base, on est des étudiants-athlètes, et de cultiver ça, c’est ce qui donne du sens et qui fait que tu restes groundé.

Laurent Duvernay-Tardif

Marilou Duvernay-Tardif, qui s’entraîne actuellement avec l’équipe nationale d’aviron à Victoria, en Colombie-Britannique, a aussi raconté son histoire. Ancienne gymnaste, ce n’est que vers 15 ou 16 ans qu’elle s’est tournée vers l’aviron. En fin de rencontre, elle s’est adressée aux jeunes sportifs qui ont vécu une année difficile.

« Ce que je voudrais que les jeunes retiennent, c’est que le sport est fait pour être libérateur, te rendre heureux, te [permettre de te] dépasser, t’amener un sentiment de fierté », a soutenu la femme de 22 ans.

« Quand ça sort de ça, il faut se poser des questions et se ramener à la base. Pour moi, la base, c’est d’avoir du plaisir en bougeant, en sachant que c’est quelque chose qui est bon pour moi, pour ma santé physique et mentale. C’est important que ça reste comme ça. Si ce n’est plus ça, il faut trouver une solution. »