Depuis quelques années, Louis-Philippe Ladouceur se demande si ce sera la dernière, et maintenant, à voir comment ça se passe à Dallas pour lui et les Cowboys, on pourrait croire qu’il regrette un peu d’être revenu pour une autre saison.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Mais non, il ne le regrette pas.

« Ça a failli être annulé, et là, on peut jouer au football chaque semaine… pourquoi est-ce que j’aurais des regrets ? », commence-t-il par demander au bout du fil, quelque part d’une autoroute du Texas.

Au moment de notre conversation, Louis-Philippe Ladouceur sort à peine du complexe d’entraînement des Cowboys, situé à Frisco. Il vient de se plier à la même routine, la routine de COVID-19 à laquelle il doit se plier tous les jours, ou presque, comme le font ses coéquipiers et tous les joueurs de la NFL dans cette nouvelle réalité.

Ça semble un peu compliqué, tout ça, mais il nous assure que ce n’est pas si mal. Sauf peut-être pour les amendes. Ça, c’est un peu plus compliqué. « Par exemple, si un gars oublie de se faire tester, c’est 50 000 $ de moins sur sa paie, explique-t-il. Je sais qu’on fait des bons salaires, mais y a personne qui veut garrocher 50 000 $ par la fenêtre ! »

On l’aura compris, le Québécois a remarqué assez rapidement que cette saison 2020 n’allait pas être comme les autres.

« Nous, à Dallas, c’est pas si mal, il y a quand même du monde dans les gradins. On avait 30 000 personnes l’autre jour contre les Steelers… Mais quand on est allés jouer à Seattle et à Los Angeles en début de saison, il n’y avait personne ! »

On s’habitue. Depuis le mois de juillet, on se fait tester chaque fois qu’on va dans un stade ou à l’entraînement. C’est presque sept jours sur sept, mais ça n’est pas si mal, ça prend environ 15 secondes. On porte le masque, on garde nos distances.

Louis-Philippe Ladouceur

« Aussi, on doit porter un genre de petit GPS en arrivant le matin, et à la fin de la journée, ça te dit exactement où tu as été. L’autre fois, j’ai parlé environ 15 secondes avec notre quart Andy Dalton, et parce qu’il a été déclaré positif, ils m’ont appelé deux jours plus tard pour me poser des questions. Ça n’a pas pris de temps ! Une chance qu’on portait le masque tous les deux… »

Bizarre

Les Cowboys ne sont évidemment pas les seuls à devoir composer avec cette triste réalité, mais ils font certes partie des équipes qui ont été les plus touchées. Sans camp d’entraînement et sans matchs d’avant-saison, il fallait s’attendre à quelques bizarreries, et chez les Cowboys, c’est une saison assez bizarre en effet.

« Je ne sais pas à combien de blessés on est rendus… c’est surtout de la malchance. Ce qui est arrivé à Dak [Prescott, le quart-arrière partant] et à son pied, c’est de la malchance. Il n’y a pas grand-chose qu’on peut faire. »

On a une fiche de 2-7, mais on a quand même joué du pas pire football. Disons qu’une fiche comme ça, ça n’est pas ce qu’on voulait…

Louis-Philippe Ladouceur

Mais Louis-Philippe Ladouceur garde le moral malgré tout, et pourquoi pas ? Après tout, ce spécialiste des longues remises, arrivé en septembre 2005 un peu par hasard à Dallas, embauché d’urgence en raison d’un prédécesseur qui en arrachait, a toutes les raisons de sourire. À 39 ans, il est le doyen du club, et s’il est encore là, à effectuer des longues remises depuis 15 ans, c’est parce qu’il n’en rate jamais une.

Alors on conclut évidemment notre conversation avec la sempiternelle question : combien de temps, encore, avant la retraite ?

Il éclate de rire.

« Je ne sais pas… Comme d’habitude, je prends les saisons une à la fois, et avec l’état de notre division [particulièrement faible], je me dis que pour nous, tout est encore possible cette saison ! »