(Indianapolis) Bill Polian a simplifié le processus de repêchage de la NFL il y a belle lurette.

Michael Marot
Associated Press

Il a analysé des bandes vidéo, s’est fié aux recommandations des experts médicaux, a étudié des statistiques et rencontré de nombreux joueurs.

En raison de la floppée de journées d’évaluation qui ont été annulées à cause du coronavirus, le directeur exécutif du Temple de la renommée, qui fut l’architecte de nombreuses équipes championnes du Super Bowl au cours de sa carrière de 32 ans, croit qu’il est temps de retourner aux sources.

« Honnêtement, tout ce qu’il te faut, et c’est particulièrement vrai dans le contexte actuel, c’est des bandes vidéo des matchs, les résultats des examens médicaux — qui peuvent être difficiles à obtenir en ce moment —, et des statistiques, a-t-il confié à l’Associated Press. Donc, si un joueur a participé à un camp d’évaluation des espoirs en vue du repêchage, c’est tout ce qu’il te faut. Si un joueur n’y a pas participé, ou s’il provient d’une petite université, alors tu dois miser sur les bandes vidéo et accepter que ton évaluation sera légèrement moins précise.

PHOTO GENE J. PUSKAR, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Bill Polian

« Et les gens qui n’ont pas une aussi longue feuille de route que la mienne dans le métier sont probablement un peu déconcertés en ce moment », a-t-il ajouté.

Les jeunes dépisteurs, les dirigeants des équipes et même les entraîneurs tentent du mieux qu’ils le peuvent de se préparer pour le prochain repêchage, alors que les Américains se confinent chez eux et que les médecins sont dépassés par la pandémie de COVID-19.

Il faudra vraisemblablement faire une croix pendant une bonne partie de l’année sur les entretiens en personne, les entraînements sur les campus et les visites des installations des équipes. De plus, les décideurs seront aussi privés de certaines statistiques avancées recueillies lors des camps d’évaluation des espoirs, sur lesquelles ils se fient pour faire leurs choix.

Donc, tout le monde a dû composer avec cette nouvelle réalité, et s’adapter très rapidement.

« Je suis plus que jamais un psychologue, parce que certains de ces jeunes joueurs sont anxieux puisqu’ils n’ont pas eu l’opportunité de démontrer leur talent, ce sur quoi ils ont travaillé toute leur vie », a raconté David Moreno, qui représente 10 espoirs en vue du repêchage de la NFL.

Tout le monde s’entend pour dire que les joueurs d’exception, tels que le lauréat du trophée Heisman Joe Burrow, de l’Université Lousiana State, et l’ailier défensif Chase Young, de l’Université Ohio State, ne seront pas affectés par l’annulation des camps d’évaluation des espoirs. Ils ont suffisamment bien joué dans les rangs universitaires — et tous leurs matchs sont disponibles sur bande vidéo. De plus, ils ont rencontré les dirigeants des équipes et se sont soumis aux examens médicaux lors du camp annuel d’évaluation des espoirs de la NFL à Indianapolis.

Les autres, cependant, sont confrontés à l’incertitude.

« Je me sens très mal pour tous ces jeunes qui n’ont pu participer à ces camps d’évaluation, effectuer tous ces tests, et qui se retrouvent maintenant devant l’inconnu », a noté l’agent Ron Slavin.

Et ces histoires sont innombrables.