(Toronto) Même si la Ligue canadienne de football (LCF) joue une saison abrégée dans une ville centrale selon les directives les plus strictes en matière de santé et de sécurité, il y aura toujours des tests positifs pour le coronavirus, pense un médecin spécialiste des maladies infectieuses. Cela pourrait forcer la ligue à stopper abruptement les activités.

Dan Ralph
La Presse canadienne

La LCF aurait envisagé une ville « bulle » ou deux, pour limiter l’exposition des équipes au virus. Mais le Dr Isaac Bogoch, expert en maladies infectieuses au Toronto General Hospital et professeur agrégé de médecine à l’Université de Toronto, dit que des tests positifs restent possibles et pourraient menacer le jeu.

« La réponse courte est que rien dans cette ère ne sera sans risque, a déclaré Bogoch. Il y a certaines choses que nous pouvons faire pour minimiser le risque, mais comme pour tout, il y aura un élément de risque de contracter cette infection.

« La ligue et les joueurs peuvent travailler avec des professionnels de la santé pour rendre cela aussi sûr que possible, mais à la fin de la journée, ils devront s’asseoir collectivement et décider, "Est-ce que cela en vaut la peine". Comme individus, ils devront se demander, sur la base des protocoles en place et de la perception individuelle du risque, de la tolérance au risque et du seuil de risque, "Suis-je prêt à jouer ?" »

La LCF et l’Association des joueurs de la LCF continuent de discuter des modifications à leur convention collective qui permettraient une saison partielle. Les premiers matchs se tiendraient en septembre, mais le commissaire Randy Ambrosie a dit qu’une campagne annulée restait également possible.

En mars, la pandémie a forcé un arrêt mondial des sports. En Europe, le soccer professionnel a repris tandis que la Major League Soccer, le baseball majeur, la LNH et la NBA tentent tous de redémarrer ou de lancer leurs saisons.

Les quatre circuits nord-américains ont vu des joueurs ou des officiels d’équipe contracter le virus.

Le FC Dallas a été contraint de se retirer du tournoi « MLS is Back » à Orlando après que 10 joueurs et un entraîneur se soient révélés positifs au virus.

La LNH espère démarrer les camps d’entraînement lundi et reprendre le jeu à Edmonton et à Toronto le 1er août. Les joueurs resteraient dans des bulles étroitement contrôlées et joueraient devant des gradins vides.

Les équipes peuvent amener 52 personnes, avec pas plus de 31 joueurs, dans leur bulle. Tout le monde dans la bulle sera testé quotidiennement-y compris les joueurs, le personnel, les employés de l’hôtel, les employés des services alimentaires et les chauffeurs de bus.

Les joueurs et les officiels d’équipe resteront à l’intérieur de la bulle, sauf dans des circonstances atténuantes spécifiques. Cela comprend les soins médicaux, la naissance d’un enfant ou un décès dans la famille.

Toute personne retournant dans la bulle sera soumise à une quarantaine minimale de quatre jours avec des tests d’écouvillonnage nasal quotidiens pour la COVID-19.

La LNH et la NHLPA ont la possibilité de retarder, reporter, déplacer ou annuler des matchs en raison d’un « risque pour la santé et la sécurité des joueurs » et/ou du risque que « l’intégrité de la compétition » soit en danger, y compris « une éclosion incontrôlée de COVID-19 ».

Le plus grand défi de la LCF est peut-être financier, la ligue n’ayant pas de contrat de télé valant une somme astronomique.

Ambrosie a déclaré que collectivement, les neuf équipes de la LCF ont perdu 20 millions l’an dernier. Ce n’est pas une position idéale pour couvrir les frais de nourrir et d’héberger les équipes, ainsi que les tests quotidiens.

Aucune ligue n’a évoqué un nombre spécifique de tests positifs qui causerait l’annulation des matchs.

Bogoch a dit que des sites centraux et des bulles sont bénéfiques. À l’exception du baseball, les trois autres ligues nord-américaines proposent des plans de ce genre.

« Premièrement, ils réduisent la probabilité d’introduction d’une infection dans la bulle, a-t-il déclaré. Si (l’infection) est introduite, elle réduit vraiment la probabilité qu’elle puisse être transmise.

« S’il y a une infection, nous espérons qu’elle sera rapidement identifiée en raison de la fréquence élevée des tests de diagnostic et des contrôles des symptômes. Maintenant, les plans les mieux préparés peuvent encore avoir des trous. Mais ce que nous avons vu avec le basket et le football, c’est que ces plans fonctionnent : ils ont identifié des cas positifs et les joueurs ont été isolés. Cela me dit que les mécanismes de sécurité fonctionnent. »