Louis De Beaumont était un hockeyeur doué. Pendant son adolescence, il a toujours évolué avec les meilleurs. Il a même été repêché par les Olympiques de Hull, dans la LHJMQ, un rang devant un futur défenseur du Canadien, Marc-André Bergeron.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Mais très vite, il a réalisé qu’il était encore meilleur ailleurs.

À l’école.

Aujourd’hui, Louis De Beaumont a 39 ans. Il est neuropsychologue clinicien. En gros, il étudie les cerveaux. Avec un faible pour ceux des athlètes. Les amateurs comme les pros. Ses travaux de recherche – réputés novateurs – sont très attendus. Pas juste par ses collègues. Par les clubs et les ligues aussi.

Si je vous parle de lui ce matin, c’est qu’il est à la tête d’un nouveau projet. Une étude révolutionnaire. Vraiment. Pendant deux ans, son équipe suivra à la trace 38 footballeurs de McGill, de Concordia et de l’Université de Montréal. En fait, pas à la trace. Ce sera encore plus précis que ça. Les cobayes soumettront leur cerveau à sept examens en imagerie par résonance magnétique (IRM) :

• un avant cette saison ;

• un avant le premier match ;

• un après le premier match ;

• un avant le deuxième match ;

• un après le deuxième match ;

• un après cette saison ;

• un au début de la prochaine saison.

Un échantillon exceptionnel. Du jamais-vu.

« C’est un projet très différent des autres, m’explique Louis De Beaumont. La plupart des recherches portent sur les commotions cérébrales. Nous, ce qui nous intéresse, c’est surtout l’accumulation des coups à la tête et leurs conséquences. »

Concrètement, les chercheurs ont pris une image du cerveau des athlètes cet été. Cette « photo » servira de mesure étalon pour les prochains examens. « Grâce à une technologie développée à Montréal, nous sommes capables à l’IRM de déceler les petites pertes sanguines et les changements métaboliques liés aux coups à la tête pendant un match. »

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Pendant deux ans, l’équipe du neuropsychologue Louis De Beaumont suivra 38 footballeurs de McGill, de Concordia et de l’Université de Montréal.

OK, mais comment s’assurer que c’est bien un coup porté à la tête qui a causé la blessure ?

« Nous avons placé des capteurs dans les casques des joueurs. Avec le WiFi, nous recevons les données en temps réel sur un iPad. Nous pouvons ainsi reconstituer tous les faits. »

Louis De Beaumont et son équipe analyseront ensuite toutes les données recueillies pour en tirer des conclusions. À quoi pourraient servir ces résultats ? Déjà, il évoque des hypothèses intéressantes.

Ces nouvelles connaissances pourraient nous amener à développer de nouveaux équipements sportifs mieux ajustés aux vulnérabilités du cerveau.

Louis De Beaumont

Encore plus intéressant, nous pourrons mieux évaluer la période de temps nécessaire pour récupérer après des coups à la tête.

« En testant les joueurs deux semaines de suite, on pourra savoir si le cerveau a eu le temps de se remettre des coups. Ou si, au contraire, une saison de football agit comme un rouleau compresseur sur le cerveau pendant huit semaines. Ensuite, on va faire le même exercice entre les deux saisons. Est-ce que la saison morte est assez longue ? Personne ne s’est jamais intéressé à cela. C’est totalement innovant. »

Le projet est financé par la Chaire de la Fondation Caroline Durand en traumatologie aiguë de l’Université de Montréal et les Fonds de recherche du Québec. Il sera terminé dans deux ans. Mais déjà, ses conclusions sont attendues de tous.

Car rares sont les études qui ont le potentiel de modifier les habitudes dans un sport centenaire.

UNE ÉCLAIRCIE POUR SHAPOVALOV

Félix Auger-Aliassime s’est incliné en trois manches consécutives devant Denis Shapovalov, hier, aux Internationaux de tennis des États-Unis. Même pas eu le temps de faire décongeler le pâté au poulet, c’était terminé : 6-1, 6-1, 6-4.

La partie s’est jouée au service. Le joueur québécois n’a réussi aucun as. Seulement 66 % de points gagnés sur la première balle, 27 % sur la deuxième. Très en deçà des statistiques de Shapovalov : 85 % sur la première balle, 55 % sur la seconde.

Cela dit, Félix Auger-Aliassime n’est pas le seul favori qui s’est incliné dès le premier tour. Les deux joueurs les mieux classés dans son quart de tableau, Dominic Thiem (4) et Stéfanos Tsitsipás (8), sont aussi éliminés. Et soudainement, il y a une éclaircie pour Denis Shapovalov jusqu’à la demi-finale.

Une occasion en or de racheter sa saison difficile.

DANS LE CALEPIN

• Vous souvenez-vous des Pétroliers du Nord ? C’est cette équipe de hockey semi-pro qui avait été chassée de l’aréna de Saint-Jérôme par le maire, le printemps dernier, à la suite d’incidents racistes pendant ses matchs. L’équipe a été relocalisée. Elle disputera désormais ses parties locales au Colisée de Laval.

• Le Québécois Abraham Toro et les Astros de Houston visiteront les Blue Jays, ce week-end, à Toronto. Le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, a tenu à prévenir la direction des Astros : « Vous devriez commander un paquet de t-shirts de Toro. Des centaines de personnes viendront de Montréal pour vous encourager ! »