Ajoutez le nom de Sean McDermott à la longue liste de ceux qui méritent d’être sérieusement considérés au titre de meilleur entraîneur-chef de l’année. Ses Bills de Buffalo sont bons. Et ils le seront pour plusieurs années.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

La très grande majorité des analystes, dont l’auteur de ces lignes, ont clairement sous-estimé les Bills, l’été dernier. En ce 7 décembre, ils ont pourtant une fiche de 9-3 et se retrouvent à une petite victoire des Patriots de la Nouvelle-Angleterre et du premier rang de la division Est de l’Américaine. Personne ne s’attendait à ça.

La mauvaise nouvelle pour les étonnants Bills, c’est que les prochaines semaines ne seront pas de tout repos. Ils recevront l’équipe de l’heure dans la NFL, les Ravens de Baltimore, dimanche après-midi, avant de disputer deux matchs en heure de grande écoute sur des terrains adverses. Des parties contre des équipes aguerries qui possèdent de bonnes défenses, les Steelers de Pittsburgh et les Patriots.

Les Bills, aussi, ont une bonne défense. Très bonne. Le noyau de jeunes joueurs autour duquel l’unité est construite est aussi solide que méconnu. On vous les présente.

Un choix de premier tour en 2017, Tre’Davious White est l’un des demis de coin les plus complets de la ligue. White a défendu 15 passes et a réussi quatre interceptions cette saison. Il a également enregistré 54 plaqués, dont un sac, et provoqué deux échappés.

Choisi au premier tour l’année suivante, en 2018, le secondeur Tremaine Edmunds aussi se démarque entre autres par sa polyvalence, lui qui n’est âgé que de 21 ans. Edmunds mène les Bills avec 89 plaqués et a défendu 7 passes, démontrant ainsi qu’il peut se débrouiller en couverture pour un joueur de 6 pi 5 po et 250 lb.

Deux autres anciens premiers choix, Shaq Lawson (2016) et Ed Oliver (2019) s’illustrent en dérangeant le quart-arrière, eux qui ont respectivement réussi 5,5 et 5 sacs. Lawson, Oliver, White, Edmunds et les demis de sûreté Micah Hyde, anciennement des Packers de Green Bay, et Jordan Poyer sont au cœur des succès défensifs des Bills, mais plusieurs autres joueurs contribuent.

Les Bills ont investi plusieurs hauts choix dans leur défense et McDermott est un ancien coordonnateur défensif. Ce n’est donc pas étonnant que le groupe joue bien. Mais c’est une autre histoire quant à l’attaque, qui joue de mieux en mieux et qui surprend.

PHOTO TIM HEITMAN, USA TODAY SPORTS

Josh Allen, quart-arrière des Bills de Buffalo

Josh Allen est en voie de prouver qu’il n’est pas impossible pour un quart-arrière d’améliorer sa précision de façon significative. Après n’avoir complété que 52,8 % de ses passes à sa saison recrue, en 2018, Allen en a réussi 61,5 % cette saison. Un bond appréciable et inhabituel.

Bâti pour jouer dans le froid et le vent de Buffalo, le quart de 6 pi 5 po et 237 lb possède un bras canon, tout en étant capable de courir avec le ballon (1061 verges à ses 24 premiers matchs dans la NFL). Reste à voir s’il continuera de s’améliorer, mais la carrière d’Allen ne devrait pas être un flop, alors que rien n’était moins sûr il y a à peine trois mois.

Il faut dire qu’Allen est mieux entouré qu’il ne l’était à sa première saison. Le centre Mitch Morse a été embauché afin de donner de la stabilité à la ligne offensive, tandis que l’arrivée des receveurs Cole Beasley et John Brown a donné du punch à l’attaque.

Il reste cependant encore du travail à faire. L’ajout d’un autre ailier espacé de premier plan et celle d’un bon ailier rapproché permettrait au jeu aérien de mieux complémenter le jeu de course. L’increvable Frank Gore (552 verges au sol) et la recrue Devin Singletary (553 verges) forment une paire de demis offensifs plus adéquate, et c’est sans parler de la menace que représente Allen au sol.

Les Bills peuvent-ils coiffer les Patriots au fil d’arrivée dès cette année ? Vu leur calendrier, c’est une grosse commande. On a toutefois vu lors de leur dernier match, le 28 novembre à Dallas, que les Bills n’avaient plus de complexe et qu’ils étaient capables de vaincre des équipes de qualité sur la route.

Mais peu importe ce qui se déroulera au cours du prochain mois, les Patriots n’amorceront peut-être pas la saison prochaine comme les favoris de leur division. Pour la première fois en 20 ans.

Rivera ne chômera pas

Remercié par les Panthers de la Caroline, mardi, Ron Rivera ne devrait pas avoir trop de difficulté à se trouver un nouveau poste d’entraîneur-chef dans les prochaines semaines. « Riverboat Ron » a dit qu’il espérait coacher en 2020 et plusieurs équipes devraient s’intéresser à lui si elles changent d’entraîneur.

PHOTO DAVID T. FOSTER III, ASSOCIATED PRESS

Ron Rivera a été remercié de son poste d’entraîneur-chef par les Panthers de la Caroline, mardi.

Les Cowboys de Dallas, les Browns de Cleveland, les Giants de New York et les Falcons d’Atlanta sont toutes des équipes qui pourraient grandement profiter de la présence d’un entraîneur comme Rivera dans leurs rangs. L’ancien secondeur des Bears de Chicago a prouvé qu’il pouvait mener une équipe au Super Bowl, ce qu’il a fait il y a quatre ans, et les Panthers ont rarement joué sous leur potentiel lorsqu’il les dirigeait.

Propriétaire des Panthers depuis juillet 2018, David Tepper est un ancien actionnaire minoritaire des Steelers de Pittsburgh. Si le directeur général actuel des Panthers et ancien journaliste Marty Hurney subit le même sort que Rivera, Tepper pourrait tenter de convaincre Kevin Colbert, le DG actuel des Steelers, de s’amener en Caroline.

Puis il y a l’avenir de Cam Newton. Il reste une saison à écouler au contrat du quart-arrière, qui ne jouera plus cette année en raison d’une blessure à un pied. A-t-il déjà joué son dernier match avec les Panthers ?

Le départ de Rivera n’était probablement que le premier de plusieurs changements majeurs à Charlotte. D’autres devraient suivre, ce qui n’est sûrement pas une mauvaise chose. Cette équipe a manifestement besoin de renouveau.

Les prédictions de Miguel Bujold

Caroline c. Atlanta : Atlanta

Baltimore c. Buffalo : Baltimore

Cincinnati c. Cleveland : Cleveland

Washington c. Green Bay : Green Bay

Detroit c. Minnesota : Minnesota

San Francisco c. La Nouvelle-Orléans : La Nouvelle-Orléans

Miami c. Jets de New York : Jets de New York

Indianapolis c. Tampa Bay : Tampa Bay

Denver c. Houston : Houston

Chargers de Los Angeles c. Jacksonville : Jacksonville

Tennessee c. Oakland : Oakland

Kansas City c. Nouvelle-Angleterre : Nouvelle-Angleterre

Pittsburgh c. Arizona : Arizona

Seattle c. Rams de Los Angeles : Rams de Los Angeles

Giants de New York c. Philadelphie : Philadelphie

La semaine dernière : 7-6

Total de la saison : 111-66

Trois matchs à ne pas rater

San Francisco c. La Nouvelle-Orléans, dimanche, 13 h

PHOTO DERICK E. HINGLE, USA TODAY SPORTS

Drew Brees, des Saints de La Nouvelle-Orléans

Un affrontement qui revêt énormément d’importance. D’un côté, l’équipe qui terminera deuxième dans la division Ouest entre les 49ers et les Seahawks ne pourra espérer mieux que le cinquième échelon dans la Nationale. Deuxièmement, l’avantage du terrain est probablement plus important pour les Saints que pour toute autre équipe de la NFL : leur fiche en séries depuis le début de l’ère Payton-Brees est de 6-1 au Superdome – la seule défaite étant le match controversé de l’année dernière contre les Rams –, alors que leur fiche à l’étranger est de 1-5. Et troisièmement, le résultat de ce match pourrait être décisif si les Saints et les Niners terminent la saison avec le même dossier. Match intense en perspective.

Kansas City c. Nouvelle-Angleterre, dimanche, 16 h 25

PHOTO CHARLIE RIEDEL, ASSOCIATED PRESS

Patrick Mahomes, des Chiefs de Kansas City

On saura jusqu’à quel point la défense des Patriots est bonne, dimanche après-midi, alors que Patrick Mahomes pourra compter sur tout son arsenal au Gillette Stadium. L’attaque des Patriots aura quant à elle une belle occasion de se mettre en marche ; si Tom Brady et compagnie sont incapables de produire contre la défense des Chiefs, il y aura vraiment lieu de s’inquiéter. On peut s’attendre à quelques « jeux surprises » du coordonnateur offensif Josh McDaniels puisque c’est normalement lorsqu’ils font face à de l’adversité que les Patriots font le plus preuve de créativité. Les Chiefs s’approcheront à une victoire des Patriots et du deuxième rang de l’Américaine s’ils l’emportent.

Seattle c. Rams de Los Angeles, dimanche, 20 h 20

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Josh Gordon (10), des Seahawks de Seattle

Le premier match de la saison entre les deux rivaux de division a été l’un des plus spectaculaires de la saison, une victoire de 30-29 des Seahawks, le 3 octobre. Embauché par les Seahawks, il y a environ un mois, Josh Gordon n’a capté que 4 passes pour 47 verges à ses trois premiers matchs avec sa nouvelle équipe. Quant à lui, D.K. Metcalf a déjà échappé et perdu le ballon à trois reprises. Ces deux receveurs doivent mieux jouer si les Seahawks veulent retourner au Super Bowl. De leur côté, les Rams devront probablement remporter leurs quatre derniers matchs afin d’atteindre les éliminatoires.