(Miami) Laurent Duvernay-Tardif comprend mieux que quiconque les risques de santé associés au football. Contrairement à une majorité de joueurs, le médecin de formation a également une deuxième carrière qui l’attend.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Il était donc permis de se demander s’il poursuivra sa carrière pour encore plusieurs années. Le Super Bowl de dimanche, que se disputeront les Chiefs de Kansas City et les 49ers de San Francisco, pourrait-il être le dernier match en carrière du Québécois ?

La réponse est non. Le garde des Chiefs a été catégorique en parlant avec les journalistes, mercredi, à Miami.

« Il y a trop d’excitation, de fébrilité et d’adrénaline sur le terrain pour concevoir que ça pourrait être mon dernier match. J’ai encore trop besoin de ce feeling-là et j’ai encore besoin de gagner à Kansas City », a répondu Duvernay-Tardif.

« J’ai aussi eu la confirmation que la médecine pouvait attendre quatre ans après ma graduation. Je ne suis pas dans une situation où je dois prendre une décision. »

La collation des grades de Duvernay-Tardif a été au printemps 2018. Il pourrait donc terminer son contrat actuel, qui doit normalement prendre fin dans trois ans, avant de commencer à pratiquer la médecine.

« Les choses ont tellement évolué positivement pour les Chiefs collectivement, et pour moi sur un plan individuel dans les dernières années, je veux continuer sur cette lancée. »

« On se pose toujours des questions en tant que joueur. On se demande si ça en vaut encore la peine, et personnellement, ça le vaut à 100 %. »

« Après chaque saison on a ce questionnement parce que les contrats ne sont pas nécessairement garantis », a noté le joueur de 28 ans.

Duvernay-Tardif n’a probablement rien à craindre. Il serait extrêmement étonnant que les Chiefs choisissent de le libérer au cours de l’hiver, même si son contrat n’est plus garanti à partir de la saison prochaine, ce qui n’était pas le cas lors des trois précédentes.

« Je pense que Laurent adore le football et qu’il n’est pas pressé de pratiquer la médecine. Je m’attends donc à ce qu’il fasse partie de notre équipe pour plusieurs années et qu’il continuera de s’améliorer », a dit l’entraîneur-chef des Chiefs, Andy Reid, mardi.

PHOTO BRYNN ANDERSON, ASSOCIATED PRESS

L'entraîneur-chef des Chiefs de Kansas City, Andy Reid.

« Premièrement, ce sont de très beaux éloges de la part de Coach Reid. Le football est un sport tellement complexe, on apprend de nouvelles choses à tous les jours. C’est un livre sans fin au niveau de l’apprentissage », a commenté Duvernay-Tardif.

« Je pense que mon niveau de jeu en deuxième moitié de saison a prouvé que je méritais encore ma place dans l’équipe. »

Les bons côtés du football

Duvernay-Tardif s’est également porté à la défense de son sport lorsqu’il a été question des dangers associés au football.  

« Le football est un sport merveilleux. C’est l’ultime sport d’équipe. Aucun joueur n’a le même gabarit et chacun possède des habiletés différentes. Mais ensemble, on peut former une grande équipe. »

« J’ai appris tellement de choses avec le football et le sport en général. Il y a des risques et des inquiétudes au niveau de la santé, mais au bout du compte, je pense qu’il faut avoir une vue d’ensemble. Je pense que les gens qui jouent au football deviennent généralement de bons leaders et de bonnes personnes. Je pense qu’il faut considérer ces aspects. »