Au lendemain de leur élimination aux mains des Eskimos d’Edmonton, les Alouettes ont vidé leur vestiaire au Stade olympique, lundi. Les joueurs sont revenus sur leur défaite, ont parlé de leur avenir, ainsi que de celui du club.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

« J’ai regardé la vidéo après la rencontre et ç’a été un match difficile pour moi. J’ai lancé trois interceptions et aucune passe de touché, comment voulez-vous gagner un match lorsque le quart-arrière joue de cette façon ? » a demandé Vernon Adams fils de façon rhétorique.

« Ce sera difficile à encaisser pour quelques semaines. Mais je vais apprendre de cette expérience et je vais continuer de m’améliorer, je peux vous le promettre. »

Adams fils rentrera bientôt à Seattle, où il habite durant la saison morte. Après s’être accordé du repos, il reprendra l’entraînement à compter du 1er décembre.

« J’ai déjà ciblé les choses sur lesquelles je veux travailler. Je n’entrerai pas dans les détails, mais je sais ce que je dois améliorer. Je vais continuer de travailler, mon jeu ne déclinera pas », a dit l’athlète de 26 ans, qui sera régulièrement de passage à Montréal durant la saison morte.

Nommé joueur par excellence de l’équipe en 2019, Adams fils voudra prouver que sa belle saison n’était pas un feu de paille. Et selon John Bowman, c’est exactement ce qu’il devra faire afin d’être considéré comme un quart-arrière de premier plan.

« Vernon a eu une saison impressionnante et il a accompli plusieurs belles choses. La question est maintenant de savoir ce qu’il fera à partir de maintenant. Les grands quarts-arrières excellent durant plusieurs saisons consécutives et rendent meilleurs les joueurs autour d’eux », a dit Bowman.

« Il possède plusieurs qualités qu’ont les meilleurs quarts. C’est une question de constance dans son cas. Il va continuer d’évoluer et de s’améliorer. »

Le message de Matte

Dans les derniers instants du match de dimanche, on a pu voir Kristian Matte consoler Adams fils sur les lignes de côté. Un geste que le quart a beaucoup apprécié.

« Je lui ai dit qu’on croyait en lui et qu’il nous avait aidés à faire changer l’opinion générale au sujet des Alouettes cette année. Il doit garder la tête haute parce qu’il a très bien joué cette année », a raconté Matte.

Il faut dire les bonnes choses aux bons moments, et ce que je lui ai dit venait du cœur. J’ai vu qu’il était très émotif à ce moment-là, et je pense qu’il avait besoin que quelqu’un aille lui parler.

Kristian Matte

« On est une cinquantaine de joueurs dans l’équipe. Alors ce n’est pas un seul joueur qui est responsable lorsqu’il y a des erreurs. Ce n’est pas un seul jeu qui va déterminer l’issue d’un match. Je ne voulais pas qu’il reste seul dans son coin en pensant qu’il était l’unique responsable de notre défaite », a expliqué Matte.

« Il [Matte] est un vétéran et un meneur, qui est avec l’équipe depuis plus de 10 ans. Il fait toujours les choses de la bonne manière, que ce soit sur le terrain ou à l’extérieur. Il me donne souvent des conseils et il m’a beaucoup aidé cette saison. Alors d’entendre des mots comme ceux-là de sa part, c’était énormément apprécié », a dit Adams fils.

L’avenir de Bowman

John Bowman n’a toujours pas décidé s’il voulait disputer une 15e saison dans la Ligue canadienne et avec les Alouettes. Le chasseur de quarts a toutefois reconnu que le retour de Khari Jones et du groupe d’entraîneurs faciliterait sa décision.

« Il faudra d’abord que l’équipe choisisse de me ramener, ce n’est pas ma décision », a d’abord rappelé Bowman. « Je veux voir la direction que prendra l’équipe. Je veux savoir si Khari et Slo [le coordonnateur défensif Bob Slowik] seront de retour. S’ils le sont et qu’on ne doit pas tout recommencer une fois de plus, ça m’inciterait à revenir. »

Comme la plupart de ses coéquipiers, Bowman était abattu après la défaite contre Edmonton. Parce que la saison prenait fin, mais également parce qu’il s’agissait possiblement de sa toute dernière partie.

« Lorsqu’on joue encore à mon âge [37 ans], on ne sait jamais quand on disputera notre dernier match. On a joué devant 22 000 spectateurs [21 000] et ma famille était venue de New York pour assister à la rencontre. C’était donc très spécial pour moi. »

La NFL pour Stanback et Levels ?

Plusieurs joueurs des Alouettes n’ont pas de contrat pour la saison prochaine, dont les Québécois Kristian Matte, Martin Bédard et Félix Faubert-Lussier. C’est également le cas de William Stanback et de Patrick Levels, deux joueurs qui devraient à tout le moins piquer la curiosité d’équipes de la NFL.

« J’ai quelques semaines devant moi avant de devoir prendre une décision. Il y a quatre ou cinq équipes qui sont intéressées, mais il n’y a rien d’officiel », a indiqué Stanback.

« Si je reste dans la LCF, c’est avec les Alouettes et à Montréal que je veux jouer. Mais si j’obtiens une occasion au sud de la frontière, je vais probablement l’accepter », a admis le porteur de ballon.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

William Stanback

L’une des belles révélations de l’équipe au cours des derniers mois, Levels pourrait fort bien recevoir une offre de l’une des 32 équipes du circuit Goodell. Le secondeur possède de bonnes qualités athlétiques, de la robustesse, une attitude qui lui a fait gagner beaucoup de points depuis le mois de mai et il n’a que 25 ans, le même âge que Stanback.

« Mon objectif a toujours été de jouer dans la NFL. Alors si une équipe me donne une occasion, je vais essayer d’en profiter pleinement. Mais si ça ne fonctionne pas, je ne ferme pas la porte à un retour à Montréal. Je veux toutefois d’abord voir ce qui se déroulera avec l’équipe et Khari avant de prendre une décision. »