Y a-t-il le moindre doute que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre remporteront leur 11e titre de division de suite et leur 16e en 17 ans cette saison ? Aussi minuscule soit-il ?

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Bill Belichick et compagnie ne semblent assurément pas très nerveux. Ils ont échangé le receveur Demaryius Thomas à l’un de leurs trois rivaux de division au début de la semaine. Les Jets de New York ont ainsi pu ajouter un joueur d’expérience à leur groupe d’ailiers espacés, qui représentait leur plus grande faiblesse, pour le modique prix d’un choix de sixième tour.

Non, les Pats ne semblent pas trop craindre les Jets, et on pourrait sûrement dire la même chose des Bills de Buffalo et des Dolphins, qu’ils affronteront au Hard Rock Stadium, demain, à Miami. C’est d’ailleurs en partie grâce à la faiblesse de ces trois équipes que les Patriots ont le deuxième calendrier parmi les plus faciles de la NFL cette saison. Leurs 13 adversaires (ils affrontent les Bills, les Jets et les Dolphins deux fois chacun) n’ont remporté que 47,3 % de leurs matchs la saison dernière.

Qui plus est, les Pats ne joueront contre aucune équipe ayant participé aux éliminatoires la saison dernière avant le 3 novembre (les Ravens de Baltimore). Deux mois d’entraînement… Selon une formule maison du site CBSSports.com, les Patriots ont le chemin le plus facile pour se rendre au Super Bowl. Le journaliste du site John Breech a bien résumé la situation.

« Les Patriots semblent avoir le chemin le plus facile tous les ans. Bien qu’on puisse avoir l’impression que c’est une conspiration de la NFL pour garder les Patriots au sommet, la réalité, c’est qu’on doit plutôt blâmer les Jets, les Bills et les Dolphins pour ne pas avoir été compétitifs du tout depuis 20 ans », a écrit Breech.

Depuis 2001, les Patriots ont une fiche de 86-24 en saison contre les trois autres équipes de leur division. Sans surprise, leur pourcentage de victoires de 78,2 est le meilleur de la ligue dans des matchs intradivision au cours de cette période.

Bref, s’ils restent en santé, il est d’ores et déjà assuré ou presque que les Patriots vont encore remporter le titre de leur division. La question qu’il faut se poser est plutôt de savoir s’ils connaîtront une saison parfaite, exploit qu’ils sont venus à un ou deux jeux près de réussir en 2007.

Fouettés par le scandale de tricherie du « Spygate », les Pats avaient effectivement été parfaits en saison et jusqu’au Super Bowl il y a 12 ans. Eli Manning et David Tyree avaient bien sûr uni leurs efforts pour ultimement permettre aux Giants de New York de signer l’une des plus grandes surprises de l’histoire du sport professionnel en grande finale.

Une séquence plus exigeante

La raclée de 33-3 que les Patriots viennent d’infliger aux Steelers de Pittsburgh a montré qu’une saison parfaite est un scénario qui est loin d’être farfelu cette année. Il serait extrêmement étonnant que les Patriots ne soient pas les favoris dans chacune de leurs 16 parties. Et grâce à Belichick et à Tom Brady, les Pats sont toujours aussi prêts qu’il est humainement possible de l’être le jour des matchs.

PHOTO DAVID BUTLER II, USA TODAY SPORTS

Il serait extrêmement étonnant que les Patriots ne soient pas les favoris dans chacune de leurs 16 parties.

C’est justement l’une de leurs nombreuses forces : les Patriots ne perdent presque jamais des matchs qu’ils devraient normalement gagner. Ils jouent toujours à la hauteur des attentes.

Curieusement, les cinq matchs des Patriots qui s’annoncent comme les plus difficiles seront disputés consécutivement. Du 3 novembre au 8 décembre, ils visiteront les Ravens, les Eagles de Philadelphie et les Texans de Houston, et accueilleront les Cowboys de Dallas et les Chiefs de Kansas City à Foxborough.

Belichick, Brady et les Patriots ne le diront jamais, mais devenir la deuxième équipe de l’histoire à avoir une saison parfaite après les Dolphins de Miami de 1972 est une réalisation qu’ils aimeraient assurément pouvoir ajouter à leur impressionnant tableau d’honneur. Leurs chances d’y parvenir n’auront probablement jamais été aussi bonnes depuis 12 ans.

Le feuilleton Antonio Brown

Personne ne sait de quelle façon l’interminable feuilleton impliquant Antonio Brown se terminera, mais on doute que les Patriots l’auraient embauché s’ils avaient su qu’il serait poursuivi au civil pour agression sexuelle et viol quelques jours plus tard.

Britney Taylor, une ancienne entraîneuse de Brown, aurait été violée par le receveur en 2018. La NFL rencontrera Taylor la semaine prochaine et pourrait décider de suspendre Brown, qui a nié les allégations.

PHOTO STEVEN SENNE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Antonio Brown

Les Patriots avaient-ils vraiment besoin d’ajouter Brown à leur formation ? Avec des joueurs comme Julian Edelman, Josh Gordon, James White, Sony Michel et Phillip Dorsett, qui a marqué deux touchés contre Pittsburgh et qui est peut-être sur le point d’éclore et de jouer comme l’ancien premier choix qu’il a été en 2015, Brady était déjà très bien entouré.

Les Pats doivent toutefois composer avec quelques blessures sur leur ligne offensive. Le centre David Andrews ratera toute la saison en raison de caillots de sang dans ses poumons et le bloqueur à droite Marcus Cannon s’est blessé à une épaule, dimanche dernier. Mais tant que l’unité sera dirigée par Dante Scarnecchia, elle devrait continuer d’être une force plus qu’une faiblesse.

Et c’est la même chose pour la défense. Tant que Belichick supervisera le groupe, il continuera de très bien jouer. Avec des joueurs comme Stephon Gilmore, Devin McCourty, Patrick Chung et Jonathan Jones, la tertiaire est excellente, et il y a suffisamment de talent chez les secondeurs et sur la première ligne pour connaître du succès.

Favoris par 19 points

Les Patriots disputeront leur deuxième match de la saison dans l’un des rares endroits où ils ont connu des difficultés au fil des ans. Ils n’ont remporté qu’un seul de leurs six derniers matchs à Miami.

Mais puisque les Dolphins forment ce qui est assez unanimement considéré comme la pire équipe du circuit Goodell, alors qu’ils se sont fait humilier 59-10 par les Ravens dimanche dernier, les Pats sont favoris par 19 points par les preneurs aux livres. Un écart de points digne de la NCAA, mais qui n’est probablement pas assez grand.

Les prédictions de Miguel Bujold

San Francisco à Cincinnati : San Francisco

Chargers de L. A. à Detroit : Detroit

Minnesota à Green Bay : Green Bay

Indianapolis au Tennessee : Tennessee

Nouvelle-Angleterre à Miami : Nouvelle-Angleterre

Buffalo chez les Giants de N. Y. : Giants de N. Y.

Seattle à Pittsburgh : Pittsburgh

Dallas à Washington : Dallas

Arizona à Baltimore : Baltimore

Jacksonville à Houston : Houston

Kansas City à Oakland : Kansas City

Chicago à Denver : Chicago

La Nouvelle-Orléans chez les Rams de L. A. : Rams de L. A.

Philadelphie à Atlanta : Atlanta

Cleveland chez les Jets de N. Y. : Cleveland

Fiche de la semaine dernière : 9-6

Trois matchs à ne pas manquer

Minnesota c. Green Bay, demain, 13 h

La défense des Packers a complètement dominé la ligne offensive des Bears et le quart Mitchell Trubisky, la semaine dernière. La défense des Vikings a très bien joué, elle aussi, blanchissant les Falcons durant les 45 premières minutes de jeu de la rencontre. Une très grande majorité d’experts ont prédit le titre de la division Nord de la Nationale aux Bears, mais si les défenses des Vikings et des Packers jouent toujours comme elles l’ont fait à leur premier match, la lutte s’annonce vive dans cette division.

La Nouvelle-Orléans c. les Rams de L. A., demain, 16 h 25

Les Saints retrouveront les Rams huit mois après leur défaite controversée en finale d’association. Les deux formations ont ouvert leur saison avec une victoire grâce notamment à de bonnes performances de leur porteur de ballon partant. Todd Gurley a récolté 97 verges en 14 courses pour les Rams, tandis qu’Alvin Kamara a totalisé 169 verges d’attaque (97 au sol et 72 par la passe) du côté des Saints. Bien que Drew Brees et Jared Goff soient de bons quarts-arrières, les espoirs des Saints et des Rams reposeront en grande partie sur la productivité de Kamara et de Gurley cette saison.

Cleveland c. Jets de N. Y., lundi, 20 h 15

Cela faisait plusieurs années qu’il n’y avait pas eu autant d’optimisme autour de ces deux équipes. Indisciplinés, les Browns se sont toutefois fait pulvériser par les Titans en lever de rideau, alors que les Jets ont laissé filer une avance de 16-0 et ont perdu contre les Bills. Et ce n’est pas de très bon augure pour les Jets : la saison du receveur Quincy Enunwa (cou) est déjà terminée ; C.J. Mosley et Le’Veon Bell ont également subi des blessures contre Bufffalo ; et le quart-arrière Sam Darnold s’absentera pour une période indéterminée à cause d’une mononucléose. Darnold sera remplacé par Trevor Siemian.