(Montréal) Khari Jones a louangé — avec raison — la qualité du jeu des Alouettes de Montréal, qui ont une fiche de 5-4 à la mi-parcours cette saison dans la Ligue canadienne de football. Mais pour l’entraîneur-chef des Oiseaux, la fiche vient en boni.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

« Je regarde uniquement les performances des joueurs sur une base hebdomadaire et de ce côté, je suis très satisfait, a-t-il dit mercredi, au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Je suis content de l’effort déployé semaine après semaine. Mise à part une défaite (de 41-10 contre Hamilton, lors du deuxième match de la saison), nous avons joué des matchs serrés chaque semaine et les gars ont mis tout ce qu’ils avaient dans ces rencontres. C’est ce dont je suis le plus fier.

« Maintenant, il y a toujours place à amélioration, a-t-il poursuivi. C’est ce que nous allons faire au cours des neuf prochaines semaines : élever nos attentes, afin que le niveau de jeu des gars augmente. »

Il ne vise pas un aspect du jeu en particulier, mais bien une amélioration générale des performances de l’équipe.

« La défense joue très bien, mais nous accordons encore beaucoup de verges à nos adversaires. En attaque, on commence les matchs trop tardivement. J’aimerais qu’on soit tout feu, toute flamme, dès le début des rencontres, et non pas attendre qu’on tire de l’arrière par 16 points avant de se mettre en marche. Ce serait bien de marquer un peu plus tôt ! Sur les unités spéciales, on fait plutôt bien, mais on doit obtenir plus de verges sur nos retours de bottés. Si nous continuons de nous améliorer, alors nous allons continuer de trouver des façons de gagner. »

De toute évidence, Jones a aussi assaini l’atmosphère au sein du groupe. C’est palpable : tous sont plus détendus que sous Mike Sherman. L’entraîneur de 48 ans se décrit lui-même comme un gars qui s’amuse ferme, mais qui travailler fort. Il a inculqué cet esprit à son groupe.

« J’espère avoir eu un peu à faire avec le changement d’atmosphère. Cependant, je pense que ce qui a été le plus gros facteur de changement, c’est d’avoir permis aux gars — joueurs comme entraîneurs — d’être eux-mêmes », a-t-il dit.

« Je pense que je suis au bon point de ma carrière pour être entraîneur-chef. Je suis à l’aise avec qui je suis et j’ai confiance en mes moyens. Alors, si j’ai envie de danser à l’entraînement, je vais le faire ! Je sais aussi quand c’est le temps de travailler, et je veux que les joueurs se sentent de la même façon. Je ne veux pas qu’ils réfrènent leur personnalité. Je veux qu’on ait une bonne atmosphère au sein de l’équipe, qu’on sente qu’on est tous ensemble dans cette aventure. Je ne veux pas de division entre attaque, défense et unités spéciales. C’est important qu’on pousse tous ensemble. Les équipes avec lesquelles j’ai été associé et qui ont connu le plus de succès fonctionnaient de cette façon. Je suis très fier que nous ayons pu développer cette chimie au sein du club. »

Il est à noter que Jones a toujours un portable avec un indicatif de la Colombie-Britannique. Quand on lui a fait remarquer qu’à la lueur des succès que l’équipe connaît, il serait temps pour lui d’obtenir un numéro dans le 514, il s’esclaffe au bout du fil.

« J’y travaille, se défend-il. Je pense qu’effectivement, je pourrais me trouver un téléphone ici ! »