(Montréal) Vernon Adams fils ne sait pas si et quand la saison de la Ligue canadienne de football prendra son envol. Tout ce qu’il peut faire, c’est espérer qu’il jouera en 2020.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Il verrait d’un bon œil que les joueurs soient soumis à des tests réguliers afin de s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs du coronavirus si le circuit Ambrosie reprend ses activités.

Je veux jouer au football. Si ça veut dire subir un test chaque semaine, alors faisons-le. C’est pour veiller à notre santé, à celle des coéquipiers, et nous retirer du groupe si nous sommes malades ! On doit prendre les bonnes mesures pour s’assurer que ça fonctionne. Je suis pour.

Vernon Adams fils, au sujet de tests hebdomadaires de détection du coronavirus

C’est ce qu’a déclaré le quart des Alouettes de Montréal au cours d’une vidéoconférence organisée par l’équipe avec quelques journalistes montréalais.

Saison 2020 : il touche du bois

« Je ne sais pas si je peux dire que je suis confiant mais j’espère toujours qu’on puisse jouer cette saison », a déclaré Adams de son domicile de Tacoma, dans l’État de Washington.

« Ici, les chiffres commencent à s'améliorer, on aplatit la courbe, a-t-il ajouté au sujet des statistiques sur la pandémie de COVID-19, qui a durement touché l’État. J’espère qu’on pourra lancer une saison et donner un bon spectacle pour les partisans de la LCF partout sur la planète. Une chose est certaine, je me tiens prêt. »

PHOTO RYAN REMIORZ, PRESSE CANADIENNE

Le quart des Alouettes de Montréal Vernon Adams fils pose lors de la conférence de presse annonçant la prolongation de son contrat le 28 janvier 2020 à Montréal.

Celui qui s’est hissé au rang de quart no 1 des Alouettes en 2019 veut jouer à tout prix cette saison, même si on doit amputer des matchs au calendrier de la ligue.

Saison raccourcie et paie amputée ? OK

« Ce que je veux faire, c’est jouer au football, lancer des passes de touché, tout cela. Alors si on doit jouer que neuf matchs, je n’ai pas de problème avec cela. Pourvu que tout le monde soit en santé, les joueurs comme le personnel, allons-y. »

Il n’entrevoit d’ailleurs pas de problème de négociations entre les joueurs et les propriétaires une fois que la saison sera relancée, même si les salaires devront peut-être être réduits.

« Nous aurons probablement à le faire si nous ne jouons pas une saison complète, a-t-il dit. […] Je ne suis pas tellement impliqué dans l’Association des joueurs, mais je ne souhaite que le meilleur pour tout le monde. Si c’est ce que ça prend pour qu’on joue une saison, je crois qu’on doit le faire. Mais je suis un gars d’équipe : je ferai ce qui est le mieux pour mon équipe. »

Frappés par la réalité

Adams a d’ailleurs souligné à quel point les joueurs de la Ligue canadienne font pour la plupart face aux mêmes problèmes financiers que le reste de la population. Après avoir signé une prolongation de contrat de trois ans l’hiver dernier et reçu un boni de signature, Adams se retrouve sans revenus, comme la majeure partie des joueurs de la LCF, qui sont payés après chaque rencontre.

« J’en parlais justement à l’instant : il y a tant de personnes qui sont mises à pied avec toutes ces entreprises qui ferment. De mon côté, c’est le premier entre-saison de ma vie que je ne vis pas d’un chèque de paie à l’autre. Mais ça ne durera qu’un temps. Oui, j’ai reçu un boni de signature, mais qui sait jusqu’à quand je pourrai vivre de cela. S’il n’y a pas de saison, je suis de retour à devoir attendre le prochain chèque de paie, et il n’y a pas de travail présentement. Ce serait difficile.

« J’ai une pensée pour tous les gens qui ont été mis à pied ou qui sont en congé obligatoire. Je sais ce que c’est que d’attendre le prochain chèque de paie.

Les gars de la NBA et de la NFL touchent de grosses sommes. Ce n’est pas le cas dans la LCF. Alors il faut que les gens respectent les règles de distanciation sociale afin que – souhaitons-le – tout revienne à la normale le plus rapidement possible.

Vernon Adams fils

En attendant que la LCF rappelle ses joueurs pour l’ouverture des camps d’entraînement – qui devaient être lancés le 17 mai, mais qui ont été reportés pour une durée indéterminée –, Adams fait ce qu’il peut pour garder la forme. Il a transformé son garage en gymnase personnel et effectue des sprints dans la rue. Il a aussi une cible sur laquelle il peut lancer des ballons.

« Mais quand je rate, il faut que je coure après mon ballon ! Ou pire : j’ai récemment fracassé l’ampoule extérieure avec un mauvais lancer.

« Mais je fais tout ce que je peux pour me garder loin du coronavirus et garder la forme, à la fois physique et mentale. »