Visiteurs au stade Percival-Molson, ce soir (19h30), les Lions de la Colombie-Britannique ont déjà accordé 43 sacs du quart cette saison. C’est ce qui a mené au congédiement de l’entraîneur de la ligne offensive Bryan Chiu, le week-end dernier.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

« Notre ligne offensive compte sur de nombreux vétérans, ce n’est pas comme si elle était composée de joueurs inexpérimentés. Mais c’est comme s’ils n’avaient jamais joué au football », a lancé le DG des Lions, Ed Hervey, après le renvoi de Chiu.

La ligne défensive des Alouettes profitera-t-elle du passage des Lions pour ajouter quelques sacs à sa faible récolte jusqu’à maintenant ? Bien que l’intensité et l’effort soient au rendez-vous et qu’elle joue relativement bien, la ligne ne totalise que neuf sacs en autant de matchs cette saison.

Embauché à fort prix comme joueur autonome, le quart Mike Reilly s’est fait malmener à tous ses matchs. Mais le coordonnateur défensif des Alouettes, Bob Slowik, ne s’attend pas à ce que les Lions utilisent une protection maximale en ajoutant un joueur de plus sur la ligne.

« On n’est pas parvenus à se rendre au quart avec constance contre une ligne offensive à cinq joueurs, alors je ne pense pas qu’ils sentiront le besoin d’utiliser une protection maximale. » — Bob Slowik

Slowik et l’entraîneur-chef, Khari Jones, aimeraient voir leur défense obtenir plus de sacs, il va sans dire. De façon générale, les deux hommes sont tout de même satisfaits du jeu de la ligne défensive.

« Je ne me préoccupe pas trop des statistiques. Nos joueurs sont souvent près du ballon et n’abandonnent jamais. Les joueurs de notre ligne défensive ne se ménagent pas et, la preuve, c’est qu’ils ont parfois de la difficulté à marcher après nos parties », a dit Jones.

Il en manque peu

Si la défense des Als parvient à plaquer le quart adverse derrière la ligne de mêlée plus souvent en deuxième moitié de saison, il y a fort à parier que ce sera grâce à John Bowman. Le vétéran de 37 ans n’a que deux sacs cette saison, chiffre qui aurait toutefois facilement pu être deux ou trois fois plus élevé.

« J’ai battu mon homme à de nombreuses reprises cette saison, mais le quart s’est défait du ballon ou on a écopé d’une pénalité. Ça s’est produit souvent. Notre travail est de gagner notre bataille individuelle contre le joueur devant nous et de nous rendre au quart-arrière. Lorsque ça se solde par un sac, c’est un boni », a expliqué Bowman.

On voudrait tous avoir 20 sacs. C’est plus difficile à ce niveau pour le moment, mais on est quand même satisfaits de notre jeu.

John Bowman

Premier de l’histoire des Alouettes avec 128 sacs en carrière, Bowman a également noté que le style de jeu préconisé par les attaques avait évolué depuis son arrivée dans la LCF, en 2006.

« À cette époque, les quarts reculaient de huit pas avant d’effectuer leurs passes et tentaient des passes de 100 verges ! Ce n’est plus le cas du tout. Les quarts lancent beaucoup de courtes passes en permettant à des joueurs plus petits et rapides de réussir des jeux. »

Retraite imminente

Bowman dispute sa 14e saison avec les Alouettes et dans la LCF, et a récemment dit qu’il s’agirait fort probablement de sa dernière. Or, hier, l’ailier défensif a été moins catégorique.

« Il y a toujours une mince possibilité que je dispute une autre saison. Mais je n’y pense même pas pour le moment. J’ai hâte d’affronter les Lions, je n’ai pas hâte de prendre ma retraite. Je veux finir la saison en force, puis je prendrai cette décision le moment venu. »

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

John Bowman dispute sa 14e saison avec les Alouettes de Montréal.

Slowik connaissait très peu Bowman avant de s’amener à Montréal. Il ne tarit pas d’éloges à l’endroit de son chasseur de quarts.

Lorsque ses jeunes coéquipiers voient les jeux qu’il réussit en regardant nos matchs dans nos réunions d’équipe, ils n’ont d’autre choix que d’être impressionnés et inspirés par John.

Bob Slowik

« Je suis moi-même impressionné de le voir réussir certains jeux à ce stade de sa carrière. L’effort et ses instincts de joueur sont encore très bons. »

Si Bowman tirait effectivement sa révérence dans quelques mois, il le ferait au terme d’une saison qui aura assurément été supérieure aux cauchemars qu’ont été celles de 2017 et de 2018. La possibilité qu’elle se termine tard en novembre semble même de plus en plus envisageable…

« C’est vrai, mais lorsqu’on regarde trop loin, on oublie de faire les fameuses petites choses correctement. Si on pense déjà à notre 17e match de la saison ou aux éliminatoires, on ne se concentrera pas suffisamment sur le prochain », a rappelé Bowman, en sage vétéran qu’il est.

Les Lions n’ont qu’une seule victoire à leur dossier (1-9), tandis que les quatre autres équipes de la division Ouest ont toutes gagné au moins six fois. Ce n’est pas de cette façon que les choses devaient se passer pour une équipe qui a consenti un contrat de près de 2,9 millions pour 4 ans à Reilly.

Si la ligne offensive mérite une large part du blâme, on ne peut certainement pas dire que maints joueurs s’illustrent chez les Lions. On peut qualifier de fiasco la première saison du pilote DeVone Claybrooks.

Prochain match: Lions de la Colombie-Britannique c. Alouettes, ce soir (19h30), au stade Percival-Molson