Les Cowboys de Dallas avaient tout le « momentum » au quatrième quart de leur match à Seattle, dimanche. Mais les Seahawks avaient Russell Wilson.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Dak Prescott venait de lancer deux longues passes de touché et son équipe avait marqué 16 points sans riposte pour prendre les devants 31-30 avec moins de 4 minutes à jouer. Et y avait-il le moindre petit doute que Wilson allait permettre aux Seahawks de reprendre les devants ? Non.

Wilson a lancé sa cinquième passe de touché du match, celle-là à DK Metcalf, et les Seahawks l’ont emporté, 38-31. Les Cowboys ont eu une dernière chance, mais Prescott a été victime de sa deuxième interception de la rencontre, ce qui a tué le suspense.

Même si ses passes n’ont pas toujours été précises, surtout dans les 30 premières minutes de jeu, Wilson est devenu le premier quart-arrière depuis Ben Roethlisberger en 2014 à réussir cinq passes de touché dans deux matchs de suite. Il en totalise maintenant 14, le plus haut total de l’histoire de la NFL après trois matchs — Patrick Mahomes en avait lancé 13 à ses trois premières parties en 2018.

Et c’est six passes de touché qu’aurait lancées Wilson n’eût été la crampe au cerveau de Metcalf en première demie. Parce qu’il croyait que le touché était déjà dans la poche, Metcalf a ralenti à quelques verges de la zone des buts en tenant le ballon mollement. Trevon Diggs le lui a fait perdre et a ainsi forcé un revirement.

Ce fut l’un des seuls beaux jeux de la tertiaire des Cowboys, qui a connu une autre mauvaise sortie. Une recrue, Diggs a été le meilleur joueur du groupe, qui était privé des demis de coin Chidobe Awuzie et Anthony Brown. L’unité a particulièrement mal paru sur les trois touchés de Tyler Lockett, laissé sans surveillance les trois fois. Pas fort.

Jerry Jones et les Cowboys devraient peut-être contacter le joueur autonome Earl Thomas, d’ailleurs. L’ancien demi de sûreté des Seahawks et des Ravens de Baltimore n’a jamais caché qu’il souhaitait jouer pour les Cowboys, et on voit mal comment sa présence pourrait nuire. Son intensité et son émotivité ne nuiraient également pas.

Gagner en janvier

Si la tertiaire est le maillon faible de la défense des Cowboys, la ligne est devenue celui de l’attaque. L’époque où les cinq joueurs de ligne des Cowboys bousculaient les fronts défensifs adverses à leur guise semble bel et bien terminée.

L’absence du bloqueur à gauche Tyron Smith fait mal, mais c’est toute l’unité qui en arrache dernièrement. À tel point que le garde Zack Martin a été muté au poste de bloqueur à droite, dimanche.

Malgré le jeu inégal de sa ligne et une modeste production du porteur Ezekiel Elliott (34 verges en 14 courses), Prescott a obtenu 472 verges par la passe, et ses 3 passes de touché ont toutes été de 40 verges ou plus. Contrairement à la semaine dernière, il a toutefois été incapable de gagner le match dans les dernières minutes.

Si le souhait de Prescott est effectivement de devenir l’un des deux ou trois quarts-arrières les mieux payés de la NFL, il devra mener les siens à la victoire contre des équipes de premier plan un peu plus souvent, comme le font Wilson et Patrick Mahomes, notamment.

C’est une chose de battre les Falcons d’Atlanta, c’en est une autre d’aller vaincre Russell Wilson et les Seahawks à Seattle.

Les Cowboys auront cependant quelques mois afin de trouver la recette gagnante pour le mois de janvier. À moins d’un gigantesque revirement de situation, ils termineront premiers de leur section, sans contredit la plus faible de la NFL. Les Giants de New York, les Eagles de Philadelphie et l’équipe de Washington leur sont tous manifestement inférieurs. Mais il manque encore la constance aux Cowboys afin qu’ils puissent rivaliser avec les grosses pointures de la ligue.

Une nouvelle identité

L’acquisition de Jamal Adams a été un bon coup pour les Seahawks, mais le jeu de leur défense est inquiétant.

Les vétérans secondeurs Bobby Wagner et K. J. Wright ont perdu de la vitesse, la tertiaire connaît toutes sortes de ratés en couverture, et ce n’est jamais une bonne nouvelle lorsque votre meilleur chasseur de quarts est un demi de sûreté comme l’est actuellement Adams. Ce dernier a terminé le match contre les Cowboys sur les lignes de touche en raison de ce qui semblait être une blessure à un pied.

PHOTO ELAINE THOMPSON, ASSOCIATED PRESS

Jamal Adams, des Seahawks de Seattle

En plus de leurs difficultés en défense, les Seahawks doivent composer avec un jeu au sol qui ne ressemble pas à celui des dernières années depuis le début de la saison. La ligne ne crée pas autant d’ouvertures et on ne voit pas la robustesse habituelle.

Contrairement aux Cowboys, les Seahawks n’ont pas la chance de faire partie d’une division facile. C’est précisément l’inverse. Les 49ers de San Francisco, les Rams de Los Angeles et les Cardinals de l’Arizona ont tous une fiche de 2-1, et les matchs intradivision entre les quatre équipes du groupe s’annoncent éprouvants.

Mais les Seahawks ont Wilson, qui est actuellement le favori dans la course pour le titre du joueur par excellence du circuit en cette jeune saison, selon les preneurs aux livres. L’expression « Let Russell Wilson cook » est très en vogue chez les amateurs de football depuis quelques semaines. En clair, ça veut dire que les Seahawks devraient laisser le quart-arrière faire son boulot comme il l’entend.

Ce serait effectivement une très bonne idée, et les Seahawks le comprennent sûrement mieux que quiconque. La clé de leur succès est maintenant Wilson et le jeu aérien. Et si la défense et le jeu au sol redeviennent ce qu’ils étaient il n’y a pas si longtemps, l’équipe de Pete Carroll sera extrêmement difficile à arrêter.