Marco Iadeluca enchaîne les conférences Zoom depuis cinq mois. De son propre aveu, c’est celle de mardi après-midi qu’il a le plus appréciée, et « de loin », lorsqu’il a eu la confirmation de l’arrivée de Jonathan Sénécal avec les Carabins. « C’est une grosse prise pour nous », résume l’entraîneur-chef des Bleus.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Âgé de 20 ans, le prometteur quart-arrière s’est joint officiellement à l’Université de Montréal, jeudi, après avoir pris la décision de quitter les Huskies de l’Université du Connecticut (UCONN). Entre son engagement au printemps 2019 et ses premiers mois sur le campus, bien des choses ont changé.

La pandémie a évidemment bouleversé le paysage sportif états-unien. Le 5 août, l’annulation de la saison a été officialisée par UCONN.

« C’est ça qui m’a vraiment fait commencer à réfléchir. Je suis allé aux États-Unis pour vivre l’expérience du football américain et je ne l’ai pas vraiment vécue, explique le principal intéressé en visioconférence. Je suis arrivé en janvier et on est repartis pendant la semaine de relâche. J’étais censé y retourner tout l’été, mais ça ne s’est fait qu’il y a un mois, avec plein de restrictions. »

Après une discussion avec ses parents, un consensus a été trouvé : celui d’abandonner la bourse d’études de l’Université du Connecticut et de revenir au Québec, même s’il n’était pas encore certain que la saison universitaire aurait lieu. Pour jouer où ? Il s’est bien entretenu avec Glen Constantin, entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval, mais les Carabins possédaient de très bons arguments aux yeux du natif de Mirabel. Pour commencer, il connaît Iadeluca depuis le milieu de l’adolescence.

Ils se sont d’abord croisés avec les équipes du Québec et du Canada. Ils se sont ensuite côtoyés pendant deux ans en division 1 du circuit collégial du RSEQ. Avec le Phénix du collège André-Grasset, Sénécal a accumulé 5976 verges par la passe, réussi 349 passes (taux de réussite de 63 %) et amassé 59 passes de touché en 19 rencontres seulement.

Nommé recrue de l’année en 2017, Sénécal a remporté le titre de joueur par excellence l’année suivante en guidant le Phénix vers le premier Bol d’Or de son histoire. Le grand espoir du football québécois a ensuite connu une année 2019 moins joyeuse avec une grave blessure à un genou subie dès le premier match de la saison. Son genou est rétabli à 100 %, dit-il.

« Jonathan a tous les outils pour réussir. Il a une bonne éthique de travail et c’est un quart-arrière très cérébral avec une bonne force de bras et des qualités athlétiques, énumère Iadeluca. Maintenant, il va falloir qu’il s’investisse dans le cahier de jeu. Je n’ai aucune crainte à ce niveau parce que je l’ai côtoyé dans le passé. »

L’atout Calvillo

De retour au Québec, Sénécal doit encore observer 12 jours de quarantaine. Après cette période passée à Mirabel, il se dit prêt à prendre le chemin de l’entraînement au CEPSUM. Un homme, en particulier, va l’aider dans sa progression : Anthony Calvillo, qui occupe les fonctions de coordonnateur offensif et d’entraîneur des quarts-arrières.

« C’est vraiment intéressant. Il a joué professionnel et il a eu une belle carrière dans la Ligue canadienne, rappelle-t-il à propos de l’ancien quart des Alouettes. Je vais essayer d’emmagasiner le plus d’informations qui vont m’aider dans mon développement. Ça a aussi pesé dans ma balance. »

N’affichant pas la moindre déception quant à la tournure des événements, Sénécal a martelé qu’il n’aurait pas pu prendre une meilleure décision. Et si la saison universitaire n’avait pas lieu ? « Ce serait une année pour renforcer mon genou, être plus gros, plus fort et plus vite. »