Ils y ont cru jusqu’à la toute fin. Cette fois, il n’y a toutefois pas eu de remontée miraculeuse. Vaincus 37-29 par les Eskimos d’Edmonton et une brillante performance de Trevor Harris, les Alouettes ont vu leur belle et inspirante saison se terminer abruptement, dimanche après-midi.  

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Signe que l’édition 2019 des Alouettes était tissée serrée, la très grande majorité des joueurs avaient les yeux rougis dans le petit vestiaire du Stade Percival-Molson. Le choc de la défaite était grand alors que les joueurs faisaient le tour et se serraient dans leurs bras.

« Toute la saison, lorsqu’on était dans des positions comme celle-là, on a réussi à revenir dans le match et le gagner. Mais il n’y avait pas assez de magie à la fin aujourd’hui malheureusement », a dit le centre Kristian Matte. « Je suis encore un peu sous le choc, car dans ma tête, j’y crois encore. Mais je le sais que c’est fini. »

En parlant avec les journalistes réunis autour de lui, le meneur de la ligne offensive des Alouettes a dû s’arrêter à quelques reprises afin de refouler des larmes. Plusieurs de ses coéquipiers vivaient leur déception en silence, incapables de dire un mot.  

Comme ses joueurs, Khari Jones était émotif dans les minutes qui ont suivi la rencontre.  

« Cette équipe s’est battue jusqu’à la fin et n’a jamais abandonné, et c’est ce qui me rend le plus fier. Je pense que plusieurs équipes auraient lancé la serviette, mais je n’avais pas à m’inquiéter pour ça avec cette équipe. »

« On était habitués de nous retrouver dans cette position alors on se sentait confortables. Nous étions parvenus à réussir assez de jeux pour remporter des matchs similaires durant la saison, mais ce ne fut évidemment pas le cas aujourd’hui. »

Les Alouettes ont tiré de l’arrière tôt dans la partie et perdaient par une douzaine de points, 31-19, au troisième quart. Malgré un effort louable, la commande était trop grosse.

 Du grand Harris

L’histoire du match a été fort simple : la défense des Alouettes n’a jamais été en mesure de se rendre à Trevor Harris et de l’ennuyer. E s’il n’est pas dérangé derrière sa poche protectrice, Harris est un passeur extrêmement difficile à arrêter.  

Le quart des Eskimos a réussi ses 22 premières passes du match ! Il a complété 92 % de ses tirs (36 en 39) pour 421 verges au total.

« Ce n’est pas la première fois que je vois Trevor jouer de cette façon. On ne peut faire autrement que de lui lever notre chapeau », a dit Jones.

« Ils avaient un très bon plan de match. On a essayé d’être dans son visage rapidement, mais il a fait un très bon travail pour lire notre défense. Ils avaient toujours trois ou quatre receveurs à cinq verges de lui et il prenait toujours la bonne décision », a expliqué le secondeur Henoc Muamba.

« Notre défense a laissé tomber l’équipe, surtout en première demie. Nous n’étions pas aux bonnes positions sur le terrain, on a raté des plaqués et on n’a pas respecté nos assignations », a analysé John Bowman.

On savait déjà que la ligne défensive des Alouettes n’était pas la plus douée dans l’art de presser le quart-arrière. Mais, curieusement, Bob Slowik ne l’a pas aidé et a très peu utilisé le blitz, surtout en première demie.  

Jones n’a cependant pas voulu jeter le blâme sur son coordonnateur défensif. « On a essayé de différentes choses, mais rien n’a fonctionné. »

Dans l’ensemble, Slowik a connu une bonne première saison dans la LCF. Mais au moment où les Alouettes avaient le plus besoin d’un plan de match original et inspiré, le coordonnateur a échoué à la tâche.

Difficile pour Adams fils

Grâce au brio de Harris, les Eskimos ont eu le ballon pendant plus de 36 minutes, alors que les Alouettes l’ont eu pour moins de 24. L’attaque a donc eu beaucoup de difficulté à trouver son rythme.  

Vernon Adams fils a connu un match difficile (14 en 27 pour 226 verges) et a été victime de trois interceptions, dont deux dans les dernières minutes du match. C’est Josh Johnson qui a réussi les trois.

La deuxième a fait particulièrement mal. Les Alouettes avaient marqué un touché pour réduire l’avance des Eskimos à 34-29 quelques minutes plus tôt et semblaient en voie de réussir une remontée similaire à celles qu’ils ont signées contre Winnipeg et Calgary au cours de la saison.  

« J’ai fait une mauvaise lecture de jeu et je n’ai pas vu le demi défensif (Johnson) qui attendait dans la zone », a raconté Adams fils.

« C’est très difficile à accepter parce qu’on pensait vraiment qu’on jouerait pendant quelques autres semaines », a dit le quart-arrière. « Je vais continuer de travailler, on va tous continuer de travailler. »

« Ça n’enlève rien à la saison qu’a connue Vernon. Il est au début de sa carrière et je suis très fier de lui et du travail qu’il a accompli. Il a dû transporter cette équipe sur ses épaules à plusieurs reprises cette saison », a rappelé Jones.
 

Plaidoyer pour Jones

Il sera maintenant intéressant de voir si les Alouettes réussiront à conclure une entente avec Jones dans un proche avenir. Son entente avec l’équipe prendra fin prochainement.   

Chose certaine, c’est ce que tous ses joueurs, du premier au dernier, souhaitent.

« Khari est l’homme de la situation. Il a fait de l’excellent travail cette saison et je pense que c’est important qu’il soit de retour. On veut rester ici pour quelques saisons et réussir de belles choses, lui et moi », a commenté Adams fils.

« C’est un coach spécial. Il n’y a aucun doute que je veux qu’il soit de retour l’an prochain », a exprimé Matte, qui a donné une large part du mérite à Jones pour la belle saison de l’équipe.

« Le message de Khari au début de l’année, c’était d’avoir du plaisir en jouant et on a tous pris ça à cœur. On s’est amusé cette saison. J’adore le football, mais ça faisait quelques années que c’était un peu difficile de rentrer au travail. Les choses ont complètement changé cette année. Quand on aime les gars avec qui on joue et notre coach, ça fait une grosse différence. »