Les bonnes équipes trouvent le moyen de combler des déficits pour gagner des matchs. Pour la deuxième fois de suite, c’est exactement ce que les Alouettes ont fait, hier après-midi, à Moncton.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

À un certain moment, l’équipe de Khari Jones tirait de l’arrière 16-0 contre les Argonauts de Toronto, qui n’avaient gagné qu’une fois cette saison. Elle a cependant dominé la deuxième demie pour l’emporter 28-22. Il s’agissait pour les Oiseaux d’une cinquième victoire à leurs sept derniers matchs.

Les Argonauts ont pourtant accumulé 157 verges et 12 premiers jeux de plus. La différence aura été la capacité des Alouettes à réussir de longs jeux, notamment le touché de 35 verges d’Eugene Lewis et celui de 34 verges de Quan Bray.

Le majeur de Lewis a donné le ton aux siens dès les premiers instants du troisième quart. Quant à lui, Bray a marqué sur un spectaculaire jeu que l’équipe avait répété au cours des derniers jours. Deux joueurs des Als ont eu la possession du ballon avant qu’Adams ne complète sa longue passe à Bray. Très belle exécution.

Le jeu de Vernon Adams fils ne cesse de progresser, et il a possiblement disputé son meilleur match de la saison.

Outre l’interception qu’il a lancée au premier quart, Adams a eu très peu à se reprocher. En plus d’avoir réussi 76 % de ses passes (19 en 25), il a franchi la barre des 300 verges (335), et ses deux passes de touché étaient de toute beauté. Le quart-arrière a également ajouté son huitième touché de la saison au sol avec une course d’une verge.

Jusqu’à maintenant, on ne peut pas dire que les Alouettes ressentent beaucoup l’absence de B.J. Cunningham. Lewis, Bray et DeVier Posey font tout un travail chez les receveurs. Les qualités de basketteur de Lewis ont notamment été mises en évidence au cours des deux derniers matchs alors qu’il a multiplié les attrapés en hauteur.

Plus de travail pour Johnson

Le plan de match au sol était de principalement utiliser Jeremiah Johnson comme demi afin d’intégrer William Stanback à l’attaque progressivement, et c’est exactement ce que les Alouettes ont fait.

De retour de sa blessure à un talon, Stanback n’a porté le ballon que six fois pour des gains de 19 verges. Johnson a fini sa journée de travail avec 12 courses pour 54 verges, dont un superbe touché de 25 verges qu’il a marqué grâce à sa force d’accélération.

PHOTO ANDREW VAUGHAN, LA PRESSE CANADIENNE

Le demi offensif Jeremiah Johnson se sauve avec le ballon!

Le fait que les entraîneurs des Alouettes ont une très grande confiance en Johnson sur le plan de la protection de passe a sûrement été un autre facteur dans la répartition du travail. Chris Schleuger disputait un premier match comme bloqueur à gauche, et c’est Spencer Wilson qui était d’office du côté droit.

Stanback et Johnson étaient sur le terrain en même temps lors de certains jeux, ce qui a sûrement créé un peu de confusion pour la défense des Argos. Chose certaine, cette combinaison dans le champ arrière est une force dont les Alouettes doivent trouver le moyen de tirer profit en faisant appel aux deux joueurs lors des matchs, même si ce n’est pas l’idéal sur le plan du ratio canadien.

Statistique trompeuse

Sans l’excellent Taylor Loffler, qui ratera le reste de la saison, blessé à un genou, la tertiaire des Alouettes a accordé 464 verges à McLeod Bethel-Thompson. Mais cette statistique est un peu trompeuse.

La défense des Alouettes a concédé quantité de courts gains au centre du terrain. Mais la plupart du temps, les receveurs des Argonauts ont été rapidement plaqués et ne pouvaient pas vraiment espérer obtenir de plus longs gains.

Greg Reid fils et Bo Lokombo ont tous deux raté l’occasion d’intercepter des passes de McLeod Bethel-Thompson, mais l’unité a également réussi quelques jeux cruciaux, notamment sur le dernier de la partie.

PHOTO ANDREW VAUGHAN, LA PRESSE CANADIENNE

Le quart-arrière McLeod Bethel-Thompson est rabattu par le plaqueur Fabion Foote.

Reid a gêné le travail du receveur Armanti Edwards dans la zone des buts alors que ce dernier aurait créé l’égalité avec un attrapé. Les Argonauts auraient pu se sauver avec la victoire avec la transformation d’après-touché.

La ligne défensive des Als s’est également illustrée en deuxième demie alors qu’elle est parvenue à exercer de la pression comme elle avait rarement été en mesure de le faire depuis le début de la saison.

L’attaque des Argonauts a généralement avancé à coups de courts gains, tandis que celle des Alouettes a effectué plusieurs longs jeux. Ce fut la grande différence dans ce match. L’importance d’obtenir des gains substantiels est encore plus grande au football à trois essais, et c’est ce que les Als ont fait.

Passer le K.-O.

Les spectateurs à Moncton ont eu un bon spectacle à se mettre sous la dent, surtout au retour de l’entracte. Sachant que leur saison était probablement dans la balance, les Argonauts se sont bien battus jusqu’à la dernière seconde.

Mais les Alouettes sont plus talentueux que les Argos et viennent pratiquement de leur passer le K.-O. Avec seulement 2 points au classement après neuf matchs, un revirement de situation complet serait nécessaire afin que Toronto puisse accéder aux éliminatoires.

À l’inverse, les Alouettes sont maintenant en excellente position pour participer au tournoi de novembre pour la première fois depuis 2014. Grâce à leur cinquième victoire de la saison et à la défaite du Rouge et Noir, samedi soir à Regina, ils détiennent une avance de 4 points et ont un match en main sur Ottawa au deuxième rang de la division Est.

La deuxième moitié de saison devrait donc être la plus intéressante depuis plusieurs années à Montréal. Avant de l’attaquer, les Alouettes profiteront cependant de leur troisième et dernière semaine de relâche de la saison.

Un repos bien mérité.

Prochain match: Lions de la Colombie-Britannique c. Alouettes, le 6 septembre à 19h30 au stade Percival-Molson