Antony Auclair a revu sa préparation du tout au tout pendant la saison morte. Une métamorphose à laquelle Rob Gronkowski n’est pas étranger.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

En se joignant aux Buccaneers de Tampa Bay, l’ailier rapproché et ami de Tom Brady a sans doute fait perdre du temps de jeu au Québécois. Mais, au bout du compte, celui-ci dit avoir grandement appris en côtoyant le Gronk, l’an dernier.

Il est probablement l’ailier rapproché le plus complet de l’histoire. Donc, de voir comment il fait attention à son corps, comment il se nourrit, c’est vraiment ce qui m’a fait changer et construire une équipe autour de moi cette année dans l’entre-saison.

Antony Auclair, au cours d’une visioconférence avec les médias, vendredi après-midi

Le produit du Rouge et Or de l’Université Laval souhaite « amener [son] jeu à un autre niveau » cette année avec les Texans de Houston, pour qui il vient de quitter les Bucs, après quatre saisons.

Les blessures et le fait de ne pas avoir été en uniforme lors des séries de 2020 ont « rallumé une flamme » et l’ont aussi fait réfléchir à son approche, a-t-il confié.

PHOTO KIM KLEMENT, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Rob Gronkowski

À l’image de Gronkowski, il aspire à devenir plus complet et croit pouvoir encore progresser.

« Mais ce que j’offre ne changera pas d’une équipe à l’autre. Je suis un bon blocking tight end, je peux recevoir des passes, mais je ne changerai pas qui je suis. »

Le plaisir d’être négligé

Le Beauceron n’a pas voulu chiffrer le nombre de clubs qui se sont intéressés à ses services. Mais, malgré sa dernière année ardue à plusieurs égards – évoqués précédemment –, il y avait des preneurs.

« En entrant dans le marché des agents libres avec tous ces facteurs-là, c’était intéressant de voir s’il allait y avoir de l’intérêt. Et il y en avait. Il reste que les équipes et les entraîneurs me connaissent. Mais c’était l’fun de pouvoir confirmer ça », a admis l’ailier rapproché de 6 pi 6 po et 256 lb.

Du lot, Houston a toujours été dans le haut de la liste.

Les Texans sont l’équipe qui a démontré de l’intérêt depuis le début. C’est là que l’intérêt était le plus fort, donc pourquoi ne pas y aller ?

Antony Auclair

Il quitte ainsi l’organisation qui lui a donné sa première chance, alors qu’il n’avait pas été repêché, et avec qui il vient de remporter le Super Bowl. Ce qui suscite nécessairement des sentiments partagés.

« C’est difficile dans un sens, mais dans l’autre, c’est l’fun d’aller voir ailleurs et d’avoir l’occasion de vivre un nouveau départ. »

Avec les Texans, il revivra le type d’adversité qu’il a rencontrée à ses débuts avec les Bucs. Houston, après une fiche de 4-12, est manifestement en reconstruction. À Tampa, à ses deux premières années, il avait connu des saisons de 5-11.

Une perspective qui ne l’a guère refroidi. Au contraire.

« J’ai toujours aimé être un underdog, a-t-il fait savoir. Et de repartir à nouveau avec une équipe qui, justement, repart à nouveau, c’est sûr que c’est cool. C’est un peu ça que j’avais fait en allant avec les Buccaneers au début. On a eu trois années difficiles, mais où on a aussi construit quelque chose. Donc, c’est un beau défi d’équipe et individuel. Tout ça mis ensemble, ça fait une belle opportunité. »

Un rôle à préciser

Le Québécois de 27 ans ne sait pas exactement ce qui l’attend avec les Texans. Il se prépare pour le camp sans avoir porté une attention approfondie aux ressources de sa nouvelle équipe à sa position, assure-t-il.

« Des fois, on fait l’erreur de se concentrer sur les autres, on commence à avoir des inquiétudes et c’est là que, souvent, on perd son poste. »

Il indique rechercher un rôle semblable à celui qu’il avait avec les Bucs à ses trois premières années et quand il était en uniforme l’an dernier.

Mais difficile de ne pas croire qu’Auclair espère secrètement hériter de responsabilités offensives accrues.

Après avoir pris part à huit matchs en 2017, il les a tous disputés l’année suivante, captant sept passes pour 48 verges, ses sommets.

L’année suivante, en huit matchs, une réception. Et l’année dernière – marquée par l’arrivée de Gronkowski –, aucune réception en huit matchs (il en a raté six en raison d’une blessure). Pour un total d’une réception en 16 matchs à ses deux dernières campagnes.

En 2020, il a pris part à davantage de jeux sur les unités spéciales qu’à l’offensive.

Toujours en quête d’un premier touché, il est cependant aussi reconnu pour ses aptitudes de bloqueur.