Très peu de joueurs peuvent se targuer d’avoir disputé leur meilleur match dans la NFL au Super Bowl. Mais c’est le cas de Chris Matthews, la plus récente acquisition des Alouettes.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Receveur format géant (6 pi 5 po et 230 lb), Matthews s’est amené à Montréal au cours du week-end après avoir été libéré par les Blue Bombers de Winnipeg. Il n’avait capté que 12 passes pour 180 verges en 6 matchs depuis le début de la saison.

Ce sont des statistiques pour le moins modestes, mais Matthews arrive avec un bagage impressionnant. Recrue par excellence de la LCF en 2012, le joueur aujourd’hui âgé de 29 ans a passé cinq ans dans la NFL (de 2014 à 2018) avec les Seahawks de Seattle et les Ravens de Baltimore.

C’est avec les Seahawks que Matthews a vécu son heure de gloire. Il a mené les Seahawks avec 4 attrapés, 109 verges de gains et 1 touché dans leur défaite en grande finale face aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Matthews n’avait jamais capté une passe dans un match de la NFL jusque-là ! Si les Seahawks l’avaient emporté, il aurait été l’un des principaux candidats au titre du joueur par excellence du 49e Super Bowl, au même titre que Russell Wilson ou Marshawn Lynch.

Matthews est revenu dans la LCF l’année dernière après cinq ans dans le circuit Goodell, où il n’est jamais parvenu à s’établir comme joueur régulier malgré sa bonne performance au Super Bowl.

PHOTO JOHN WOODS, ARCHIVE SLA PRESSE CANADIENNE

Chris Matthews a été libéré par les Blue Bombers de Winnipeg la semaine dernière.

Difficile de revenir dans la LCF après avoir goûté à la NFL ?

« Pas du tout », répond Matthews sans la moindre hésitation. « Il a toujours été clair dans mon esprit que je reviendrais jouer au Canada au terme de ma carrière dans la NFL. Je pensais que je jouerais plus longtemps dans la NFL, pour être bien honnête avec vous, mais je suis heureux d’être de retour dans la LCF. C’est agréable de jouer dans cette ligue. »

C’est aussi à Winnipeg que Matthews avait amorcé sa carrière il y a sept ans. Son deuxième séjour avec les Blue Bombers ne s’est toutefois pas déroulé comme lui et l’équipe l’espéraient.

Il y avait un manque de compatibilité. Ce n’est ni de la faute des Bombers ni de la mienne. Les changements sont perpétuels au football et le timing est toujours un facteur considérable.

Chris Matthews

Lorsque Matthews est devenu disponible, les entraîneurs des Alouettes ont rapidement communiqué ensemble, et c’était l’unanimité : ils ne pouvaient laisser filer l’occasion de mettre la main sur un vétéran comme lui. Surtout pas après avoir perdu les services de B.J. Cunningham pour le reste de la saison il y a quelques semaines.

« On sait ce dont il est capable et c’est toujours bon de pouvoir compter sur un joueur qui a joué dans des matchs importants et qui est capable de réussir des “gros” jeux comme lui. Lorsqu’on estimera qu’il sera en mesure de jouer, Chris obtiendra sa chance », a expliqué l’entraîneur-chef Khari Jones.

« J’ai choisi les Alouettes parce que je sentais que c’était avec cette équipe que je cadrerais le mieux. Je suis un receveur imposant capable de réussir de longs jeux, et je pense que les Alouettes aiment ce type de receveur. Au bout du compte, je veux avoir du plaisir à jouer au football et les joueurs semblent beaucoup s’amuser ici. Je me considère comme très choyé. »

« Je vais donner le meilleur de moi-même à l’entraînement et je vais faire tout ce dont je suis capable afin d’aider l’équipe jusqu’à ce que j’obtienne l’occasion de jouer. Et lorsqu’elle se présentera, je vais la saisir. »

Venant d’un joueur qui a capté ses quatre premières passes dans la NFL en plein Super Bowl, c’est une citation qui a du poids.

Lewis en feu

En attendant l’arrivée de Matthews dans la formation partante, Vernon Adams fils continuera de lancer le ballon à un groupe de receveurs qui joue extrêmement bien dernièrement. Plutôt discret jusqu’à ce point, Eugene Lewis a capté 13 passes pour 200 verges et 2 touchés lors des deux dernières rencontres de l’équipe.

« C’est effectivement une belle séquence, mais je ne veux justement pas que ce soit une “séquence”. Je veux que ça se poursuive jusqu’à la fin de la saison », a commenté Lewis, hier.

Arrivé chez les Alouettes au pire de leur débandade, soit au milieu de la saison de 2017, l’ancien des Sooners de l’Oklahoma apprécie particulièrement les récents succès de l’équipe et de l’attaque.

« C’est assurément la meilleure attaque qu’on a eue depuis que je joue à Montréal. Les joueurs sont plus confiants et c’est notre deuxième année dans le système de jeu de Khari, ce qui fait une grande différence. Cela dit, on a encore beaucoup de choses à améliorer et à accomplir. Il serait dangereux de regarder trop loin en avant. C’est un cliché, mais il faut vraiment rester concentrés sur notre prochaine partie. »

Washington de retour

Kristian Matte n’a pas participé à l’entraînement d’hier, mais Khari Jones a indiqué que le centre devrait être en uniforme vendredi soir.

Absent lors de la victoire des Alouettes contre les Argonauts de Toronto, le 25 août à Moncton, pour des raisons personnelles, Tony Washington était quant à lui de retour à son poste de bloqueur à gauche. Chris Schleuger a ainsi pu reprendre sa place comme bloqueur à droite, lui qui avait remplacé Washington à gauche face aux Argonauts.

Prochain match : Lions de la Colombie-Britannique c. Alouettes, vendredi à 19 h 30 au stade Percival-Molson