On ne peut certainement pas en vouloir à Vernon Adams fils d’être proactif. Cela dit, sa décision de tenter sa chance dans la NFL ne doit certainement pas plaire aux Alouettes.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Peu de temps après avoir annulé sa saison il y a deux semaines, la Ligue canadienne de football (LCF) a donné l’option à ses joueurs de résilier leur contrat de 2020 afin de pouvoir explorer leurs options au sud de la frontière. C’est ce qu’a décidé de faire Adams fils.

En janvier, le quart-arrière de 27 ans a signé un nouveau contrat avec les Alouettes qui devait le garder à Montréal jusqu’à la fin de la saison 2022. Selon ce qu’a rapporté le site 3downnation.com, Adams fils devait toucher 415 000 $ en 2020, et les Alouettes lui auraient déjà versé 185 000 $ de cet argent en bonis.

Lorsqu’il a annoncé sa décision sur les réseaux sociaux, dimanche après-midi, Adams fils a précisé qu’il serait de retour avec les Alouettes en 2021 si ça ne fonctionnait pas au football à quatre essais.

« À la suite de l’annulation de la saison, j’ai été forcé d’étudier toutes mes options afin de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. Après l’avoir fait, j’ai choisi de me prévaloir de l’option à mon contrat qui me permettra de tenter d’obtenir un poste au sein d’une équipe de la NFL », a écrit Adams fils.

« Je tiens à ce que tous ceux qui lisent ceci sachent que je suis encore pleinement investi dans cette franchise et cette ville pour l’avenir, et que si aucune occasion ne se concrétise dans la NFL cette année, je serai de retour avec les Alouettes en 2021 avec le même but en tête : construire une dynastie. »

La question du boni

Il va sans dire qu’il s’agirait d’un très dur coup pour les Alouettes si Adams fils parvenait à obtenir un poste régulier dans la NFL. Le jeu de la chaise musicale au poste de quart-arrière semblait enfin terminé, six ans après le dernier match d’Anthony Calvillo.

Adams a gagné 10 de ses 15 départs en 2019 et les Alouettes ont terminé la saison avec une fiche victorieuse (10-8) pour la première fois depuis 2012. Leur participation à un match éliminatoire était leur première depuis 2014.

N’étant âgé que de 27 ans, Vernon Adams fils pourrait potentiellement être le quart-arrière partant et le visage de l’organisation des Alouettes pour les 10 ou 12 prochaines années.

Les Alouettes commenteront probablement la décision d’Adams fils de façon officielle, lundi. Mais il y a assurément beaucoup de déception dans l’organisation.

Il est probable qu’Adams fils sait déjà qu’il y a de l’intérêt pour ses services dans la NFL. Comme plusieurs autres joueurs de la LCF qui ont exercé leur droit de tenter leur chance dans la grande ligue, il devrait être en mesure d’à tout le moins obtenir un essai. Mais obtenir un essai et obtenir un poste sont deux choses bien différentes, doit-on préciser.

En lisant les commentaires d’Adams fils, dimanche, il est assez évident qu’il a voulu se protéger du mieux qu’il le pouvait dans l’éventualité où ça ne fonctionnerait pas dans la NFL. Il est pleinement investi dans les Alouettes… s’il joue dans la LCF.

Comme 99,9 % des joueurs, Adams fils rêve de la NFL, et on ne peut certainement pas le lui reprocher. Mais à un moment où les Alouettes continuent de perdre de l’argent, la question du boni qu’il a touché au début de l’année n’est pas un menu détail. On peut présumer qu’il y a eu des discussions musclées dans le nid au cours des dernières heures.

Une qualité demandée

Bon joueur dans la NCAA, Adams fils avait participé à des essais avec les Seahawks de Seattle et l’équipe de Washington après avoir été ignoré au repêchage de la NFL.

Arrivé dans la LCF en 2016, Adams fils a mis du temps avant de s’établir, changeant d’équipe à quatre reprises. Il est devenu le partant des Alouettes à son deuxième séjour avec l’équipe, la saison dernière.

Adams fils a complété 283 de ses 431 passes (65,7 %) pour 3942 verges la saison dernière. Il a lancé 24 passes de touché et a été victime de 13 interceptions.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Vernon Adams fils joue dans la Ligue canadienne de football depuis 2016.

C’est toutefois davantage grâce à ses jambes qu’Adams pourrait recevoir de l’intérêt d’équipes de la NFL, lui qui a récolté 394 verges en 82 courses (moyenne de 4,8 verges) et marqué 12 touchés l’an dernier. Adams fils ne sera ni un quart partant ni un deuxième dans la NFL. En revanche, il pourrait devenir le troisième quart d’une équipe avec un rôle bien précis à jouer.

Le troisième quart-arrière d’une équipe émule souvent celui qu’affrontera sa propre équipe lors de son match suivant dans la semaine qui mène à la rencontre. Ce joueur fait normalement partie de ce qui est appelé le « scout team », dont l’une des principales missions est d’aider la défense à bien se préparer en vue de son prochain match.

À titre d’exemple, si une équipe se prépare à affronter un quart-arrière mobile comme Lamar Jackson, des Ravens de Baltimore, ou Kyler Murray, des Cardinals de l’Arizona, la présence d’un joueur comme Adams fils pourrait être fort utile dans les jours qui précéderaient un tel match.

Un autre facteur important pourrait permettre à Adams fils de se trouver une place dans la NFL.

En raison de la COVID-19, le nombre de joueurs dans l’équipe d’entraînement (practice squad) de chacune des 32 équipes a été augmenté de 10 à 16. On ne parle pas d’une poignée de nouveaux postes.

Au total, c’est 192 joueurs supplémentaires qui appartiendront à une équipe de la NFL, ce qui est approximativement l’équivalent de quatre équipes de la LCF.