Dans la Conférence américaine, il n’y a pas vraiment de débat possible : il y a les Chiefs de Kansas City, puis les autres équipes. C’est une tout autre histoire du côté de la Nationale, où aucune équipe n’est vraiment parvenue à s’établir comme favorite au cours des 15 premières semaines de la saison.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

À un moment ou à un autre du calendrier régulier, les Seahawks de Seattle, les Packers de Green Bay, les Saints de La Nouvelle-Orléans et les Buccaneers de Tampa Bay ont tous eu l’air d’équipes dominantes. Mais toutes ces formations ont également eu l’air vulnérables à d’autres moments – parfois dans le même match.

C’est sans parler des Rams de Los Angeles et des Cardinals de l’Arizona, qui semblent légèrement inférieurs aux quatre équipes énumérées plus haut, mais qui possèdent assez de talent pour causer des surprises en janvier. Même l’équipe de Washington, avec son bon coaching et sa jeune défense, pourrait être difficile à éliminer à condition qu’Alex Smith soit en santé.

Bien que cela ne se soit pas toujours manifesté dans le classement, le portrait dans la Conférence nationale a été en constante évolution cette saison. Actuellement, ce sont les Packers qui occupent le premier rang. S’ils remportent leurs deux dernières parties, dimanche soir contre les Titans du Tennessee, puis le 3 janvier face aux Bears à Chicago, ils obtiendront un congé au premier tour éliminatoire. Ils n’auraient alors que deux matchs au Lambeau Field à gagner afin de pouvoir retourner au Super Bowl après une attente de 10 ans.

Aaron Rodgers a retrouvé sa forme des beaux jours et a réussi plus de trois passes de touché dans 10 de ses 14 matchs. Tous les meilleurs joueurs offensifs des Packers sont en santé, un groupe composé de Davante Adams, Aaron Jones, Robert Tonyan, Allen Lazard, Jamaal Williams et Marquez Valdes-Scantling. Ce groupe a démontré au cours des derniers mois qu’il était assez bon pour gagner un Super Bowl.

Cela dit, les Packers ont connu des relâchements. Ils ont complètement été dominés lors de la deuxième demie du match qu’ils ont perdu à Indianapolis contre les Colts. Ils ont également été mauvais dans les 30 dernières minutes de leur victoire de samedi dernier face aux Panthers de la Caroline. Rappelons-nous qu’ils avaient également subi une correction en règle contre Tom Brady et les Buccaneers.

Les Bucs se sont mis en marche

Parlant des Buccaneers, voilà une équipe qui trouve son rythme au parfait moment. Les Bucs ont été formidables dans la deuxième demie de leurs deux derniers matchs. S’ils jouaient de cette façon durant 60 minutes, ils pourraient vaincre n’importe qui.

Comme c’est le cas de Rodgers à Green Bay, Brady peut enfin compter sur tous ses receveurs. Il a terminé le match de dimanche dernier contre Atlanta avec 390 verges et a notamment réussi sa première passe de touché de la saison à Antonio Brown. Une équipe qui peut compter sur une solide défense et une attaque dont font partie Brady, Brown, Mike Evans, Chris Godwin et Rob Gronkowski ne devrait évidemment être sous-estimée par personne.

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Tom Brady a terminé le match de dimanche dernier contre Atlanta avec 390 verges. Le quart-arrière des Buccaneers de Tampa Bay peut enfin compter sur tous ses receveurs en santé.

Mais puisqu’ils ont perdu leurs deux matchs contre les Saints, les Buccaneers devront fort probablement jouer tous leurs matchs éliminatoires à l’extérieur comme meilleurs deuxièmes. Bien entendu, le fait qu’il n’y aura pas de partisans dans les gradins, ou très peu, diminue l’importance de l’avantage du terrain, mais le déplacement pour les équipes visiteuses demeure un facteur important.

Les Saints viennent quant à eux d’en perdre deux de suite et personne ne sait si Drew Brees sera parfaitement rétabli de la blessure aux côtes qui lui a fait rater un mois lorsque les éliminatoires s’amorceront. L’absence du receveur Michael Thomas sera un autre élément à surveiller.

De façon générale, la défense des Saints a bien performé en 2020 et elle devra continuer de le faire en janvier. Contrairement aux 15 dernières années, les succès des Saints passeront peut-être par leurs piliers défensifs, des joueurs comme Marshon Lattimore, Cameron Jordan, Demario Davis et Trey Hendrickson.

Plus d’armes pour Wilson

On parle très peu des Seahawks depuis un mois ou deux. Ça s’explique en partie par le fait que Russell Wilson a beaucoup ralenti après un départ canon. Mais comme les Packers et les Saints, les Seahawks sont déjà assurés d’être l’une des sept équipes qui participeront aux éliminatoires dans la Nationale.

Or, si Greg Olsen et Josh Gordon reviennent au jeu, Wilson pourrait être aussi productif qu’il l’a été en première moitié de saison. Il sera certainement plus difficile pour les adversaires des Seahawks de ralentir DK Metcalf et Tyler Lockett, qui ont totalisé 159 attrapés pour 2143 verges et marqué 18 touchés jusqu’à présent, si Olsen et Gordon sont en uniforme. Blessé à un pied il y a environ un mois, Olsen doit normalement jouer dimanche contre les Rams. Gordon, qui combat des problèmes personnels depuis des années, attend toujours de recevoir le feu vert de Roger Goodell pour retourner sur le terrain.

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Après un début de saison spectaculaire, Russell Wilson, quart-arrière des Seahawks de Seattle, a ralenti en deuxième moitié de saison.

Le demi Rashaad Penny est un autre joueur qui est de retour au jeu et qui devrait améliorer l’attaque des Seahawks. L’ancien premier choix a joué son premier match de la saison la semaine dernière. Penny, qui s’était blessé à un genou en 2019, et Chris Carson sont deux porteurs de ballon qui courent en puissance. Et les deux joueurs devraient profiter de belles ouvertures si le jeu aérien produit à sa pleine capacité.

La défense n’aura pas à faire des miracles afin de permettre aux Seahawks de gagner en séries. Elle a dû composer avec beaucoup d’absences au cours de la saison, mais peut actuellement compter sur la plupart de ses joueurs importants, dont le demi de sûreté Jamal Adams. L’ancien des Jets de New York a réussi 72 plaqués, dont 9,5 sacs, cette saison, ce qui est le plus haut total de sacs de l’histoire pour un demi défensif. Notons qu’Adams n’a joué que 11 matchs…

Les secondeurs Bobby Wagner et K.J. Wright sont toujours fidèles au poste et la tertiaire des Seahawks joue mieux après une désastreuse première moitié de saison.

Il reste encore beaucoup de football à disputer avant d’en arriver à ce point, mais si les Seahawks, les Packers, les Saints et les Buccaneers sont les quatre équipes toujours en vie, le deuxième tour éliminatoire dans la Nationale sera particulièrement captivant.

Les prédictions de Miguel Bujold

Tampa Bay c. Detroit : Tampa Bay

San Francisco c. Arizona : Arizona

Miami c. Las Vegas : Las Vegas

Atlanta c. Kansas City : Kansas City

Cleveland c. Jets de New York : Cleveland

Indianapolis c. Pittsburgh : Indianapolis

Chicago c. Jacksonville : Chicago

Giants de New York c. Baltimore : Baltimore

Cincinnati c. Houston : Houston

Denver c. Chargers de Los Angeles : Chargers de Los Angeles

Caroline c. Washington : Washington

Philadelphie c. Dallas : Dallas

Rams de Los Angeles c. Seattle : Seattle

Tennessee c. Green Bay : Green Bay

Buffalo c. Nouvelle-Angleterre : Buffalo

La semaine dernière : 12-3

Total de la saison : 144-65-1

TROIS MATCHS À NE PAS RATER

INDIANAPOLIS c. PITTSBURGH, DIMANCHE, 13 h

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Même s’ils ont déjà 10 victoires en banque, les Colts d’Indianapolis, dirigés par Frank Reich, ne sont toujours pas assurés de participer aux éliminatoires.

Qui aurait cru que les Steelers ne gagneraient peut-être plus un seul match lorsqu’ils avaient une fiche de 11-0 ? Battus trois fois de suite, ils auront fort à faire pour vaincre les Colts, puis les Browns, dimanche prochain. On ne donnerait pas cher de leur peau s’ils devaient amorcer les éliminatoires après une série de cinq défaites. Même s’ils ont déjà 10 victoires en banque, les Colts ne sont toujours pas assurés de participer aux éliminatoires. Et s’ils terminent derrière les Titans au premier rang de leur division, ça pourrait se corser. Les Colts ont perdu contre les Browns et les Ravens, ce qui risquerait de leur faire mal sur le plan des bris d’égalité dans la course aux meilleurs deuxièmes. Le match de dimanche sera donc très important pour Frank Reich et sa troupe.

RAMS DE LOS ANGELES c. SEATTLE, DIMANCHE, 16 h 25

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Jared Goff (16), quart-arrière des Rams de Los Angeles, et Sean McVay, entraîneur-chef

Au moment où l’on commençait à prendre les Rams au sérieux, ils ont perdu contre les Jets de New York. Ce faisant, ils ont glissé au deuxième rang de leur division, derrière les Seahawks. Les Rams auront toutefois la chance de reprendre la première place dès dimanche contre ces mêmes Seahawks. Depuis que Sean McVay les dirige, les Rams ont une fiche de 5-2 contre Seattle et ont gagné le premier affrontement de la saison entre les deux équipes, 23-16, le 15 novembre. Les Seahawks devraient retrouver un morceau important pour ce match. L’ailier rapproché Greg Olsen effectuera probablement un retour au jeu après avoir raté les quatre derniers matchs en raison d’une blessure à un pied.

TENNESSEE c. GREEN BAY, DIMANCHE, 20 h 20

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Le demi offensif Derrick Henry, des Titans du Tennessee, peut encore espérer atteindre le plateau des 2000 verges au sol, lui qui en a actuellement 1679.

Il y a encore des doutes au sujet de la défense des Packers, qui a été inconstante cette saison. L’unité du coordonnateur Mike Pettine subira un bon test, dimanche soir, lors de la visite des Titans, qui n’ont toujours pas obtenu leur laissez-passer pour les éliminatoires. À leurs cinq derniers matchs, les Titans ont marqué 30, 45, 35, 31 et 46 points, pour une moyenne de 35 points. Derrick Henry peut encore espérer atteindre le plateau des 2000 verges au sol, lui qui en a actuellement 1679. Si les Titans se fient à Henry pour donner le ton à leur attaque, c’est bien sûr le bras d’Aaron Rodgers qui décidera de la fortune des Packers. Avec 69,6 % de passes réussies, 40 touchés et seulement 4 interceptions, Rodgers pourrait remporter son troisième titre de joueur par excellence de la ligue. La course se fera entre lui et Patrick Mahomes.