Près de 18 000 spectateurs assisteront demain à Québec au « match de l’année » du football universitaire québécois entre les Carabins de l’Université de Montréal et le Rouge et Or de l’Université Laval.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

On connaît la rivalité qui oppose les deux équipes depuis plusieurs années et chaque affrontement est préparé comme s’il s’agissait d’une finale pour la Coupe Vanier. Ce sont pourtant deux nouveaux quarts-arrières qui seront lancés dans la mêlée.

Du côté du Rouge et Or, Thomas Bolduc n’est toutefois pas une recrue comme les autres. Joueur par excellence du Bol d’Or en 2017, il est le fils d’André Bolduc, l’entraîneur responsable des demis offensifs chez les Alouettes. À 6 pi 4 po et 205 lb, l’ancien des Cougars du Collège Champlain-Lennoxville était le quart le plus recherché l’hiver dernier par les formations universitaires et c’est (encore) Laval qui a raflé la mise.

« La décision n’a pas été facile, a rappelé son père, cette semaine en entrevue. J’ai dirigé le Vert & Or de Sherbrooke et je connais bien leurs entraîneurs. Je connais aussi très bien Danny Maciocia et les Carabins ont montré beaucoup d’intérêt. Thomas a également visité des équipes de l’Ontario, mais le timing était bon à Laval. »

Le départ du quart-arrière étoile Hugo Richard, maintenant avec l’équipe d’entraînement des Alouettes, la présence de l’entraîneur-chef Glen Constantin et du coordonnateur offensif Justin Éthier, la qualité des installations du PEPS et l’assurance que Thomas pourrait étudier dans un programme qui lui convenait, ont convaincu les Bolduc que le Rouge et Or représentait la meilleure option.

La progression rapide du joueur de 20 ans n’étonne pas son père, même si ce dernier avoue que leurs objectifs étaient d’abord relativement modestes. « Thomas a obtenu son diplôme collégial en mai et n’était donc pas du camp hivernal du Rouge et Or, a rappelé André Bolduc. Il n’a rejoint l’équipe qu’en août et on savait qu’une période d’adaptation serait quand même nécessaire.

PHOTO MATHIEU BÉLANGER, FOURNIE PAR LE ROUGE ET OR DE L’UNIVERSITÉ LAVAL

Le quart-arrière du Rouge et Or de l’Université Laval, Thomas Bolduc

« L’attaque de Justin [Éthier] est très sophistiquée et Thomas devait bien apprendre le livre de jeux. L’objectif, en début de saison, était simplement d’être en uniforme. »

Quelques matchs difficiles du vétéran Samuel Chénard et une défaite à Montréal contre les Carabins ont toutefois convaincu Constantin et Éthier qu’un changement s’imposait au poste de quart. Thomas Bolduc a donc été envoyé dans la mêlée lors du quatrième match de la saison. À distance, André Bolduc n’a pas manqué de conseiller son fils lors de leur conversation téléphonique quotidienne.

« Il a joué ses premiers matchs à Québec, ce qui lui a permis de prendre tranquillement de l’assurance, rappelle Bolduc. Maintenant qu’il peut avoir plus de répétitions avec l’unité numéro un de l’attaque, il progresse dans sa maîtrise du système offensif et commence à développer une bonne chimie avec sa ligne offensive et ses receveurs. »

Après trois victoires aisées, Thomas aura droit à un premier gros test demain avec la visite des Carabins pour un match qui devrait déterminer le champion de la saison régulière.

C’est toujours gros, ces matchs entre Laval et Montréal, aussi gros qu’un Bol d’Or pour Thomas, mais je sais qu’il est bien encadré par Justin, Glen et tout le personnel du Rouge et Or. Moi, j’essaie seulement de lui rappeler la base, de l’aider à se concentrer sur ce qu’il doit faire.

André Bolduc

André Bolduc a pris du galon cette année chez les Alouettes et il en profite pour faire la promotion du football et des joueurs québécois. Très proche de Khari Jones, il a souvent convaincu l’entraîneur-chef et d’autres adjoints de l’accompagner aux matchs universitaires, collégiaux et même juvéniles. Des visites appréciées, on s’en doute.

« Je prends des notes sur les joueurs, je discute avec les entraîneurs, explique-t-il. Et ça me permet aussi de voir mes fils. Samedi [aujourd’hui], on va aller voir mon plus jeune [Raphaël], qui est receveur de passe avec l’équipe de l’école secondaire du Triolet, à Saint-Jean-Eudes. Et dimanche [demain], on sera évidemment à Québec ! »

Le « coup de poker » des Carabins

Après une défaite surprise à Sherbrooke, les Carabins vont conclure la saison régulière demain à Québec dans un match déterminant. Et c’est le quart-arrière Frédéric Paquette-Perrault qui effectuera son premier départ de la saison, un « coup de poker » destiné à relancer l’attaque de l’équipe.

PHOTO CHARLES LABERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Frédéric Paquette-Perrault (au centre) a passé deux saisons avec l’équipe de l’Université McGill avant de prendre une pause.

« Il s’est joint à nous cette saison, après deux saisons à McGill et une année loin du football, a rappelé l’entraîneur-chef Danny Maciocia. Ça lui a donc pris une période d’adaptation, mais il a toujours bien travaillé et j’ai aimé sa performance lors de la deuxième demie à Sherbrooke. Je pense qu’il mérite un départ. »

Paquette-Perrault sait ce qui l’attend à Québec. « Ce n’est pas nouveau pour moi, j’ai été partant deux ans à McGill et j’ai déjà joué au PEPS. C’est vrai que l’ambiance et la foule sont impressionnantes, mais c’est une belle source de motivation pour nous. »

C’est sûr qu’il y aura beaucoup de pression sur les deux équipes, mais je ressens surtout beaucoup d’excitation à l’idée de sauter sur le terrain [demain].

Frédéric Paquette-Perrault

L’étudiant-athlète à HEC Montréal ne sera évidemment qu’un des joueurs qui affronteront le Rouge et Or et il entend se concentrer sur sa partie du boulot. Maciocia espère que ce sera le cas pour toute l’équipe : « Si on compétitionne avec la même intensité qu’on l’a fait à Sherbrooke, ce sera fini après le premier quart », a-t-il averti.

« J’ai encore un peu de difficulté à comprendre comment nous avons pu échapper ce match. Il n’y a que huit matchs en saison régulière et on ne peut se permettre aucun relâchement. La défaite à Sherbrooke nous servira peut-être de leçon… Chose certaine, ça va nous prendre tout un effort [demain], de la part de tous les joueurs de l’équipe, si on veut rivaliser avec le Rouge et Or. »

Sherbrooke veut confirmer

Le calendrier du Vert & Or de Sherbrooke lui permet de disputer ses trois derniers matchs de la saison régulière sur son terrain, un avantage qui l’a aidé à vaincre les Carabins, samedi dernier, et qui pourrait l’aider à assurer sa place en séries, aujourd’hui, alors qu’il affrontera les Stingers de Concordia. Une victoire et le tour serait joué ; une défaite, par contre, obligerait le Vert & Or à vaincre Laval, samedi prochain, lors du dernier match de la saison régulière. Les Stingers ont aussi besoin d’une victoire. Une défaite les obligerait à vaincre McGill par au moins 26 points, la semaine prochaine, pour prendre la quatrième place en séries.

Aujourd’hui

Concordia (1-5) c. Sherbrooke (2-4), 16 h, stade de l’Université de Sherbrooke

Demain

Montréal (6-1) c. Laval (5-1), 13 h, stade Telus du PEPS

Top 10 : Les Carabins glissent au cinquième rang

Leur défaite surprise contre Sherbrooke a coûté cher aux Carabins, puisqu’ils ont glissé du deuxième au cinquième rang du classement national du football universitaire. Inactifs le week-end dernier, les Mustangs de Western conservent le premier rang devant le Rouge et Or de Laval.

1. Western (7-0), 417 pts

2. Laval (5-1), 389 pts

3. Saskatchewan (4-2), 324 pts

4. Calgary (5-1), 310 pts

5. Montréal (6-1), 297 pts

6. Guelph (5-2), 292 pts

7. Acadia (6-0), 274 pts

8. Ottawa (5-2), 205 pts

9. McMaster (5-2) 200 pts

10. Laurier (4-3), 167 pts