(Montréal) Les Alouettes pourraient perdre deux éléments importants de la formation au profit de la NFL au cours des prochains mois.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Le demi à l’attaque William Stanback et le secondeur Patrick Levels ont en effet laissé entendre que même s’ils ont adoré leur expérience montréalaise, ils lorgnaient définitivement du côté du circuit Goodell pour la suite de leur carrière.

Il s’agirait d’une lourde perte pour les Alouettes, les deux footballeurs ayant constitué des éléments clés de cette équipe surprise de 2019.

Stanback, âgé de 25 ans, a le physique de l’emploi à six pieds et 233 livres. Il vient de connaître toute une campagne, avec 1048 verges de gains en 170 courses réparties sur 14 matchs seulement en raison de blessures. Ses 1048 verges ont constitué le troisième plus haut total de la LCF cette saison, tandis que ses cinq touchés au sol lui ont octroyé le neuvième rang à ce chapitre.

« J’ai quelques équipes au sud qui ont démontré de l’intérêt, peut-être quatre ou cinq, a déclaré l’athlète de Hampstead, dans l’État de New York. Rien n’est coulé dans le béton. Je n’ai pas encore de séance d’auditon de prévue avec ces équipes. Mais je suis intéressé à jouer dans la NFL ou la LCF la saison prochaine. J’aurai à prendre une décision dans quelques semaines. Ce sera difficile de prendre cette décision, mais je suis prêt. »

Quant à Levels, qui est aussi âgé de 25 ans, il s’est amené à Montréal après deux saisons passées au sein des Stampeders de Calgary. Peu utilisé en Alberta, il a éclos avec les Alouettes.

Utilisé lors des 18 matchs de la saison, Levels a réussi 86 plaqués et cinq sacs — il vient au deuxième rang du club pour ces deux statistiques —, en plus de provoquer deux échappés. Le Texan de cinq pieds onze, 187 livres, s’est rapidement imposé comme un leader de l’unité défensive de Khari Jones.

« Ç’a toujours été l’objectif, a laissé tomber Levels. Je veux dire : j’ai eu une bonne saison. Si quelqu’un veut me donner cette occasion, j’en tirerai le meilleur parti possible. Au bout du compte, si ça n’arrive pas, je suis heureux ici. J’ai fait ma place.

« Il y a beaucoup de besoins a la position de demi défensif dans la NFL, alors nous verrons. »

Les deux hommes ont répété à maintes occasions qu’ils avaient grandement apprécié leur séjour à Montréal, soulignant au passage l’apport de Jones à l’ambiance de l’équipe. On comprend toutefois que pour eux, si l’occasion de jouer dans la NFL se présente, ils ne la laisseront pas filer.

« Mais ne vous méprenez pas : toute la saison, je n’ai eu la tête qu’à Montréal », a pris soin d’ajouter Levels.

Cela signifie que les Alouettes pourraient être privés de ces deux éléments jusqu’en septembre s’ils étaient parmi les derniers retranchés par des formations du circuit américain, voire de façon permanente si ces deux joueurs devaient se tailler un poste au sud de la frontière. Le prochain DG des Alouettes — l’organisation se cherche toujours de nouveaux propriétaires — devra donc combler ces deux postes rapidement.

Les Alouettes comptent bien sur Jeremiah Johnson dans le champ-arrière, mais le vétéran qui aura 33 ans en février prochain ne peut plus être le fer-de-lance d’une attaque au sol, aussi bon soit-il comme second violon.