Les 49ers et les Rams ont représenté la Nationale lors des deux dernières éditions du Super Bowl, les Seahawks sont toujours aussi coriaces et dangereux et les Cardinals s’améliorent rapidement. Voici la troisième de nos huit analyses en vue de la prochaine saison de la NFL.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Seahawks de Seattle : si près du but

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Russell Wilson

On a l’impression qu’il ne manque pas grand-chose aux Seahawks pour retourner au Super Bowl depuis quelques années déjà, et c’est encore davantage le cas cette fois. À son apogée, Russell Wilson n’a pas été aussi bien entouré en attaque depuis cinq ans et l’acquisition du demi de sûreté Jamal Adams devrait aider la défense à passer à un niveau supérieur.

Wilson aurait probablement été nommé joueur par excellence de la ligue en 2019 n’eût été les exploits de Lamar Jackson. Le quart de 31 ans peut maintenant compter sur un trio de receveurs respectable avec DK Metcalf, Tyler Lockett et le nouveau venu Greg Olsen.

La sélection de Metcalf au 64e rang du repêchage de 2019 a été un coup de maître du DG John Schneider et de l’entraîneur-chef Pete Carroll. L’armoire à glace de 6 pi 4 po et 230 lb a capté 58 passes pour 900 verges et a marqué 7 touchés à sa première saison.

Amputé de ses deux meilleurs demis, le jeu au sol des Seahawks en a arraché dans la dernière ligne droite l’an dernier. Mais Chris Carson et Rashaad Penny sont de retour au jeu et forment une formidable et robuste paire de porteurs de ballon.

La ligne offensive est nettement plus habile pour bloquer sur les jeux au sol qu’elle l’est en protection de passe, mais Wilson doit composer avec cette réalité depuis le début de sa carrière.

Un ancien premier choix de l’équipe, Bruce Irvin, est de retour à Seattle après des passages à Oakland, à Atlanta et en Caroline. Le chasseur de quarts aura pour mission de remplacer Jadeveon Clowney. À l’intérieur, Jarran Reed est le meilleur plaqueur du club.

Chez les secondeurs, le premier choix Jordyn Brooks s’ajoutera aux vétérans Bobby Wagner et K. J. Wright, tandis que l’arrivée d’Adams permettra aux Seahawks d’avoir un joueur d’élite dans leur tertiaire, ce qui n’était plus le cas depuis les départs d’Earl Thomas, Richard Sherman et Kam Chancellor.

49ers de San Francisco : des choses à prouver

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George Kittle

Les 49ers ont causé une surprise en atteignant le Super Bowl grâce à une formation particulièrement robuste des deux côtés du ballon. Ils devront maintenant prouver qu’ils peuvent se maintenir parmi les meilleures équipes de la conférence Nationale, ce que les Rams ont été incapables de faire l’année dernière.

George Kittle est le cœur et l’âme de l’attaque, et les Niners l’ont récompensé avec un nouveau contrat il y a quelques semaines. Kittle est ainsi devenu l’ailier rapproché le mieux rémunéré de la NFL (75 millions pour cinq ans).

Kittle n’est pas le seul très bon jeune receveur des 49ers. Deebo Samuel a multiplié les jeux clés à sa première saison en 2019 et le récent premier choix Brandon Aiyuk est un autre ailier espacé dynamique et explosif.

Peu importe qui est le demi offensif dans le champ arrière, le jeu au sol de Kyle Shanahan est toujours productif. C’était la même chose lorsque son père Mike dirigeait les Broncos dans les années 90.

Le DG John Lynch n’a pas perdu de temps pour remplacer le bloqueur à gauche Joe Staley lorsque celui-ci a annoncé sa retraite. Lynch a acquis le vétéran Trent Williams, anciennement de Washington. Williams devrait permettre au quintette de demeurer l’un des bons de la conférence.

Ce qui nous amène à la position de quart-arrière. Jimmy Garoppolo élèvera-t-il son niveau de jeu d’un autre cran ou plafonnera-t-il à la suite de sa performance couci-couça au Super Bowl ? Les 49ers ont laissé passer la chance d’embaucher Tom Brady en mars…

L’organisation a surpris en envoyant le joueur de ligne défensive DeForest Buckner aux Colts lors du repêchage. Arik Armstead et Dee Ford sont déjà grassement payés, et ce n’est qu’une question de temps avant que Nick Bosa ne fasse sauter la banque, lui aussi. Javon Kinlaw a été choisi au 14e rang afin de remplacer Buckner.

Fred Warner, Kwon Alexander et Dre Greenlaw forment un très bon trio de secondeurs, mais la tertiaire est peut-être le talon d’Achille de l’équipe. On a vu que Richard Sherman était plus vulnérable qu’à ses meilleures saisons lors du Super Bowl contre les Chiefs, et il n’y a pas vraiment de valeur sûre chez les demis de coin de l’équipe. Heureusement pour les Niners, cette faiblesse est en partie camouflée grâce à leur excellent front défensif et à la pression qu’il exerce sur les passeurs adverses.

Cardinals de l’Arizona : en ascension

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DeAndre Hopkins

Kyler Murray est loin d’avoir mal fait pour un quart recrue qui devait se débrouiller derrière l’une des pires lignes offensives du circuit en 2019. Même s’il est très mobile, Murray a été victime de 48 sacs, un sommet dans la ligue.

La ligne n’a pas été améliorée significativement durant la saison morte, mais le groupe de receveurs, si. Les Cards ont réussi un vol en obtenant DeAndre Hopkins des Texans en retour de David Johnson, un porteur de ballon sur son déclin.

Avec Hopkins, Larry Fitzgerald, Christian Kirk et quelques autres jeunes ailiers espacés qui pourraient émerger, Murray pourrait devenir l’un des passeurs les plus prolifiques de la NFL dès cette saison, surtout que le demi Kenyan Drake peut réussir de longs jeux par la passe. Le premier choix au total de l’encan de 2019 a récolté 3722 verges par la passe sans la présence de Hopkins.

Il y a des trous en défense, mais il y a également quelques pièces de grand talent. Chandler Jones a réussi 19 sacs et a forcé 8 échappés la saison dernière. Budda Baker est un demi de sûreté fiable et solide. Patrick Peterson ne fait peut-être plus partie des meilleurs demis de coin, mais devrait rebondir après une saison difficile. Enfin, le secondeur Jordan Hicks a connu une bonne première saison en Arizona.

Choix initial de l’équipe en avril, Isaiah Simmons s’ajoutera à ce noyau. Joueur d’une polyvalence inhabituelle, Simmons sera utilisé à toutes les sauces en défense et ajoutera de la vitesse et de l’explosion au groupe.

Il reste qu’afin de connaître leur première saison victorieuse depuis 2015, les Cardinals devront vraisemblablement marquer beaucoup de points. Cette équipe est de toute évidence en ascension.

Rams de Los Angeles : l’heure de la reconstruction

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Aaron Donald

Qui aurait pu prédire que les Rams seraient considérés comme la moins bonne des quatre équipes de leur division après leur présence au Super Bowl il y a un an et demi ? Or, c’est bel et bien le cas.

Les Rams ont tenté de réparer leurs erreurs en laissant partir Todd Gurley, Clay Matthews et Dante Fowler fils, puis en échangeant Brandin Cooks durant l’entre-saison. Mais leurs mauvaises décisions sur le plan des affaires leur auront fait très mal et leur ont probablement coûté l’excellent secondeur Cory Littleton au final. Ce dernier a accepté une offre des Raiders l’hiver dernier, ce qui laissera un trou béant au milieu de la défense des Rams.

L’équipe de Sean McVay est manifestement en reconstruction et on ne doit pas s’attendre à beaucoup de sa part en 2020. Sûrement pas le scénario que souhaitait le propriétaire Stan Kroenke pour l’ouverture prochaine de son nouveau stade…

Cela dit, il y a tout de même quelques joueurs autour desquels les Rams peuvent reconstruire leur équipe, à commencer par Aaron Donald. Les receveurs Cooper Kupp et Robert Woods sont deux autres pièces intéressantes, et les Rams voudront sûrement conclure une nouvelle entente avec le demi de coin Jalen Ramsey après avoir sacrifié deux premiers choix afin de l’obtenir.

Mais il n’y a pas beaucoup d’autres valeurs sûres. Pas même Jared Goff, qui n’a toujours pas prouvé qu’il était un quart-arrière de premier plan.