Khari Jones et les Alouettes savent mieux que quiconque qu’ils ont laissé filer une victoire, samedi soir à Regina. Mais à leurs yeux, la défaite de 27-25 subie aux mains des Roughriders de la Saskatchewan est une preuve supplémentaire qu’ils peuvent se permettre de voir grand en cette saison de renaissance.

MIGUEL BUJOLD MIGUEL BUJOLD
La Presse

« Si on est capables de corriger nos erreurs, personne ne sera capable de nous arrêter. On sait qu’on a une bonne équipe. Je pense qu’on joue du football de très haut calibre et on est très confiants », a résumé le centre Kristian Matte, hier.

Rappelons que les Oiseaux ont dû se contenter de trois placements au terme de séries prometteuses en première demie. Les Roughriders ont ainsi pu rester dans le coup.

« Si nous avions marqué au moins un touché, le match aurait pu être fort différent. On doit connaître plus de succès lorsqu’on est près de la zone payante, et ça commence avec moi. J’ai regardé l’enregistrement du match trois ou quatre fois depuis, et j’ai vu que j’avais raté plusieurs occasions », a expliqué Vernon Adams fils.

On se tire dans le pied lorsqu’on est incapables de finir nos séries avec des touchés. Je pense qu’on aurait dû en marquer au moins deux lors de ces trois séries. Mais on commet des erreurs, et il faut être capables de corriger ça.

Kristian Matte

« On n’a perdu que par 2 points, alors ça démontre jusqu’à quel point notre équipe peut être bonne. On va continuer de travailler fort », a dit Adams fils, qui a notamment souligné qu’il voulait mieux distribuer ses passes lors du prochain match des siens, samedi (16 h) contre les Blue Bombers de Winnipeg au stade Percival-Molson.

Le fameux processus

Lorsqu’on couvre les activités d’une équipe de football, « processus » (process, en anglais) est un mot qu’on entend aussi souvent que « ballon », « passe » ou « plaqué ». Ce fut certainement le cas, hier.

Les Alouettes ont certes laissé échapper quelques parties qu’ils auraient dû gagner au cours des derniers mois. Mais au début de juillet, ils avaient perdu 24 de leurs 29 derniers matchs, ne l’oublions pas. Cette équipe apprend à marcher, pour emprunter l’expression.

« C’est un processus. Je pense qu’on a les ingrédients pour devenir une très bonne équipe, mais il est encore tôt. Je dois même calmer mes propres ardeurs occasionnellement, car je pense que cette équipe peut être spéciale. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain », a rappelé Jones.

Alors que certains observateurs croient que les Alouettes devraient avoir quelques victoires de plus à leur dossier, leur entraîneur-chef estime que leur fiche actuelle (6-5) est représentative du genre de saison qu’elle connaît.

On a gagné des matchs serrés et on en a perdu, aussi. Je pense donc que notre fiche devrait être ce qu’elle est actuellement.

Khari Jones

Jones sent-il que son équipe suit une trajectoire qui pourrait lui permettre d’atteindre son sommet au bon moment, soit à l’aube des éliminatoires ?

« C’est ce que je souhaite et c’est le plan. Les équipes qui réalisent de grandes choses connaissent toutes des hauts et des bas, mais sont à leur mieux au bon moment de l’année. Elles se mettent en marche lorsque l’enjeu est grand. »

Pas de blâme

Ennuyé par une blessure au haut du corps, Martin Bédard ne s’est pas entraîné avec ses coéquipiers, hier. Jones a cependant indiqué que le spécialiste des longues remises devrait être à son poste face aux Blue Bombers.

Bédard a raté l’une de ses remises contre les Roughriders, ce qui leur a permis de plaquer Boris Bede avant qu’il n’ait le temps d’effectuer son botté de dégagement. Les Riders ont inscrit un touché quelques jeux plus tard. Jones a indiqué que c’est en raison de sa blessure que le Québécois avait raté sa remise.

« Il doit nous le dire lorsqu’il est blessé. On a beaucoup de confiance en Martin et il est un vrai guerrier sur le terrain. Il a donc voulu continuer à jouer », a expliqué Jones. Le secondeur D.J. Lalama a remplacé Bédard après le jeu en question.

Même si les unités spéciales ont potentiellement coûté deux victoires (contre Ottawa le 2 août et samedi dernier à Regina) à son équipe, Jones ne croit pas qu’une attention particulière devrait leur être consacrée.

« Je ne vois pas les choses de cet œil. Je pourrais vous nommer six ou sept jeux dans le match qui ont été très coûteux pour notre équipe. C’est toujours plus qu’un seul jeu qui détermine l’issue d’un match. On ne veut jamais accorder des jeux importants sur les unités spéciales, mais les choses sont magnifiées lorsque cela se produit. »

« Notre défense et notre attaque peuvent mieux jouer, elles aussi, alors je ne blâme pas les unités spéciales. On a commis trop d’erreurs et nous avions quand même une avance au quatrième quart. Ça démontre comment cette équipe peut être bonne. »

Prochain match : Blue Bombers de Winnipeg c. Alouettes, samedi à 16 h au stade Percival-Molson