(Miami) Laurent Duvernay-Tardif est du type cartésien et presque toujours en parfait contrôle de ses émotions. Après la victoire des Chiefs de Kansas City au Super Bowl, dimanche soir à Miami, le garde a toutefois eu peine à les contenir.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

« Je ne le réalise pas encore. J’ai l’impression qu’on perdait par 10 points, il y a 10 minutes. C’est une sensation incroyable de gagner un match comme celui-là en équipe. On est les champions du Super Bowl ! »

Les Chiefs perdaient effectivement 20-10 contre les 49ers de San Francisco au milieu du quatrième quart. Mais grâce notamment aux prouesses et au flegme de leur meneur, Patrick Mahomes, ils ont marqué trois touchés dans les sept dernières minutes et l’ont emporté 31-20.

« Pat [Mahomes] est toujours resté calme malgré les sacs et les interceptions. Il a fait ses lectures de jeu, et ce fut assez pour l’emporter. On a tiré de l’arrière souvent dans les dernières semaines. Ça démontre à quel point notre équipe est résiliente, et je pense que ça nous a aidés à rester calmes ce soir », a expliqué Duvernay-Tardif.

Duvernay-Tardif est devenu le premier joueur natif du Québec à remporter le Super Bowl. Tom Nütten, qui avait remporté un titre avec les Rams de St. Louis il y a 20 ans, était arrivé au Québec à l’adolescence, mais est né à Toledo, aux États-Unis.

Sur le terrain, les images de RDS ont rapidement fait le tour du Québec. Duvernay-Tardif enlaçant ses proches dans un profond moment d’émotion. Le plus beau du sport quand l’adrénaline commence à tomber.

De voir les célébrations, ma famille, mes parents, Florence [sa copine], ma gang de malades dans la section 300 avec la banderole et le drapeau, qui sont derrière moi depuis le début, c’est un sentiment que je ne suis pas près d’oublier.

Laurent Duvernay-Tardif

« C’est définitivement mon plus beau moment à vie. On ne gagne pas un Super Bowl en claquant des doigts. On a travaillé fort depuis 24 semaines et plusieurs années pour accomplir cet exploit. »

« Une équipe de football, c’est plus que les 53 joueurs et les 20 coachs. C’est tout le monde. C’est plus de 200 personnes qui voyagent avec nous à tous les matchs pour nous aider à performer. C’est un sentiment indescriptible de pouvoir partager ça avec eux », a pris soin de mentionner Duvernay-Tardif, qui ne savait toujours pas ce qui l’attendait dans les heures qui allaient suivre lorsqu’il a parlé avec les journalistes.

« Je ne le sais pas, je n’ai jamais gagné le Super Bowl ! Tout ce que je sais, c’est que je dois m’enregistrer à l’aéroport, lundi, à 9 h 30. Je ne pense pas que je vais dormir. »

Pour Andy Reid

Duvernay-Tardif a subi une blessure à un mollet au deuxième quart, ce qui ne l’a évidemment pas aidé contre l’excellent front défensif des 49ers.

« On jouait contre ce qui est probablement la meilleure ligne défensive de la ligue, et c’était la force principale de leur équipe. C’était un gros défi pour nous. Ce n’était pas parfait, mais ç’a été assez bon pour aller chercher la victoire et c’est ce qui compte. »

Lorsqu’il a parlé de l’entraîneur-chef des Chiefs, Andy Reid, Duvernay-Tardif était visiblement ému et a dû se ressaisir pendant quelques secondes.

« Qu’il ait cru en moi, le joueur peu connu issu du Canada, c’est incroyable. Je dois beaucoup à coach Reid. Il mérite pleinement ce championnat et c’est l’une des premières choses à laquelle j’ai pensé lorsqu’on a gagné. Qu’on venait de donner un titre à coach Reid, qui est un entraîneur-chef depuis près de 25 ans et qui est l’un des meilleurs entraîneurs de la NFL. »