Les Carabins de l’Université de Montréal vont revivre la conquête de 2014

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Si vous êtes un partisan des Carabins de l’Université de Montréal ou si vous avez suivi leur conquête de la Coupe Vanier en 2014, réservez vos trois prochains jeudis soirs. Les Bleus vous donnent rendez-vous sur leur page Facebook à compter de 19 h pour revivre cette conquête.

« Ça permettra aux gens de revivre les trois matchs avec d’anciens joueurs et entraîneurs. Ils auront accès à ce qui se passait en coulisses. Mais ça s’adresse à tout le monde, pas seulement aux amateurs de football », a expliqué Benoit Mongeon, coordonnateur marketing et communications des Carabins.

Il y aura trois épisodes durant de 45 à 60 minutes qui seront diffusés les 12, 19 et 26 novembre. Chaque épisode portera sur l’un des trois matchs éliminatoires qui ont mené au championnat des Carabins (la Coupe Dunsmore, la Coupe Uteck et la Coupe Vanier). Les épisodes demeureront sur la page Facebook des Carabins après la webdiffusion initiale.

Plusieurs membres de l’équipe des communications et du marketing des Carabins et du CEPSUM ont collaboré au projet, dont Renaud St-Laurent, qui a réalisé les trois épisodes, et Raphaël Bergeron-Gosselin, qui a réalisé un documentaire qui viendra conclure l’épisode portant sur le match de la Coupe Vanier.

Il s’agira de condensés de matchs, un peu à la manière du Canadien express sur les ondes de RDS. Quatorze anciens joueurs, dont Alexandre Laganière, ont participé au projet. Analyste des matchs des Alouettes sur les ondes du 98,5 FM, Laganière a animé la série de trois épisodes.

« C’est plaisant de pouvoir faire le pont entre mes deux carrières de cette façon-là, celle de joueur et celle dans le monde des médias », a dit Laganière, qui occupait le poste de bloqueur à droite des Carabins en 2014.

« On a fait un gros Zoom tous les joueurs ensemble et on a visionné les trois matchs. Ça a éveillé des souvenirs. On s’est beaucoup taquinés les uns les autres », a raconté Laganière.

En plus des joueurs de l’époque, l’ancien entraîneur-chef Danny Maciocia, la directrice générale du CEPSUM et du sport d’excellence, Manon Simard, et Marco Iadeluca, entraîneur-chef actuel des Carabins et qui était leur coordonnateur offensif en 2014, ont participé au projet.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Danny Maciocia

« Je ne parlerais pas de la même façon à Danny si je n’avais pas été l’un de ses joueurs et si j’étais seulement un analyste au 98,5. On a une relation différente parce qu’il m’a dirigé, c’est sûr », a noté Laganière.

Maciocia a apprécié le temps qu’il a pu passer en compagnie de ses anciens joueurs en participant au projet.

« Je vois quelques-uns de mes anciens joueurs assez régulièrement, par exemple Byron Archambault [qui est aujourd’hui directeur du dépistage national chez les Alouettes], mais ça faisait vraiment du bien de revoir et de parler avec des joueurs que je n’avais pas vus depuis longtemps. »

« Quand j’ai regardé le match de la Coupe Vanier, j’ai eu de la difficulté à m’endormir le soir même parce qu’il y avait trop d’adrénaline ! » a raconté le directeur général des Alouettes.

Botté bloqué !

Le journaliste et descripteur Jean St-Onge et l’analyste Charles-Antoine Sinotte ont décrit l’action des trois matchs en question sur les ondes de Radio-Canada, en 2014. Les deux hommes ont également participé au projet des Carabins au cours des dernières semaines.

« C’est la dernière année que j’ai travaillé sur la télédiffusion des matchs de football universitaire, alors ça s’est fini en grand. Les trois matchs ont eu des fins spectaculaires », s’est remémoré St-Onge, qui décrit les matchs des Alouettes sur les ondes du 98,5 FM aux côtés de Laganière.

On se rappellera que les Carabins avaient d’abord remporté la Coupe Dunsmore dans l’antre du Rouge et Or à Québec. La puissante équipe de l’Université Laval avait gagné ses 70 matchs précédents à domicile avant cette défaite…

Pour Laganière, ce match avait d’ailleurs été particulièrement jouissif. « Un gars de Québec qui était allé battre ses idoles de jeunesse ! » a résumé celui qui a fait partie de la première cuvée de joueurs recrutés par Maciocia à l’UdeM.

Après avoir vaincu le Rouge et Or, les Bleus avaient pris la mesure des Bisons du Manitoba, 29-26, au CEPSUM lors du match de la Coupe Uteck. Anthony Coady s’était illustré en réussissant un sac opportun dans les derniers moments de la rencontre.

Ce sont les Marauders de l’Université McMaster qui s’étaient ensuite amenés au stade Percival-Molson pour disputer le match de la Coupe Vanier, le seul de l’histoire ayant eu lieu à Montréal.

« Les Carabins n’avaient pas bien joué en première demie. Je me souviens que nos analystes, Serge Vleminckx et David Lessard, étaient plutôt pessimistes pour la suite des choses durant l’intermission. C’était seulement 13-3 pour McMaster, mais on avait l’impression que les Carabins n’étaient pas vraiment dans le match », a raconté St-Onge, qui allait marquer la petite histoire du football universitaire québécois à sa façon dans les dernières minutes du match.

Les Carabins s’accrochaient à une avance de 20-19 lorsque les Marauders ont tenté un court placement pour prendre les devants. Le botté de Tyler Crapigna, qui fait aujourd’hui carrière dans la LCF, a toutefois été bloqué par Mathieu Girard.

« Botté bloqué ! Botté bloqué ! Botté bloqué ! Botté bloqué ! Botté bloqué ! » s’était exclamé St-Onge.

« Quand je serai vieux et que la mémoire commencera à me faire défaut, je vais me souvenir de deux jeux : le but de Marie-Philip Poulin aux Jeux de Sotchi et le botté bloqué à la Coupe Vanier. Les deux plus gros calls de ma carrière. »

Une équipe spéciale

On se souviendra longtemps des Carabins de 2014. Pour leur championnat, mais aussi parce qu’ils comptaient sur plusieurs joueurs qui sont devenus des noms connus des amateurs de sport du Québec : Archambault, Coady, Gabriel Cousineau, Jean-Samuel Blanc, Régis Cibasu, Mikhaïl Davidson, Philip Enchill.

« Cette équipe avait du talent, mais je ne pense pas que c’était la plus talentueuse. Elle avait par contre une très grande force de caractère. Elle ne paniquait jamais. C’est certainement l’une des meilleures équipes que j’ai eu la chance de diriger au cours de ma carrière », a estimé Maciocia.