On peut présumer que ce n’est pas un automne très agréable pour les partisans des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Il est ici question de leurs « vrais » partisans, pas de ceux qui ont embarqué dans le train il y a 10 ou 15 ans et qui regardent maintenant plus de matchs des Buccaneers de Tampa Bay que des Pats.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Pour la première fois en 20 ans, les Patriots viennent de perdre quatre matchs de suite. Pendant ce temps à Tampa, tout baigne. Les Buccaneers s’améliorent de semaine en semaine et voilà qu’Antonio Brown fera son entrée sur la scène lors de ce qui s’annonce comme le match de la semaine, dimanche soir, contre les Saints de La Nouvelle-Orléans.

Aux yeux de certains, le dernier mois a été suffisant pour tirer des conclusions : c’est d’abord et avant tout grâce à Tom Brady et non à Bill Belichick que les Patriots ont gagné six titres. Simpliste.

Les Buccaneers formaient déjà une équipe talentueuse avant l’arrivée de Brady. Ils ont fini de « paqueter » leur équipe avec l’acquisition de Brown il y a deux semaines. C’est complètement l’inverse à Foxborough. Les Patriots se rendent à l’évidence qu’ils devront amorcer une reconstruction sous peu.

Dans une entrevue sur Sirius XM avec son ancien coordonnateur offensif Charlie Weiss en début de semaine, Belichick a d’ailleurs expliqué qu’il devait faire appel à plus de jeunes joueurs qu’en temps normal. C’est en raison du plafond salarial, parce que les Patriots ont essentiellement hypothéqué leur avenir à moyen terme en visant des championnats, un pari qui a rapporté avec des conquêtes en 2014, 2016 et 2018.

Plus tard, dans une entrevue avec la station WEEI, Belichick est revenu sur la question.

Écoutez, on paie Cam Newton un million de dollars. C’est donc l’évidence qu’on n’avait pas beaucoup d’argent. Ce n’est pas la faute de qui que ce soit. C’est ce qu’on a décidé de faire au cours des cinq dernières années. On a tout hypothéqué et on a gagné trois Super Bowls. On a joué dans un quatrième et on a atteint la finale de conférence. On doit travailler avec moins de talent cette saison. Ce n’est pas une excuse, c’est la réalité.

Bill Belichick, entraîneur-chef des Patriots de la Nouvelle-Angleterre

En effet. Ça devrait être assez clair pour tout le monde : les Patriots ont actuellement l’une des équipes les plus faibles de la NFL sur papier. L’une des 10 pires, et c’est généreux.

Ça commence au poste de quart-arrière, soit, mais c’est beaucoup plus que ça. Le quart est immanquablement la pièce la plus importante du casse-tête, mais une équipe doit pouvoir compter sur une trentaine de bons joueurs afin de connaître du succès. Ceux qui ne le comprennent pas ne connaissent pas grand-chose au football.

PHOTO MARK J. REBILAS, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Tom Brady profité de son autonomie pour se joindre aux Buccaneers de Tampa Bay après avoir passé 20 saisons avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Brady, lui, l’a compris. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles il a choisi de quitter les Patriots pour poursuivre sa carrière avec les Buccaneers.

Peu de succès au repêchage

En raison de leur situation avec le plafond salarial, les Pats ont perdu plusieurs joueurs importants sur le marché les joueurs autonomes, dont Brady, puis huit autres qui se sont prévalus de la clause échappatoire de la NFL, en lien avec la COVID-19. Trois de ces huit joueurs étaient des partants ; Dont’a Hightower, Patrick Chung et Marcus Cannon, qui devraient tous être de retour en 2021.

Parce qu’ils ont perdu autant de bons joueurs sur le marché de l’autonomie, les Patriots devraient recevoir trois choix compensatoires de la ligue en 2021. C’est du moins l’estimation du site overthecap.com. Si cela s’avère, ils auront un total de 12 choix lors de l’encan d’avril prochain.

Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que Belichick et les Pats n’ont pas connu beaucoup de succès au repêchage depuis 2015. Shaq Mason (2015), Joe Thuney (2016), Sony Michel (2018), Chase Winovich (2019) et Damien Harris (2018) sont de bons joueurs, mais il y a eu plus de mauvais coups que de bons.

Le retour de Jimmy G ?

La priorité des Patriots sera sûrement de trouver leur prochain quart partant. De la façon dont il joue dernièrement, on doute fort que Cam Newton sera cet homme.

Le scénario rêvé pour les Pats aurait été de mettre la main sur Trevor Lawrence en avril. Mais le premier choix du repêchage appartiendra probablement aux Jets de New York, qui n’échangeront assurément pas cette sélection aux Patriots. Pas après s’être fait battre par Brady durant deux décennies.

Une option plus réaliste serait le retour en Nouvelle-Angleterre de Jimmy Garoppolo. Belichick l’a échangé aux 49ers à contrecœur il y a trois ans et il y a de plus en plus de rumeurs quant à l’avenir de « Jimmy G » à San Francisco. Les Niners ne seraient pas convaincus que Garoppolo soit l’homme de la situation.

Mais pour le moment, c’est Newton qui continuera de prendre les remises du centre. Belichick lui a donné un vote de confiance après la défaite de dimanche dernier contre Buffalo. Avait-il vraiment le choix de le faire ? Jarrett Stidham et Brian Hoyer n’inspirent pas trop confiance.

PHOTO JOHN MUNSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Cam Newton est le quart nouvellement débarqué chez les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Les Pats joueront au New Jersey contre les Jets, lundi soir. C’est drôle à dire, mais il pourrait s’agir de la meilleure occasion de gagner de la saison pour les Jets, qui ont actuellement une fiche de 0-8. Belichick aura sûrement bien préparé ses troupes ; une défaite aux mains d’un club qui a accordé 144 points de plus qu’il en a marqués serait un peu honteux.

Rendez-vous au Gillette Stadium

Tandis que les Patriots profiteront de la deuxième moitié de saison pour bien évaluer leurs effectifs, Brady et les Bucs lutteront pour les plus grands honneurs. Rien ne ferait plus plaisir à Brady que de remporter son septième trophée Lombardi. Il en aurait alors un de plus que les Patriots et les Steelers. Un septième championnat, gagné sans Belichick à ses côtés.

Brady avait l’air d’un joueur frustré à sa dernière saison en Nouvelle-Angleterre. Mais comme me l’écrivait un lecteur récemment, il semble à peine plus heureux avec les Buccaneers. Jamais un sourire durant les matchs. Des coéquipiers qui n’osent même pas lui parler sur les lignes de touche. L’air bête, toujours. Très différent de ce que l’on observe avec Patrick Mahomes, Russell Wilson ou Aaron Rodgers, pour n’en nommer que quelques-uns. Ces joueurs semblent s’amuser, parfois au moins…

Brady prend ça très au sérieux, le football. Comme Belichick. Foncièrement, les deux hommes sont pareils : des perfectionnistes qui feraient n’importe quoi pour gagner. C’est pour cette raison que les Patriots ont dominé durant si longtemps, et c’est également pour ça que bien des joueurs n’ont pas apprécié du tout leur séjour avec les Patriots, qui ne laissaient jamais rien au hasard.

Belichick et Brady ne s’affronteront pas cette année au chagrin de la ligue et des réseaux de télé. Mais si Brady joue encore l’an prochain, lui et les Buccaneers disputeront un match au Gillette Stadium.

Ça laisse environ un an à Belichick pour renflouer son équipe et concocter un plan de match pour faire mal paraître son ancien quart. Vous croyez qu’il n’y parviendra pas ? On verra bien.

Les prédictions de Miguel Bujold

Denver c. Atlanta : Atlanta

Seattle c. Buffalo : Seattle

Chicago c. Tennessee : Tennessee

Baltimore c. Indianapolis : Baltimore

Caroline c. Kansas City : Kansas City

Detroit c. Minnesota : Minnesota

Giants de N.Y. c. Washington : Washington

Houston c. Jacksonville : Houston

Las Vegas c. Chargers de L.A. : Chargers de L.A.

Pittsburgh c. Dallas : Pittsburgh

Miami c. Arizona : Arizona

La Nouvelle-Orléans c. Tampa Bay : Tampa Bay

Nouvelle-Angleterre c. Jets de N.Y. : Nouvelle-Angleterre

La semaine dernière : 9-4

Total de la saison : 75-36-1

TROIS MATCHS À NE PAS RATER

SEATTLE c. BUFFALO, DIMANCHE, 13 h

PHOTO JOE NICHOLSON, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le receveur D.K. Metcalf (14) est l’une des cibles favorites de Russell Wilson depuis le début de la campagne. Il a déjà inscrit sept touchés en autant de matchs.

Les deux premières fois que les Bills ont affronté des équipes de premier plan (Titans et Chiefs), ils ont perdu et n’ont jamais vraiment été dans le coup. S’ils veulent obtenir un résultat plus heureux contre les Seahawks, leur défense devra jouer son meilleur match de la saison. L’attaque des Seahawks n’a probablement jamais été aussi bonne dans toute leur histoire. La défense des Bills joue mieux dernièrement, ayant accordé une moyenne de 19 points à ses trois derniers matchs, ce qui représente une amélioration de presque 10 points par rapport à ses cinq premières rencontres (28.4). D.K. Metcalf et Tyler Lockett ont déjà marqué sept touchés chacun en autant de matchs, alors Tre’Davious White, Micah Hyde et le reste de la tertiaire des Bills subiront un très gros test en particulier.

BALTIMORE c. INDIANAPOLIS, DIMANCHE, 13 h

PHOTO TIM FULLER, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le quart-arrière Philip Rivers (17) et les Colts d’Indianapolis pourraient être avantagés puisque plusieurs joueurs de la tertiaire des Ravens ont été forcés de rater des entraînements par mesure préventive, à la suite du résultat positif à la COVID-19 de Marlon Humphrey.

Le demi de coin Marlon Humphrey ratera le match après avoir été déclaré positif à la COVID-19, ce qui a forcé plusieurs autres joueurs défensifs des Ravens à rater des entraînements par mesure préventive cette semaine. De l’autre côté du ballon, Marquise Brown s’est ouvertement plaint d’avoir été la cible de Lamar Jackson pour seulement deux passes dimanche dernier contre Pittsburgh. Finalement, c’est peut-être une bonne idée que son cousin Antonio n’ait pas été embauché par les Ravens… Les Colts sont les grands oubliés de l’Américaine. Personne ne parle d’eux, alors qu’ils ont pourtant une fiche de 5-2. Leur défense est deuxième pour les verges et cinquième pour les points, et Philip Rivers devrait normalement être meilleur en deuxième moitié de saison après une période d’acclimatation.

LA NOUVELLE-ORLÉANS c. TAMPA BAY, DIMANCHE, 20 h 20

PHOTO CHRIS O'MEARA, ASSOCIATED PRESS

Antonio Brown enfilera l’uniforme des Buccaneers pour la première fois dimanche.

Emmanuel Sanders (COVID-19) sera de retour au jeu du côté des Saints et il est possible que ce soit également le cas de Michael Thomas, qui n’a pas joué depuis le premier match de la saison pour plusieurs raisons différentes. Ce premier match de la saison a justement été une victoire des Saints aux dépens des Buccaneers. Puisque les deux équipes ont une fiche de 5-2, les Saints pourraient se donner une avance de deux victoires sur les Bucs en les battant une deuxième fois – ils détiendraient alors le bris d’égalité. Les Buccaneers, par ailleurs, pourront compter sur au moins un ailier espacé de talent supplémentaire, dimanche soir. Antonio Brown foulera le terrain dans son nouvel uniforme pour la première fois. Au moment d’écrire ces lignes, on ne savait toujours pas si Chris Godwin (fracture à un doigt) jouerait. Drew Brees, Alvin Kamara, Sanders et Thomas d’un bord ; Brady, Brown, Mike Evans et Rob Gronkowski de l’autre. On ne devrait pas trop s’ennuyer.