C’est le premier grand rendez-vous de la saison au football universitaire québécois, le premier choc entre le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal. À moins d’un incroyable revirement de situation, les deux équipes se retrouveront encore deux fois cet automne, la dernière en finale de la Coupe Dunsmore, le 9 novembre.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Mais ce sont les deux matchs disputés en saison « régulière » qui déterminent l’équipe qui aura l’avantage de disputer la finale à la maison, et l’histoire montre que chaque point compte. C’est donc dire que l’intensité sera déjà très élevée demain au CEPSUM, et on peut compter sur les partisans des Carabins pour créer un environnement peu accueillant pour les visiteurs.

« Il n’y a pas de piste d’athlétisme autour du terrain et on a l’impression que les spectateurs sont vraiment sur le terrain avec nous, a souligné hier l’entraîneur-chef Danny Maciocia. J’ai même parfois de la difficulté à avoir une conversation avec mes adjoints sur les lignes de côté.

« Même à 52 ans, je ne suis pas encore habitué à cette ambiance. Et c’est sûr que la tension va monter à l’approche du match, que les gars vont parler plus fort dans le vestiaire et qu’il y aura aussi plus d’excitation sur le campus. »

À sa cinquième saison avec les Carabins, le botteur Louis-Philippe Simoneau a déjà joué plusieurs matchs contre le Rouge et Or.

C’est sûr qu’il y a une excitation particulière chaque fois qu’on affronte Laval, un peu plus de pression aussi parce que les matchs sont toujours très serrés et qu’un botté réussi ou raté peut faire toute la différence.

Louis-Philippe Simoneau, botteur des Carabins

« Mais je suis de ceux qui carburent à la pression et ça ne me dérange pas d’avoir les yeux de milliers de spectateurs sur moi. Quant au bruit, c’est sûr que j’entends les cris des spectateurs quand je suis sur les lignes de côté, mais je réussis à bloquer tout ça dès que je vais sur le terrain », a ajouté celui qui a été désigné parmi les joueurs de la semaine au sport universitaire canadien, après une performance de six placements à McGill samedi dernier.

Force contre force

Les Carabins ont la meilleure défense au pays et ils n’ont accordé qu’une moyenne de 44 verges par match par la course. La semaine dernière, ils ont limité McGill à une seule verge de gain au sol, une !

De match en match, la défense des Carabins joue avec toujours plus de synchronisme et les ouvertures sont très limitées. « Le plus important, c’est qu’on n’essaie jamais de “faire des jeux”. Je ne veux pas entendre cette phrase-là ; ce qu’il faut, c’est faire son travail. Si chaque joueur fait son travail, toute l’équipe va réussir le jeu », a expliqué Maciocia.

Quand un joueur commence à penser qu’il doit réussir un “gros jeu”, c’est qu’il n’a pas confiance dans les joueurs autour de lui, qu’il croit devoir compenser leurs lacunes. Ça ne marche pas comme ça…

Dany Maciocia, entraîneur-chef des Carabins

La défense des Bleus est donc prête, mais le Rouge et Or a la meilleure attaque au sol au Canada avec pas moins de 589 verges de gain en deux matchs, pour une moyenne de 294,5 verges par match ! La semaine dernière, à Concordia, Vincent Breton-Robert, Joanik Masse et Lucas Perrier ont totalisé 311 verges au sol.

« On a de la profondeur au poste de porteur de ballon, a souligné l’entraîneur-chef Glen Constantin, après la victoire contre les Stingers. Vincent Breton-Robert et Joanik Masse sont quasiment interchangeables, on sait que les deux sont capables de faire de belles choses et qu’ils courent bien derrière leurs blocs, ce qu’ils ont fait aujourd’hui. C’était aussi plaisant de voir notre ligne offensive prendre avantage de leur front défensif. C’est de bon augure pour la suite de la saison. »

C’est donc dire que les meilleurs atouts des deux équipes se retrouveront face à face, force contre force.

« Ils ont une ligne à l’attaque expérimentée, concède Maciocia. Ils sont bons, très bons. Ça va se jouer sur l’exécution, mais aussi sur la volonté. Quand les meilleurs s’affrontent, c’est habituellement celui qui veut le plus qui s’impose. »

La troisième place en jeu

Dans l’autre match au programme cette semaine, McGill rend visite au Vert & Or, ce soir à Sherbrooke. L’enjeu sera bien sûr différent, mais c’est quand même la troisième position que les deux équipes vont se disputer. Tenue à une seule verge de gain au sol la semaine dernière au CEPSUM, l’attaque de McGill voudra retrouver un peu d’équilibre, question de laisser un peu plus de temps au quart Dimitrios Sinodinos pour exploiter son très bon groupe de receveurs. En face, on suivra avec beaucoup d’intérêt le quart recrue Anthony Robichaud, qui a très bien fait à ses débuts, même si le Vert & Or a amorcé sa saison en visitant le Rouge et Or et les Carabins.

Aujourd’hui
McGill à Sherbrooke, stade de l’Université, 19 h

Demain
Laval à Montréal, CEPSUM, 14 h

Laval encore au sommet

Le Rouge et Or est encore numéro un au pays, devant les Mustangs de Western et les Carabins. Les champions de la Coupe Vanier n’ont toutefois qu’une priorité de trois points sur leurs rivaux de l’Ontario, les Mustangs ayant été impressionnants la semaine dernière en allant vaincre McMaster à Hamilton.

1. Laval (2-0) 493 pts
2. Western (3-0) 490 pts
3. Montréal (3-0) 431 pts
4. Calgary (2-0) 420 pts
5. McMaster (2-1) 333 pts
6. Guelph (2-1) 310 pts
7. Acadia (2-0) 297 pts
8. Manitoba (1-1) 203 pts
9. Saskatchewan (1-1) 200 pts
10. Saint Mary’s (2-0) 186 pts

La LCF publie son premier classement des espoirs

Le bureau de recrutement de la Ligue canadienne de football (LCF) a dévoilé hier son premier classement des 20 meilleurs espoirs canadiens admissibles au prochain repêchage, en 2020. Ketel Asse (7e) et Adam Auclair (8e), du Rouge et Or, sont les premiers joueurs les mieux classés du sport universitaire canadien. Marc-Antoine Dequoy, des Carabins, est 15e. Le meilleur espoir est Neville Gallimore, un plaqueur de Saint Catharines, en Ontario, qui joue avec les Sooners d’Oklahoma, dans la NCAA.

« Ce n’est pas une liste qui est nécessairement très exacte, a expliqué Danny Maciocia. J’ai vu des gars repêchés bien plus haut que leur rang, d’autres qui n’ont pas été repêchés ! Je sais toutefois qu’on a plusieurs joueurs ici qui seront repêchés et je sais que leur “valeur” [stock] va augmenter. L’important pour eux est de continuer à travailler et de s’appliquer chaque match à contribuer au succès de l’équipe, c’est ça qui va leur donner de la visibilité. »