(Montréal) Mathieu Betts l’admet : ce n’était pas son plan A. Ça n’empêche pas l’ex-porte-couleurs du Rouge et Or de l’Université Laval d’être très heureux du nouveau pacte qu’il a paraphé lundi avec les Eskimos d’Edmonton.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« Depuis que je m’étais enrôlé avec les Bears de Chicago, l’objectif était de pousser ça à la limite et de me tailler une place avec l’équipe. Mais elle m’a annoncé la semaine dernière qu’elle allait dans une autre direction. C’est la réalité de cette ligue-là : elle devait faire passer ses effectifs de 90 joueurs à 53 moins de 48 heures après son dernier match préparatoire », a-t-il déclaré au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

« Mais mon objectif était aussi d’évoluer au niveau professionnel dès cette année, a poursuivi l’ailier défensif. Les Eskimos sont une très belle option et je ne pourrais pas être plus heureux de me retrouver ici. C’est certain que c’est une situation particulière, car je me joins à eux après une bonne partie de la saison, mais je vais tout faire pour contribuer aux succès de l’équipe. »

Le Montréalais aurait signé un contrat qui couvre la fin de la saison 2019 et la saison 2020. Les Eskimos détiendraient une clause d’option pour la saison 2021.

Il rejoint une défense très efficace — première du circuit Ambrosie pour les verges accordées — qui compte notamment sur Almondo Sewell, Nick Usher, Kwaku Boateng et Mike Moore. Afin de s’acclimater au cahier de jeux des Eskimos, le footballeur dispose toutefois d’une dizaine de jours : profitant d’une semaine de congé, le prochain match de la formation albertaine n’aura lieu que le 20 septembre prochain, alors qu’elle accueillera les Tiger-Cats de Hamilton.

« Ça me laisse donc le temps de m’adapter, car ça me demandera tout de même une période d’ajustement après avoir évolué dans les derniers mois au football américain, à une autre position en plus. Mes quatre années à Laval, c’était au niveau amateur, alors il y aura un également un ajustement de ce côté.

“On ne m’a pas confirmé quoi que ce soit au sujet de mon utilisation, mais c’est certain que moi, je veux fouler le terrain le plus rapidement possible, que ce soit en défense ou au sein des unités spéciales. »

Le troisième choix au total au dernier repêchage de la LCF en mai, Betts avait été ignoré, un mois plus tôt, au repêchage de la NFL. Il avait rapidement signé un contrat de trois ans avec les Bears, l’une des cinq équipes qui ont évalué ses aptitudes en mars. Les Bears l’ont toutefois retranché le 31 août.

« J’ai ajouté beaucoup d’outils dans mon coffre, a-t-il dit au sujet de son passage au sud de la frontière. En étant utilisé à une autre position, ça m’a sorti de ma zone de confort, ce qui m’a permis d’évoluer comme ailier défensif. Ça m’a préparé pour beaucoup de situations différentes.

“Les deux derniers mois ont été éprouvants. J’ai appris beaucoup au niveau technique et j’ai affronté de bons joueurs : ça va amener mon jeu à un autre niveau. Mais ma progression n’est pas terminée : je vais continuer de m’améliorer à Edmonton. »

Pour amorcer sa carrière professionnelle, Betts aurait aussi pu emprunter le chemin de la XFL, le nouveau circuit américain qui lancera ses activités l’hiver prochain.

« Je n’ai pas beaucoup de repères dans la XFL. C’est une nouvelle ligue et bien que je ne sois pas inquiet de son succès, la Ligue canadienne est une ligue établie. Depuis la fin de mon parcours universitaire, c’était clair pour moi que je voulais jouer dans la LCF. De le faire avec une organisation de première classe comme les Eskimos, c’est l’idéal. Mon objectif est de demeurer ici le plus longtemps possible. »

Betts a disputé quatre saisons avec le Rouge et Or, mettant la main sur la coupe Vanier à deux occasions, en 2016 et en 2018. Il est le seul joueur de l’histoire à avoir remporté trois années de suite le trophée J. -P. -Metras, remis au meilleur joueur de ligne des rangs universitaires canadiens. Il a également établi un record du Réseau du sport étudiant du Québec avec 35,5 sacs.

Il est aussi le premier à remporter trois honneurs majeurs au sport universitaire canadien avec ses titres de recrue de l’année (2015) et athlète masculin de l’année (2018).