Les amateurs de la Ligue canadienne de football y voient peut-être une « autre » mauvaise nouvelle qui frappe leur ligue favorite. Le président des Alouettes de Montréal, Mario Cecchini, y voit plutôt une excellente nouvelle.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Alors que la LCF a reporté le début de la saison 2021 au 5 août en raison de la pandémie de COVID-19, Cecchini estime que le circuit Ambrosie est plus près d’une relance de ses activités que d’une nouvelle annulation de la saison, comme cela s’est produit en 2020.

« L’an dernier, nous avons été pris par surprise – comme le reste de la planète –, sans vaccin, en pensant toujours que ça se terminerait dans deux semaines, a indiqué Cecchini lors d’un entretien avec La Presse Canadienne. Personne n’aurait cru en mars, avril, mai [2020] que ça allait durer tout ce temps.

« Là, nous sommes conscients de ça. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis optimiste. La variable importante, c’est la vaccination. Les gouvernements nous disent tous que vers la fin de juin, il y aura eu une première dose pour tout le monde et que la vaccination complète pourrait avoir lieu vers la fin d'août, le début de septembre. C’est ce qui change la donne et nous permet de dire qu’à partir du mois d’août, ça pourrait être possible », a-t-il ajouté.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Mario Cecchini, président des Alouettes de Montréal

La saison 2021 compterait alors 14 rencontres et le match de la Coupe Grey, présenté à Hamilton, serait décalé de deux semaines, au 12 décembre.

Qui plus est, les clubs de l’Est – Montréal, Ottawa, Toronto et Hamilton – ont accepté de commencer leur saison dans l’Ouest. Ces trois ou quatre rencontres jouées dans une portion moins chaude du pays permettraient ainsi à l’Ontario et au Québec de prendre le dessus sur la pandémie.

« On regarde les pronostics en Ontario : s’ils vont dans le bon sens, on parle de jouer les premiers matchs dans l’Est pas avant la fin d’août », a dit Cecchini.

Pour moi, c’est une bonne nouvelle dans le contexte. Mais ça ne remplacera jamais de commencer à temps et de jouer 18 matchs.

Mario Cecchini, président des Alouettes

Pas question pour les Alouettes de s’installer un mois dans l’Ouest canadien, cependant : l’équipe fera des allers-retours pour chacune des rencontres.

« On ne veut pas imposer une bulle dans l’Ouest à nos joueurs. Nous serons ‟in and out” dans les villes où nous irons jouer », a assuré Cecchini.

« Luc Brodeur-Jourdain nous a rappelé, au cours de la réunion avec le personnel d’entraîneurs [mercredi] matin, que la dernière fois que les Alouettes ont gagné la Coupe Grey, nous avions commencé par quatre matchs à l’étranger », a raconté le président, qui n’a toujours pas vu un match de son club depuis sa nomination, en janvier 2020.

Devant public

Cecchini a également été très clair : le report de la saison a pour objectif de donner plus de chances à la ligue de jouer devant des spectateurs, une condition essentielle à son bon fonctionnement.

« Ils représentent de 60 à 70 % de nos revenus quand on tient compte de la marchandise et de la nourriture que ces gens achètent, a souligné Cecchini. Au moment où on se parle, c’est une condition d’avoir un nombre significatif de spectateurs. Maintenant, le pourcentage de gens admis dans les stades va varier d’une province à l’autre. Mais avec deux doses de vaccin dans tout le pays, je ne vois pas comment nous n’aurons pas de spectateurs [dans les gradins] en août ou septembre. »

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Le stade Percival-Molson

La possibilité d’accueillir des spectateurs est l’une des deux conditions jugées essentielles par la LCF « afin de faire de 2021 une saison financièrement soutenable pour [ses] clubs », a indiqué le commissaire, Randy Ambrosie, par communiqué. L’autre : l’approbation par les gouvernements provinciaux et fédéral des protocoles sanitaires de la ligue.

Ainsi, retarder la saison donnera plus de temps à la ligue pour faire approuver ses protocoles de retour au jeu par les autorités de la Santé publique canadienne.

Présentement, ces protocoles sont étudiés par les autorités des six provinces où se trouvent les équipes – Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique – et ils doivent être approuvés.

« Nous avons déjà eu une conversation avec la Santé publique du Québec, a assuré Cecchini. Ils ont notre plan entre les mains. Il y a des ajustements à apporter et nous avons d’autres réunions à venir. »

C’est la partie où je suis confiant : je sais qu’on va trouver une solution.

Mario Cecchini, président des Alouettes

« Le dialogue est très constructif, autant du côté de la Santé que de la politique. Ils veulent voir les choses progresser également. Ils en ont autant marre que nous de la pandémie. Mais nous aurons toujours en tête la protection des partisans. On ne veut pas être le centre d’une éclosion. Tout le monde comprend et voit toutefois qu’en plusieurs endroits, ça se fait d’avoir des évènements sportifs devant spectateurs », a évoqué Cecchini.

Une fois que les provinces auront approuvé ces plans, ils seront présentés aux autorités fédérales. Celles-ci étaient en train de réviser le plan de retour au jeu pour 2020 quand la ligue a décidé de ne pas disputer la saison, en août.

« On nous le répète chaque jour : la clé pour s’en sortir, c’est la vaccination », a conclu Cecchini.

Cette décision de la LCF n’est pas une surprise : l’Ontario a rapporté 3469 nouveaux cas mardi, tandis que le Québec en comptait 1217 mercredi. Ces deux provinces, où évoluent quatre des neuf équipes du circuit, sont en plein cœur de la troisième vague de la pandémie.

C’est la deuxième année de suite où la COVID-19 vient semer la pagaille dans les plans de la LCF. L’an dernier, le circuit Ambrosie a annulé sa saison en août après avoir été incapable d’obtenir un prêt sans intérêt de 30 millions de la part du gouvernement fédéral.