Danny Maciocia a réglé un autre gros dossier mardi. Après avoir mis sous contrat pour trois ans son quart-arrière Vernon Adams fils, embauché le porteur de ballon James Wilder fils pour remplacer William Stanback, le DG des Alouettes a retenu les services de son meilleur receveur de passes, Eugene Lewis, pour une saison supplémentaire.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Coincé par le plafond salarial, Maciocia a néanmoins dû faire son deuil de DeVier Posey, son troisième receveur après Lewis et Quan Bray. « On avait des receveurs de (bientôt) 30 ans un peu blessés (Posey), et un receveur de 26 ans (Lewis) dont la chimie était très bonne avec notre quart-arrière, a expliqué Maciocia mardi lors d’un point de presse dans le vestiaire des Alouettes. Pour les entraîneurs, le garder constituait une priorité. »

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Le receveur Eugene Lewis

Au plan statistique, la question ne se posait pas. Lewis, un ancien de Penn State et d’Oklahoma dans la NCAA, a capté 72 passes pour 1133 verges l’an dernier, deux sommets chez les Alouettes. Il a été nommé au sein de l’équipe d’étoiles de l’Est l’an dernier. Maciocia voulait toutefois savoir quel type d’homme il avait sous la main.

« Ça fait (seulement) deux semaines que je suis ici. J’ai regardé les matchs dans mon bureau, mais je n’étais pas dans le vestiaire. Je n’ai jamais eu la chance de lui parler, mais nos entraîneurs le voulaient. Il est très bon dans le vestiaire, très bon sur le terrain. On l’a identifié comme une priorité. Il peut être un bon leader, mais je veux qu’il reste lui-même. Il ne doit pas changer et commencer à faire des discours au centre du vestiaire. On le respecte et on l’aime ici parce qu’il est lui-même. Il y a différentes façons d’exprimer son leadership. Mike Pringle était très vocal. Ricky Ray se situait à l’autre extrême. »

Maciocia est heureux de son groupe de receveurs malgré la perte de Posey, qui a effectué 50 réceptions pour 780 verges et trois touchés l’an dernier. « On a de la profondeur avec Lewis, B. J. Cunningham, Jake Wieneke et Dante Abscher. On a de la profondeur, on a des bons canadiens, un bon porteur, un bon quart-arrière, une ligne offensive qui sera ensemble pour quelques années. »

Âgé de 26 ans, Eugene Lewis est sous contrat pour un an seulement. La fenêtre de la NFL se referme à 27 ans. Il voulait garder ouverte cette éventualité de vivre son rêve de jouer dans la Ligue nationale (l’an prochain). Et s’il reste, on va travailler sur un autre contrat. »

Lewis a été invité à l’époque au camp des recrues des Bengals de Cincinnati et des Seahawks de Seattle, mais il n’y a pas eu de suite. Une autre bonne saison pourrait attirer les regards des recruteurs. « J’adore ma situation actuelle, je suis heureux ici et reconnaissant qu’on me ramène. Mais comme Américain mon rêve a toujours été de jouer dans la NFL et si une porte s’ouvre éventuellement, je veux tenter ma chance, évidemment. Mais ma priorité en ce moment demeure les Alouettes. Je suis heureux que Vernon soit de retour. On a une bonne connexion ensemble. L’ambiance est bonne dans le vestiaire, on a jeté de bonnes fondations l’an dernier. »

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Le quart-arrière des Alouettes, Vernon Adams fils

Le DG des Alouettes se félicite par ailleurs de l’acquisition du nouveau porteur de ballon James Wilder fils. L’ancien des Seminoles de Florida State dans la NCAA et des Bills de Buffalo a remporté le titre de recrue par excellence de la Ligue canadienne en 2017 après avoir amassé 872 verges au sol et 533 par la passe. Ses statistiques sont à la baisse depuis, mais Maciocia est sûr de le voir relancer sa carrière.

« Il a 27 ans, mesure 6 pieds 2 pouces et pèse 225 livres, il peut vous contourner, il peut vous défoncer, il n’y a pas beaucoup de kilométrage sur ce corps. J’ai fait mes recherches, j’ai passé une heure au téléphone avec Jim Popp. James est affamé. Sous la tutelle de Khari Jones et André Bolduc, je m’attends à une grande année de sa part ».

Maciocia n’a pas terminé son magasinage, même s’il n’a pas beaucoup de marge de manœuvre.

« Les gens n’aiment pas l’entendre, mais nous sommes coincés par le plafond. C’est comme faire l’épicerie pour la semaine avec 100 dollars. Il faut être très stratégique dans nos dépenses. On travaille très fort sur le contenu canadien et sur le repêchage, avec cinq choix parmi les 30 premiers. On veut aussi voir si on peut trouver de l’argent pour dénicher un ou deux joueurs pour la ligne défensive et des demis défensifs. On se concentre sur la défense maintenant. Mais on ne pourra pas tous les signer. »

Avant de faire du lèche-vitrine à l’ouverture du marché des joueurs autonomes, Maciocia veut retenir ses joueurs importants. « Je veux me concentrer sur Woody (Barron) et (Ciante) Evans. On est en train de discuter, de trouver une façon de les garder. Je veux m’occuper de nos agents libres avant de regarder ailleurs. Il y a une chimie, ils connaissent nos entraîneurs et la ville. Ça va être un marché difficile, j’ai l’impression. Beaucoup de clubs sont dans le même bateau. Des joueurs réaliseront qu’il n’y a pas beaucoup d’argent en circulation. »

Les saisons se suivent, mais ne se ressemblent pas. À pareille date l’an dernier, Mike Sherman était toujours l’entraîneur-chef des Alouettes et le DG Kavis Reed continuait de prendre des décisions déroutantes. Une saison beaucoup plus agréable, avec un nouveau propriétaire, un nouveau président et un nouveau DG, des entraîneurs et des joueurs fébriles, attend les Alouettes.

Restera maintenant à le prouver sur le terrain.