Tout fonctionnait bien dans la NFL au cours de ses trois premières semaines d’activité. L’éclosion de COVID-19 chez les Titans du Tennessee, dont au moins 20 membres auraient été infectés, a considérablement changé la donne.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Le match qui était prévu entre les Titans et les Steelers de Pittsburgh, dimanche, a dû être reporté. La ligue ferait d’ailleurs enquête afin de voir si les Titans ont respecté ou non ses mesures sanitaires.

Du laxisme ?

Selon Jason LaCanfora, de CBS Sports.com, les propriétaires, les directeurs généraux et les entraîneurs-chefs des 32 équipes de la ligue ont été conviés à prendre part à une téléconférence, lundi, afin de discuter de la situation. La NFL voudra notamment s’assurer que ses consignes soient respectées à la lettre, craignant qu’il y ait eu un laxisme récemment.

La possibilité que la NFL invite toutes ses équipes à demeurer dans un hôtel afin de créer une sorte de bulle n’est pas à écarter. C’est ce qu’a rapporté le site profootballtalk.com au cours des derniers jours. L’Association des joueurs devrait cependant donner son accord à une telle initiative.

Certaines autres options, dont celle d’une saison avec moins de matchs, 12 ou 14 au lieu de 16, ont également été évoquées. Cela donnerait plus de flexibilité sur le plan logistique s’il fallait que d’autres rencontres soient reportées, ce qui est extrêmement probable.

Une autre façon de composer avec la situation actuelle serait tout simplement d’allonger la saison en la terminant à la fin de février ou même en mars, au besoin. Les joueurs auraient quand même plusieurs mois (d’avril à juillet inclusivement) de repos avant le début des camps d’entraînement, l’été prochain. Et y a-t-il vraiment une différence entre jouer à Green Bay ou dans une autre ville du nord des États-Unis en février ou en mars par rapport à janvier ?

L’enjeu clé : la date du Super Bowl

On devine que c’est le Super Bowl, prévu le 7 février à Tampa Bay, qui serait le plus gros obstacle à la possibilité d’allonger la saison. Au bout du compte, la NFL pourrait tout de même être forcée de déplacer sa finale…

En plus de renforcer et d’appliquer ses mesures sanitaires, la NFL devra faire preuve de beaucoup de souplesse au cours des prochains mois, à commencer par son horaire de matchs. La présentation de rencontres à des jours inhabituels, comme le mardi, le mercredi ou même le vendredi, pourrait également faciliter l’organisation.

Et qui sait, la NFL pourrait y trouver de nouvelles possibilités. Une saison un peu plus longue équivaudrait à un peu plus de repos pour les joueurs au cours de celle-ci, ce qu’ils revendiquent depuis longtemps.

UNE PASSOIRE

Dak Prescott continue d’établir toutes sortes de marques individuelles, mais les Cowboys de Dallas continuent de perdre. Le quart-arrière a totalisé 974 verges à ses deux derniers matchs, un record de la NFL, mais les Cowboys ont perdu les deux.

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Le quart-arrière des Cowboys de Dallas lors de la défaite du dimanche 4 octobre contre les Browns de Cleveland, à Arlington.

Ce n’est bien sûr pas à cause de Prescott que Dallas se retrouve avec une décevante fiche de 1-3 ; ça aurait été 0-4 sans cette miraculeuse victoire contre les Falcons d’Atlanta. C’est la défense qui est montrée du doigt, et pour cause : elle a accordé une moyenne de 36,5 points par match, le plus haut total de la NFL.

Prescott et l’attaque avaient permis aux Cowboys de demeurer en vie en inscrivant un touché dans les dernières minutes du match contre les Browns de Cleveland, dimanche. Mais Odell Beckham fils a concrétisé la victoire des Browns après grâce à son troisième touché de la rencontre quelques minutes plus tard. Le receveur s’est moqué de la défense des Cowboys, qui a raté plusieurs occasions de le plaquer sur la séquence. Gênant.

Jumelée à la victoire des Eagles de Philadelphie à San Francisco, la défaite de 49-38 des Cowboys a relégué l’équipe de Mike McCarthy au deuxième rang de la division Est de la Nationale, de loin la pire de la NFL. On croyait tous que le changement au poste d’entraîneur-chef ferait des Cowboys une meilleure équipe, mais ce n’est pas parti pour ça du tout.

DE LA VIE CHEZ LES EAGLES

Il était assez difficile de s’y retrouver, dimanche soir. Tous deux décimés par les blessures, les Eagles et les 49ers comptaient sur quantité de joueurs réservistes. Mais étonnamment, le match à Santa Clara a été l’un des plus intéressants de la journée.

Carson Wentz a offert sa meilleure performance de 2020, même s’il jouait sans quatre de ses cinq meilleurs receveurs – Alshon Jeffery, Dallas Goedert, DeSean Jackson et Jalen Reagor.

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Le quart des Eagles de Philadelphie Carson Wentz a offert sa meilleure performance de 2020.

Quant à Doug Pederson et ses adjoints, ils n’avaient peut-être pas construit un plan de match aussi créatif depuis leur victoire au Super Bowl, il y a près de trois ans.

En l’emportant, 25-20, les Eagles ont redonné de l’espoir à leurs partisans, dont plusieurs avaient déjà jeté l’éponge après un début de saison qui a été marqué par une laide défaite contre l’équipe de Washington et une nulle contre les Bengals de Cincinnati. Et de la façon dont la défense des Cowboys joue, tout devient possible dans l’Est de la Nationale.

Très bon lors du premier match qu’il a joué en remplacement de Jimmy Garoppolo, Nick Mullens a coulé les Niners en lançant une interception au milieu du quatrième quart. C’est l’ancien des Stampeders de Calgary Alex Singleton qui a réussi le jeu en question. L’ex-joueur défensif par excellence de la LCF a marqué un majeur après avoir saisi la mauvaise passe de Mullens.

George Kittle et Deebo Samuel sont revenus au jeu dimanche, et la recrue Brandon Aiyuk a réussi un spectaculaire touché en sautant par-dessus un joueur des Eagles qui tentait de le plaquer. Si Garoppolo doit rater encore un match, lui qui soigne une blessure à une cheville, il sera intéressant de voir si Kyle Shanahan donnera une autre chance à Mullens ou s’il se tournera plutôt vers C.J. Beathard, qui a bien fait dans les dernières minutes du match, dimanche.

BRADY ET BREES ENCORE CAPABLES

La première passe de Drew Brees a été interceptée et les Saints de La Nouvelle-Orléans étaient en retard 14-0 après cinq minutes de jeu, dimanche à Detroit.

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Drew Brees

Après deux défaites de suite, la situation commençait à être drôlement préoccupante pour les Saints.

Mais Brees s’est ressaisi. Il a réussi 19 de ses 24 passes suivantes, a lancé deux passes de touché, et les Saints ont finalement vaincu les Lions, 35-29.

Le scénario a été similaire à Tampa Bay. Tom Brady a lancé une interception qui a été ramenée dans la zone des buts pour la quatrième fois à ses six derniers matchs, et les Buccaneers perdaient 24-7 contre les Chargers de Los Angeles à un certain point.

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Tom Brady

Les Chargers ont toutefois perdu le ballon à la porte de leurs buts en fin de première demie et le match a complètement basculé à partir de ce moment. Brady a lancé l’une de ses cinq passes de touché de l’après-midi peu de temps après, et les Bucs ont gagné, 38-31, leur troisième victoire de suite.

Puisqu’ils sont âgés de 43 et de 41 ans, on ne peut plus s’attendre à ce que Brady et Brees dominent toutes les semaines, ou même durant un match en entier. Ils ont toutefois rappelé, dimanche, qu’ils pouvaient encore faire le boulot.

CARR EST TANNÉ DE PERDRE

Les Raiders de Las Vegas jouent pour ,500 (2-2) et ont donné une bonne opposition aux Bills de Buffalo malgré leur défaite de 30-23, dimanche. Derek Carr n’a cependant pas voulu chercher des victoires morales.

« Je suis tanné de perdre. Je suis tanné de travailler aussi fort, comme toute l’équipe, et de continuer à perdre. Ça suffit », a commenté Carr au réseau ESPN, à la suite à ce deuxième revers de suite.

Le propriétaire des Raiders, Mike Davis, est sûrement du même avis. Il a accordé un contrat de 100 millions à l’entraîneur-chef Jon Gruden, il y a près de trois ans, et les victoires tardent à suivre. Les Raiders progressent lentement, mais leur série de défaites risque de se poursuivre au cours des prochaines semaines.

Le Silver and Black affrontera les Chiefs à Kansas City, dimanche prochain ; les Buccaneers de Tampa Bay en heure de grande écoute à Vegas, le 25 octobre ; puis les Browns à Cleveland, le 1er novembre. S’ils ne gagnent pas au moins l’une de ces trois parties, leurs chances de participer aux séries seront minces.