Ce sont normalement les champions en titre qui ont l’honneur de présenter le match d’ouverture du premier jeudi de la saison dans la NFL. Mais le coup d’envoi de la nouvelle campagne ne sera pas donné à Foxborough, ce soir.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

La raison est fort simple. Puisque la NFL amorce la 100e saison de son histoire, elle a plutôt choisi d’opposer ses deux plus vieilles équipes qui jouent encore dans leur ville d’origine, les Packers de Green Bay et les Bears de Chicago.

C’est aussi la plus vieille rivalité du circuit. La rencontre de ce soir au Soldier Field de Chicago sera la 199e entre les deux grands rivaux de division. Les Packers mènent la série 96-94-6 en saison, et les deux équipes ont remporté un match éliminatoire aux dépens de l’autre.

Les Bears ont souligné leur 100e saison en dévoilant des statues de George S. Halas et de Walter Payton, deux de leurs icônes, plus tôt cette semaine. Lorsqu’il est question des Bears, on pense également à Gale Sayers, à Mike Ditka et, surtout, à leur fameuse défense de 1985.

Qui ne se souvient pas du « Super Bowl Shuffle » ou encore des sketches de Saturday Night Live qui mettaient en vedette des partisans des Bears qui mangeaient un peu trop de côtes levées et de saucisses ? Da Bears !

De l’autre côté du terrain, ce n’est rien de moins que la royauté de la NFL que l’on retrouvera. Aucune équipe n’a remporté plus de championnats que les Packers (quatre Super Bowls et neuf avant sa création). Vingt de leurs anciens joueurs sont au Temple de la renommée à Canton, ce qui est plus que n’importe quelle autre équipe… à l’exception des Bears (26).

De Curly Lambeau à Aaron Rodgers, en passant par Vince Lombardi, Bart Starr et Brett Favre, les Packers ont presque toujours été l’une des équipes les plus performantes et populaires de la NFL, exception faite de leur passage à vide dans les années 70 et 80 – ils n’ont participé aux éliminatoires qu’à une seule reprise entre 1973 et 1992. Pour Green Bay, de loin le plus petit marché de la NFL, cette constance est un exploit.

Les Bears et les Packers ont essentiellement le même ADN qu’ils ont presque toujours eu au cours des dernières décennies. Les succès des Packers reposent sur leur quart de concession, Aaron Rodgers, tandis que les Bears sont des aspirants légitimes grâce à leur imposante défense.

En 2018, le calibre de la défense des Bears a été comparable à celui de l’unité de 2006, qui avait permis à l’équipe de participer au Super Bowl pour la dernière fois. Si elle continue de s’améliorer, c’est bientôt à la légendaire défense de 1985 qu’il faudra la comparer. Le changement de coordonnateur pourrait par contre avoir un impact, alors que c’est Chuck Pagano et non plus Vic Fangio qui dirige la défense.

Aussi bon que l’an dernier ?

Les Packers ont ajouté plusieurs joueurs afin d’améliorer leur propre défense durant l’hiver, et l’attaque des Bears n’est pas vilaine. Cela dit, le match de ce soir devrait se jouer lorsque les Packers auront le ballon.

C’est ce qui s’est produit l’année dernière lorsque les deux formations avaient entrepris leur saison au Lambeau Field. Grâce à une performance époustouflante de Khalil Mack, qui jouait alors son premier match dans leur uniforme, les Bears avaient pris les devants 20-0 ce soir-là.

Mack avait marqué un touché à la suite d’une interception et avait également provoqué un échappé sur un sac. Rodgers s’était blessé au genou gauche en tentant de s’esquiver de Mack et avait été contraint de quitter le match. On se demandait tous si la saison des Packers ne venait pas de se terminer dès lors.

Mais Rodgers était revenu au jeu en héros. Après avoir été ovationné, le quart-arrière avait lancé trois passes de touché en deuxième demie. Selon l’Elias Sports Bureau, c’était la première fois de leur histoire que les Packers remportaient un match dans lequel ils tiraient de l’arrière par 17 points au début du quatrième quart.

Espérons que le spectacle de ce soir sera aussi relevé qu’il l’a été lors de cette victoire de 24-23 des Packers.

Chasse au septième

C’est dimanche soir que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre célébreront leur sixième championnat pour la dernière fois. Leur nouvelle bannière ira rejoindre les autres dans les hauteurs du Gillette Stadium.

Ce sont les Steelers de Pittsburgh qui seront en visite à Foxborough. Eux et les Patriots sont maintenant à égalité au premier rang de la NFL avec six bagues du Super Bowl. Bon an, mal an, l’objectif reste toujours le même pour ces deux organisations : un autre championnat. Une belle façon de terminer le premier dimanche de la saison.

Mais plusieurs joueurs importants ne seront pas de cet autre choc Patriots-Steelers – Rob Gronkowski, Antonio Brown et Le’Veon Bell pour n’en nommer que quelques-uns. Mais les deux principales têtes d’affiche sont encore là. Tom Brady lèvera l’ancre sur sa 20e saison – sa 19e comme partant –, alors que Ben Roehtlisberger amorcera sa 16e.

Voilà qui ne rajeunit personne.