S’il n’y a pas de saison dans la LCF en 2020, personne ne sait si les joueurs obtiendront une partie du salaire auquel ils devaient toucher. Selon le receveur Eugene Lewis, il y aurait assurément une réaction négative de la part des joueurs s’ils ne recevaient aucune rémunération.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

« La LCF et l’Association des joueurs devraient trouver un terrain d’entente. Les gens doivent nourrir leur famille et on ne peut pas blâmer les joueurs pour la situation actuelle. Si nous n’étions pas payés, c’est sûr que ça ne passerait pas auprès des joueurs », a dit le receveur des Alouettes lors d’une vidéoconférence, vendredi.

« Je n’ai pas beaucoup d’information à ce sujet, mais je pense qu’il faudrait trouver une solution. Certaines ligues ont dû cesser leurs activités et les joueurs ont tout de même été payés. C’est avec cet argent que les joueurs peuvent prendre soin de leur famille. Alors ce serait un problème (si les joueurs ne recevaient rien), et ce serait la même chose dans n’importe laquelle industrie. »

Le salaire moyen dans la LCF a été de moins de 100 000 $ par joueur la saison dernière, ce qui n’est qu’une fraction de celui que touchent les joueurs des grandes ligues de sport professionnel de l’Amérique du Nord.

À la recherche d’un emploi

En attendant de savoir s’il y aura une saison à l’automne, Lewis réfléchit aux options qui se présenteront à lui. Chose certaine, il se mettra à la recherche d’un boulot si la campagne est effectivement entièrement annulée.

« Je n’aurais pas d’autre choix. Et de toute façon, je ne suis pas trop du genre à rester inactif », a indiqué Lewis, qui complétera sous peu une maîtrise en relations humaines.

« Je veux être un travailleur social auprès d’adolescents qui ont des problèmes de drogue, de famille ou de dépression. Plusieurs de mes amis et membres de ma famille ont pris le mauvais chemin. J’espère que si j’ai des enfants un jour, ils n’auront pas à vivre des situations semblables. »

« Lorsqu’on est issu des HLM, c’est facile d’emprunter le mauvais chemin. On n’a pas tous une personne pour nous encadrer et nous discipliner. J’aimerais donc pouvoir aider des gens qui se retrouvent dans de telles situations. »

Optimiste malgré tout

Il n’y aura pas de match avant septembre au plus tôt en raison de la pandémie de COVID-19. Lewis s’assure tout de même de rester fin prêt pour une potentielle saison écourtée.

« Je suis encore optimiste qu’il y en aura une. C’est un jeu de patience pour tout le monde en ce moment. Personne ne peut encercler une date sur son calendrier. On doit se tenir prêt et rester patient. La situation à laquelle nous sommes tous confrontés (la pandémie) est beaucoup plus importante. »

L’ancien des Sooners de l’Université de l’Oklahoma est actuellement dans sa ville natale de Philadelphie. Il conserve la forme physique, notamment grâce à une salle d’entraînement dans son ancienne école secondaire à laquelle il a accès.

« Il faut être encore plus discipliné, car on n’a pas l’encadrement d’une équipe, on dépend seulement de soi-même. On suit normalement la routine et l’horaire de l’équipe, mais en ce moment, je pourrais repousser une séance d’entraînement de 30 minutes si je voulais dormir un peu plus longtemps le matin. C’est dangereux de faire ça, car ça risque de devenir un peu trop confortable. »

Pandémie et tensions raciales

Lewis a raconté que certaines personnes manifestaient contre le confinement dû à la COVID-19 à Philadelphie. Bien qu’il comprenne l’empressement de certains à retrouver une vie un peu plus normale, il espère que les règles de santé publique continueront d’être respectées.

« Les gens veulent recommencer à sortir. La pandémie est sérieuse, mais les enfants veulent jouer à l’extérieur. On n’a jamais vécu pareille situation alors on tente tous de s’adapter du mieux qu’on peut. Mais si tous les gens font ce qu’ils ont à faire, la situation continuera de s’améliorer. »

L’ailier espacé a également commenté la triste mort de George Floyd, l’homme afro-américain de 46 ans qui a été tué, lundi soir à Minneapolis, et les émeutes qui ont éclaté depuis la tragédie.

« C’est une situation triste et malheureuse. Cela étant dit, elle n’est pas inhabituelle. Si des gens ne réalisent pas encore qu’il y a un problème, ils ne le réaliseront jamais. »

« Je prie tous les jours que ma famille, mes amis et moi-même n’aurons jamais à vivre un tel drame. »