De plus en plus de signes pointent vers une saison écourtée ou l’annulation de la saison en entier dans la LCF, mais ça n’empêche pas Khari Jones de demeurer optimiste qu’il y ait du football professionnel au Canada en 2020.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

L’entraîneur-chef des Alouettes de Montréal a répondu aux questions des journalistes par la voie d’une vidéoconférence, vendredi après-midi. Bien qu’il ait avoué qu’il y avait plusieurs facteurs à prendre en considération, Jones s’est dit optimiste qu’une saison soit effectivement jouée dans la Ligue canadienne.

« Je pense qu’il y aura une saison, on fait tout en notre pouvoir afin que ce soit le cas. Les joueurs sont excités et veulent jouer. Mais plusieurs facteurs entreront évidemment en ligne de compte », a commenté Jones.

La LCF a déjà repoussé le début de ses camps d’entraînement, qui était prévu à la mi-mai, en raison de la pandémie de la COVID-19. Elle a également repoussé le début de sa saison au début juillet, au plus tôt, alors qu’elle devait normalement débuter le 11 juin.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a indiqué en début de semaine qu’il n’était pas impossible que les grands rassemblements culturels et sportifs soient interdits jusqu’en 2021. Si c’est le cas au Québec et dans d’autres provinces canadiennes, il sera extrêmement difficile pour la LCF de disputer une saison pour ne pas dire impossible, puisqu’une large part de ses revenus provient des admissions.

« J’essaye de ne pas trop penser à cette possibilité. Ce serait très décevant s’il n’y avait pas de saison, surtout après celle qu’on a connue l’année dernière. Je reste positif et je conserve l’espoir qu’il y en aura une », a dit Jones.

« Je suis comme vous tous. Il y a un million de scénarios qui m’ont traversé l’esprit. Je pense à toutes les solutions et possibilités. »

Des tests pour les joueurs

Jones a également parlé de la possibilité que les joueurs aient à subir des tests pour la COVID-19 de façon régulière si les activités de la LCF devaient reprendre dans les prochains mois.
« Je ne crois pas que les joueurs refuseraient d’être testés. Je pense qu’ils veulent s’assurer d’être en santé et qu’ils ne voudraient pas risquer de transmettre le virus à d’autres gens s’ils étaient infectés. »

« La distanciation sociale est impossible au football avec les blocs et les plaqués. Il y aura donc un certain risque », a reconnu Jones.

Mais que les joueurs soient testés ou non, si les gradins des stades sont vides, il est pratiquement assuré qu’il n’y aura pas de saison en 2020, la réalité du circuit étant très différente de celle des autres grandes ligues professionnelles de l’Amérique du Nord.

À titre d’exemple, chacune des 32 équipes de la NFL a reçu plus de 250 millions en droits de télédiffusion l’année dernière. Celles de la LCF auraient reçu environ 4 millions.

Les probabilités qu’il y ait une saison de 18 matchs, comme c’est habituellement le cas, semblent encore plus faibles. On peut déjà présumer qu’il n’y aurait pas de matchs préparatoires et que les équipes auraient moins que les trois semaines de congé durant la saison dont elles disposent normalement.

« Je sais que la LCF discute de tous ces scénarios. Le nombre de semaines de relâche serait sûrement effectivement diminué. Le facteur le plus important est la santé des joueurs. S’il faut diminuer le nombre de matchs, il en sera ainsi », a estimé Jones.

« La ligue semble vouloir conserver la même date pour le match de la Coupe Grey (le 22 novembre à Regina). Alors je pense qu’on ajusterait le nombre de matchs en fonction de cette date. L’important, c’est qu’il y ait une saison »

« Je pense que notre équipe serait dans une bonne situation s’il n’y avait pas de matchs préparatoires. Surtout notre attaque, car la plupart des joueurs seront les mêmes que la saison dernière. »

S.J. Green : pas pour le moment

L’ancien receveur des Alouettes S.J. Green a récemment fait savoir qu’il aimerait pouvoir terminer sa carrière en disputant une dernière saison à Montréal lors d’une entrevue avec TSN. Jones a toutefois indiqué que l’équipe ne cherchait pas à ajouter un autre receveur à sa formation pour le moment.

« Il ne faut jamais dire jamais puisqu’on ne sait pas ce qui pourrait se produire. Je suis un fan de S.J. et je sais qu’il peut encore être productif. Mais j’aime beaucoup notre groupe de receveurs actuel, je pense qu’il représente l’une de nos forces. »

Jones a également parlé d’un autre receveur dont l’avenir au football professionnel semble particulièrement incertain. Plus de deux mois après avoir été arrêté en possession d’une grande quantité de marijuana au Texas, Quan Bray ne sait toujours pas quel sort l’attend et c’est la même chose pour les Alouettes.

« Je ne lui ai pas parlé dernièrement, mais je pense que son dossier progresse. Ça dépendra de ce qui se déroulera aux États-Unis », a répondu Jones lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il fallait s’attendre à ce qu’il soit de retour avec les Alouettes cette saison.

À l’heure actuelle, aucun joueur des Alouettes ne sait ce qui l’attend. La pandémie de la COVID-19 ayant éclaté sur le continent américain en pleine saison morte, le football professionnel ne s’en est pas encore trop ressenti. La situation risque de changer considérablement au cours des prochains mois.

« Ce sera à partir de mai que la situation sera plus différente pour les entraîneurs et les joueurs », a dit Jones, qui s’entretient avec ses adjoints une fois par semaine et qui a récemment écrit une lettre à ses joueurs.

« Je voulais leur dire qu’on pensait à eux et que la priorité à l’heure actuelle, c’est la santé de tout le monde. »