Les temps libres sont rares pour Marc-Antoine Dequoy depuis son arrivée à Green Bay le 25 juillet. Entre des tests médicaux, dont certains en lien avec la COVID-19, des séances de conditionnement et des réunions, l’ancien demi défensif des Carabins de l’Université de Montréal n’a guère eu le temps d’explorer la ville du Wisconsin. Mais ce qu’il a vu a confirmé ses impressions de toujours.

Pascal Milano
Pascal Milano La Presse

« C’est une ville qui respire le football. Sur chaque terrain, il y a un logo des Packers et le monde se promène avec des chandails des joueurs, dit-il avant d’aborder sa visite du Lambeau Field. Dans le tunnel, j’avais des frissons et il n’y avait personne. Tu sens une énergie. J’aimerais vivre ce sentiment avec des partisans qui crient dans les tribunes. »

Les prochains jours seront cruciaux à ce chapitre. Le camp des Packers, auquel il s’est joint en tant que joueur autonome non repêché, s’amorcera officiellement samedi. Deux jours plus tard, il participera à ses premières séances avec contact. La saison des Packers, elle, débutera le 13 septembre.

Son objectif n’est pas compliqué : le natif de L’Île-Bizard souhaite « faire l’équipe », que ce soit aux côtés des 53 joueurs actifs ou parmi les 16 membres de l’équipe d’entraînement.

« C’est un objectif qui est très proche et très réalisable. J’essaie de faire en sorte que cela devienne réalité. […] De ce que j’ai vu jusqu’ici, je sais que je peux jouer avec ces gars-là et faire l’équipe, estime-t-il. Ma force est ma vitesse et elle est vite apparue lors des exercices de course. Ça m’a permis de gagner un peu de respect au sein de l’équipe. »

En raison de la crise sanitaire, il n’aura pas la possibilité de participer à des matchs préparatoires pour essayer de se mettre en valeur. Pas grave, il compte sur le travail effectué chaque jour pour y arriver. Dès son arrivée, on lui a bien fait comprendre que la NFL pouvait tout aussi bien être le sigle de « Not for long ». Sans travail acharné et sans apprentissage rapide, l’expérience peut tourner court.

J’aime croire que l’absence de matchs n’affectera pas mes chances. Je crois qu’ils sont capables de savoir si tu es quelqu’un qui travaille fort et qui peut aider l’équipe. Certains coachs sont là depuis 30 ans.

Marc-Antoine Dequoy

« On doit leur montrer qu’on peut apprendre rapidement. On va faire des erreurs, mais la chose la plus importante est de comprendre et de ne pas la refaire une deuxième fois le lendemain. L’un de mes entraîneurs, Jerry Gray, m’a dit que ça n’importait pas, si on était un choix de première ronde ou un joueur non repêché. Il va choisir les joueurs qui peuvent jouer. »

Et sur le terrain, les Packers vont le tester à diverses positions comme demi de coin ou maraudeur. S’il s’attendait à se concentrer sur cette dernière position, il estime que sa polyvalence est un atout important dans sa manche.

« Je suis à l’aise d’être dans toutes les positions et c’est ce que j’essaie de démontrer. Si tu te mets dans un cadre et que tu te dis : “Je suis juste ça”, tu limites tes opportunités. »

Deux semaines d’adaptation

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Marc-Antoine Dequoy lors de son Pro Day au Soccerplexe Catalogna de Lachine, début mars

Après avoir passé différents tests médicaux, les joueurs de la NFL ont démarré une « période d’adaptation » au début du mois d’août. À travers les exercices de conditionnement, les entraînements légers (walk-throughs) et les réunions, les mesures anti-COVID – comme la distanciation physique et le port du masque – étaient bien présentes.

Dequoy est satisfait des mesures des Packers. Green Bay, qui compte un peu plus de 100 000 habitants, est également moins propice aux gros rassemblements. « Ce n’est pas New York ou Miami. Il n’y a pas 26 000 bars ou clubs », illustre-t-il.

« À partir de lundi, oui, il va y avoir des contacts, mais dès qu’on quitte le terrain, les règles vont rester les mêmes. On verra si la période va augmenter le nombre de cas de COVID-19. »

Les contacts ont également été limités entre les escouades offensive et défensive. Il a tout de même pu croiser le quart-arrière Aaron Rodgers et les autres têtes d’affiche de l’organisation. « Je vais attendre de peut-être faire l’équipe et, après ça, je vais aller lui poser quelques questions », sourit-il.

En attendant de, peut-être un jour, entrer à ses côtés sur la pelouse du Lambeau Field. Avec des partisans qui crient dans les tribunes.