Il y a presque un an jour pour jour, les Alouettes de Montréal n’avaient plus de place pour Éric Deslauriers au sein de leur organisation. Mercredi, il a été nommé directeur des opérations football du club.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Dans ce rôle, il secondera l’éventuel directeur général de l’équipe. Mais les Alouettes ont également annoncé mercredi que le processus de recherche d’un candidat était suspendu à la demande de la Ligue canadienne de football, « en raison de limitations découlant de la vente de l’équipe ».

La LCF a formulé cette demande aux Alouettes le 12 décembre dernier, mais la formation montréalaise ne l’a rendue publique que six jours plus tard. La haute direction de l’équipe n’a pas commenté davantage ce dossier. Les demandes d’entrevue auprès de la LCF sont demeurées sans réponse.

Victime du nouveau plafond salarial imposé aux opérations football par la LCF, Deslauriers — qui venait de passer huit saisons avec les Alouettes comme receveur de passes et quatre autres au sein des opérations football du club — a pour la première fois dû se chercher du travail dans la vie.

« C’était la première fois que j’écrivais un curriculum vitae, a-t-il indiqué en entrevue avec La Presse canadienne. De chercher "un vrai job" m’a fait réaliser à quel point j’aimais travailler dans le football. »

N’étant pas prêt à faire le saut hors du football, il est demeuré impliqué, assistant notamment à la séance d’entraînement régionale des espoirs (combine). Lors des matchs locaux des Alouettes, il était présent au stade Percival-Molson.

« Je ne pensais pas revenir au sein de l’organisation, mais je l’espérais », a-t-il noté. Au point où il a refusé des offres d’autres formations.

« C’est certain que j’ai parlé à quelques équipes. J’ai même eu quelques offres : certains clubs voulaient savoir où j’en étais dans ma carrière. Oui, je voulais demeurer dans le football, mais les circonstances n’étaient pas les bonnes pour moi, alors ça ne s’est jamais produit. Je peux dire aujourd’hui que je suis content de ne pas avoir accepté d’offre ! »

Une promotion

Pour Deslauriers, qui a accepté un contrat d’une saison, il s’agit d’une promotion, lui qui a occupé les fonctions de coordonnateur du personnel des joueurs à compter de juillet 2019.

L’ancien receveur avait été coordonnateur du repêchage de la formation montréalaise de 2016 à 2018. Le président et chef de la direction des Alouettes, Patrick Boivin, et son conseiller spécial Wally Buono, ne l’ont toutefois pas rencontré pour le poste de directeur général avant d’interrompre leurs recherches.

« C’est certain que je vais faire plusieurs tâches de concert avec le directeur général, a expliqué Deslauriers, qui a soulevé la Coupe Grey en 2009 et 2010. Mes tâches seront définies de façon plus exacte une fois que cette personne entrera en poste. En attendant, je vais superviser tout ce qui a trait au personnel des joueurs, préparer des rapports sur les joueurs autonomes pour le mois de février, ce genre de choses. […] En 2020, je continuerai d’encadrer les joueurs comme je l’ai fait l’an dernier, tout en ajoutant la direction du service de dépistage à mes tâches. »

Comme ce fut le cas pour la grande majorité de la saison 2019, la gestion quotidienne de l’équipe continuera de se faire en comité, composé de Boivin, de l’entraîneur-chef et coordonnateur à l’attaque Khari Jones, de Buono, ainsi que de Deslauriers, qui se joint au groupe. Un nom manque à cette liste : celui de Joe Mack.

Le directeur général adjoint du personnel des joueurs est toujours sous contrat avec l’organisation, mais pour peu de temps : son pacte vient à échéance le 31 décembre prochain. Selon ce que La Presse canadienne a appris, Mack aurait été prêt à accepter un rôle plus important au sein de l’organisation, mais ne serait pas intéressé par un travail en comité, notamment en raison du voyagement que cela lui demandait. L’organisation n’écarterait toutefois pas la possibilité de le ramener dans d’autres fonctions l’an prochain.

Ce sont donc Deslauriers, Boivin, Buono et Jones qui participeront à la réunion annuelle des directeurs généraux de la LCF, le 7 janvier prochain, à Blue Mountains, en Ontario.