Les Browns de Cleveland en ont eu plein les bras contre les Bengals, dimanche à Cincinnati. La cinquième passe de touché du match de Baker Mayfield, alors qu’il ne restait que 11 secondes, leur a permis de se sauver avec leur cinquième victoire de la saison, 37-34. C’est seulement une de moins que la saison dernière.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Mayfield a raté ses cinq premières passes de l’après-midi avant d’offrir l’une de ses plus belles performances en carrière. Il a complété 22 de ses 23 passes suivantes pour 297 verges et ses cinq touchés.

Les appréhensions des Browns et de Mayfield ont toutefois été confirmées, lundi. Ils ont appris qu’ils devront se passer d’Odell Beckham fils pour le reste de la saison. L’ailier espacé a subi une déchirure ligamentaire au genou gauche lorsqu’il a tenté de plaquer Darius Phillips qui venait d’intercepter une passe de Mayfield en début de match.

Ce sera la deuxième fois en quatre ans que l’ancien des Tigers de LSU s’absente pour la majorité de la saison. En 2017, il avait raté 12 matchs en raison d’une fracture à une cheville alors qu’il jouait pour les Giants de New York.

Malgré son immense talent, Beckham fils ne connaît pas la carrière à laquelle on s’attendait. Il a marqué les esprits avec son spectaculaire touché à une main, mais au bout du compte, ses statistiques des dernières années sont correctes, sans plus.

À ses 43 premiers matchs en carrière de 2014 à 2016, Beckham fils a totalisé 288 attrapés pour 4122 verges et 35 touchés. Mais ses chiffres sont nettement moins impressionnants depuis. À ses 39 derniers matchs, il n’a attrapé que 199 passes pour 2708 verges et 16 touchés. Des statistiques correctes, mais qui ressemblent davantage à celles d’un bon deuxième receveur d’une équipe que celles d’un vrai receveur numéro un.

Un match spectaculaire

Les amateurs qui ont combattu la fatigue pour regarder le match opposant les Seahawks de Seattle aux Cardinals de l’Arizona en entier, dimanche soir, ont eu droit à tout un spectacle. Les Cards ont effacé un déficit de 10 points dans les trois dernières minutes de jeu, puis Zane Gonzalez leur a donné une victoire de 37-34 avec un placement de 48 verges alors qu’il restait 15 secondes à la prolongation.

C’est le genre de victoire qui peut donner des ailes à une jeune équipe comme celle de Kliff Kingsbury, et Kyler Murray l’a dit lorsqu’il a parlé avec les journalistes.

On veut prendre part à des matchs comme celui-là. Il faut les gagner et il faut continuer de les gagner. Je pense que ce sera une victoire importante afin que l’on puisse passer à la prochaine étape.

Kyler Murray, quart-arrière des Cardinals qui dispute sa deuxième saison

Le match a été ponctué de plusieurs jeux spectaculaires. Il y a eu le plaqué de D. K. Metcalf, qui est parvenu à empêcher Budda Baker de marquer un touché après une interception. Metcalf a atteint une vitesse de 36,6 km/h sur ce jeu !

C’est l’autre principal receveur des Seahawks, Tyler Lockett, qui a toutefois été la grande étoile individuelle de la rencontre. Lockett a capté 15 passes pour 200 verges de gains et a réussi un tour du chapeau avec trois touchés.

De son côté, Russell Wilson a égalé une marque de Peyton Manning grâce à ses trois passes de touché, ce qui lui en donne 22 après six matchs. Mais le quart des Seahawks a aussi été victime de trois interceptions, dont une réussie par la recrue Isaiah Simmons alors qu’il restait un peu plus d’une minute à jouer en prolongation.

On savait que les Seahawks et les 49ers de San Francisco formaient des équipes de premier plan, mais les deux autres clubs de l’Ouest de la Nationale, les Cardinals et les Rams de Los Angeles, ont des fiches gagnantes, eux aussi. Pourrait-il y avoir quatre équipes de la même division dans les éliminatoires ? C’est possible.

Les Patriots en eau trouble

Remplacé par Jarrett Stidham lors de la cuisante défaite de 33-6 des Patriots de la Nouvelle-Angleterre aux mains des 49ers, Cam Newton s’est dit gêné de sa performance. Newton a lancé trois interceptions, puis Stidham en a ajouté une quatrième au total des Patriots un peu plus tard. Ça va mal à Foxboro…

Certains observateurs ne comprennent pas trop ce qui se passe chez les Pats. Ce n’est pourtant pas si compliqué : ils n’ont tout simplement pas le talent pour gagner régulièrement comme ils l’ont fait durant près de deux décennies.

Leur groupe de receveurs est essentiellement composé de Julian Edelman et d’une bande d’inconnus.

Newton n’a jamais été un grand passeur, mais la piètre qualité des receveurs qui l’entourent rend son travail pratiquement impossible.

Stidham et Brian Hoyer ont mal paru, eux aussi, lorsqu’ils ont joué.

De l’autre côté du ballon, la tertiaire joue bien, mais les Pats sont incapables d’exercer de la pression sur le quart-arrière, eux qui ont réussi un sac aux dépens de Jimmy Garoppolo, dimanche. L’ancien réserviste de Tom Brady a lancé deux interceptions, mais n’a presque jamais été ennuyé derrière sa ligne.

Contre ce qui est le jeu au sol le plus créatif et atypique de la NFL, les Patriots ont accordé 197 verges par la course. Le manque d’agilité et de vitesse de leurs secondeurs a été exploité et mis en évidence par les Niners.

L’équipe de Bill Belichick a perdu trois matchs de suite et jouera deux de ses trois prochains à Buffalo (dimanche prochain) et contre les Ravens de Baltimore (15 novembre). Il semble de plus en plus clair que les Patriots rateront les éliminatoires pour la première fois depuis 2008.

45 points… sans Brown !

Pendant que son ancienne équipe continue de s’enliser, Tom Brady est en feu. Après deux matchs plus difficiles en début de saison, Brady a lancé 15 passes de touché contre une seule interception à ses cinq derniers. Oui, il y a encore un peu d’essence dans le réservoir…

Les Bucs ont gagné 45-20, dimanche à Las Vegas, et ça, c’était sans Antonio Brown. Avec tout le talent dont ils disposent en attaque, et grâce aussi à une défense qui s’améliore constamment, les Buccaneers font peur.

Ils disputeront leurs deux prochains matchs en heure de grande écoute, le lundi 2 novembre contre les Giants de New York, puis le dimanche 8 face aux Saints de La Nouvelle-Orléans, ce qui devrait normalement être le premier match de Brown dans leur uniforme.

Par ailleurs, l’entraîneur-chef Bruce Arians a soutenu que Brady n’avait rien à voir dans la décision de l’organisation d’avoir embauché Brown. Permettez-nous d’en douter.

Mais peu importe qui est vraiment responsable de la venue de Brown à Tampa, c’est un ajout qui rendra l’attaque des Bucs terrifiante. À moins que la ligne offensive connaisse des ennuis, ce qui demeure une possibilité, il sera pratiquement impossible de limiter cette attaque à moins de 35 points.

De mal en pis pour les Cowboys

Deux semaines après la blessure de Dak Prescott, c’est Andy Dalton qui a quitté le match de dimanche à Washington après avoir subi une commotion cérébrale à la suite d’un plaqué dangereux et salaud du secondeur Jon Bostic.

Les Cowboys font partie de l’une des pires divisions de l’histoire de la NFL, ce qui leur permet de viser une place en séries. Mais au vu de la façon dont ils jouent dernièrement, ils risquent d’avoir de la difficulté à gagner une autre fois cette saison. Leur défaite de 25-3 à Washington le confirme.

Amari Cooper, Michael Gallup et CeeDee Lamb forment un très bon trio d’ailiers espacés, mais ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des receveurs de talent lorsqu’il n’y a personne pour lancer le ballon. C’est la recrue Ben DiNucci qui a remplacé Dalton. DiNucci a été le 231e espoir sélectionné au printemps dernier.

Mais que ce soit Dalton ou DiNucci, le quart des Cowboys ne pourra pas faire de miracle derrière une ligne offensive décimée par les blessures. Idem pour le porteur Ezekiel Elliott, qui n’a récolté que 45 verges au sol contre Washington.

Le propriétaire Jerry Jones devra décider au cours des prochains mois si le moment est venu de reconstruire son équipe. La saison 2020 est en voie d’être gâchée par les blessures et les Cowboys possèdent de très bons joueurs en attaque. Il reste que les faiblesses sont nombreuses. Beaucoup trop pour revenir avec une formation similaire à celle de cette année et espérer pouvoir viser un Super Bowl en 2021.