Avec l’été qui s’achève arrive le début d’une nouvelle saison de football universitaire. Quel sera l’impact de l’arrivée d’Anthony Calvillo sur l’attaque des Carabins ? Comment le Rouge et Or comblera-t-il le départ de nombreux vétérans ? Qui d’autre pourra tirer son épingle du jeu et offrir une véritable opposition aux formations de Québec et de Montréal ? Botté d’envoi de la saison, ce soir à 19 h.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Des Carabins confiants

Les derniers mois ont été mouvementés pour Danny Maciocia, marqués par une véritable saga autour de son éventuel retour dans la LCF avec les Alouettes. L’entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal ne pourrait donc être plus heureux du début de la saison de football universitaire, ce soir (19 h), au stade de l’Université Concordia face aux Stingers.

« Il s’est dit et écrit beaucoup de choses, a rappelé Maciocia cette semaine. Je dirai simplement que dans tout ça, j’ai eu la chance de rencontrer des gens très intéressants, avec de bonnes idées. Pour l’instant, toutefois, c’est le statu quo. »

Et toute son attention est tournée vers cette saison qui débute ce soir.

« Nous avons encore une bonne équipe, pleine de potentiel, estime celui qui en sera à sa neuvième saison avec les Carabins. En défense [toujours l’une des forces de l’équipe], je pense que nous pouvons être encore meilleurs. Le groupe est plus jeune en attaque, mais je pense qu’on peut faire de belles choses. »

L’arrivée d’un nouvel adjoint réputé, Anthony Calvillo, devrait d’ailleurs contribuer au succès des Carabins en attaque.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Anthony Calvillo s’est joint au personnel d’entraîneurs des Carabins de l’Université de Montréal durant l’intersaison.

« Notre quart Dimitri Morand a eu une belle progression depuis son arrivée avec l’équipe il y a trois ans, mais c’est incroyable de voir comment sa vision du jeu a évolué cet hiver en travaillant avec Anthony », souligne Gabriel Cousineau, le coordonnateur de l’attaque.

C’est un atout incroyable d’avoir quelqu’un comme lui avec nous.

Gabriel Cousineau

« Nous avons perdu des joueurs importants, du côté des receveurs, notamment [Régis Cibasu, Louis-Mathieu Normandin, Guillaume Paquet…], mais on ne doute pas que les jeunes seront en mesure de prendre la relève. Et on a encore un très bon groupe de porteurs de ballon.

« Reste maintenant à voir ce que ça donnera sur le terrain. On a eu une bonne préparation, mais on ne sait pas trop à quoi s’attendre de la part des Stingers. Ils ont complètement changé leur personnel d’entraîneurs et c’est difficile de prédire quel sera leur style de jeu. »

Changement de culture à Concordia

Après une première saison à la barre des Stingers, Brad Collinson a jugé qu’un important changement de culture s’imposait. L’équipe avait bien amorcé la dernière saison, mais cinq défaites consécutives l’ont exclue des séries.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Brad Collinson, entraîneur-chef des Stingers de l’Université Concordia

Collinson, ancien adjoint de Glen Constantin à l’Université Laval, a pris les grands moyens, embauchant un nouveau groupe d’entraîneurs tout en faisant le ménage parmi les joueurs. « Cette première saison m’a permis d’évaluer les choses et je savais que des changements radicaux s’imposaient, a expliqué l’entraîneur-chef en entrevue. On n’a pas toujours la chance de pouvoir repartir à zéro. Je pense que cela nous a offert la possibilité d’installer un système et des valeurs qui vont permettre au programme de football de connaître éventuellement beaucoup de succès, sur les terrains, mais aussi à l’extérieur. »

Collinson a convaincu Ed Philion, ancien joueur étoile et entraîneur dans la LCF, de prendre en charge la défense de l’équipe et il a choisi des adjoints qui pensent comme lui, quatre anciens du Rouge et Or, notamment. Des hommes qui vont exiger des joueurs qu’ils répondent de leurs performances, sur le terrain et en classe. Un nouveau programme d’entraînement hivernal plus rigoureux a été mis en place, question d’avoir une équipe en meilleure condition physique.

Tous n’ont pas accepté ces changements, mais Collinson ne regrette pas leur départ.

Il ne s’agit pas seulement de former des joueurs de football. On est des professeurs et on veut que les joueurs acquièrent des compétences et des valeurs qui vont leur servir toute la vie.

Brad Collinson

Reste qu’il y a un match à jouer ce soir et ces « nouveaux » Stingers auront fort à faire devant les Carabins. « C’est sûr que l’arrivée tardive de nos coordonnateurs ne nous a pas aidés pour le recrutement, concède Collinson. Mais ceux qui ont choisi de venir ici l’ont fait parce qu’ils croient en notre vision du football universitaire. »

Pas moins d’une quarantaine de recrues se sont jointes aux Stingers : « Ils sont peut-être moins connus [que les recrues des Carabins ou du Rouge et Or], convient leur entraîneur-chef, mais ce sont de bons joueurs de football ! »

Laval et Sherbrooke en « reconstruction »

Champion en titre de la Coupe Vanier, le Rouge et Or de l’Université Laval aborde la 25e saison de son histoire.

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Champion en titre de la Coupe Vanier, le Rouge et Or de l’Université Laval aborde la 25e saison de son histoire.

Rarement Glen Constantin et ses adjoints ont-ils dû composer avec autant de changements à des postes clés. Le quart Hugo Richard est maintenant avec les Alouettes, Mathieu Betts est parti à Chicago et l’ensemble des partants sur la ligne défensive ont terminé leur carrière universitaire, comme plusieurs autres joueurs importants.

Mais on dit souvent que la deuxième équipe du Rouge et Or pourrait être compétitive dans le RSEQ, et personne ne doute que Laval sera encore redoutable cette saison. C’est Samuel Chénard, un étudiant de cinquième année en enseignement, qui prendra la relève au poste de quart-arrière. « C’est quand même ma cinquième saison avec l’équipe et je suis prêt à faire face à la pression », a-t-il assuré en entrevue sur le site du Rouge et Or.

Même si j’ai peu joué, j’ai beaucoup appris au cours des dernières années et les gars ont l’habitude de travailler avec moi.

Samuel Chénard

Chénard et le Rouge et Or joueront leur premier match dimanche (13 h), sur leur terrain du PEPS, alors qu’ils accueilleront le Vert & Or de Sherbrooke.

La formation de l’Estrie a aussi dû composer avec le départ d’une trentaine de vétérans, et l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte entend profiter de l’occasion pour relancer le Vert & Or sur des bases plus solides. Justin Chapdelaine est maintenant coordonnateur d’une attaque entièrement renouvelée avec notamment trois quarts-arrières qui totalisent deux matchs d’expérience sur la scène universitaire.

Lecompte a aussi continué d’exploiter sa « filière européenne » et ce ne sont pas moins de cinq joueurs en provenance de France (4) et de Belgique (1) qui se retrouvent avec le Vert & Or cette saison.

McGill plus ambitieux

À McGill, les joueurs de l’entraîneur-chef Ronald Hilaire auront droit à une semaine supplémentaire pour préparer la saison. Troisième la saison dernière, l’équipe a souvent montré de belles choses et peut miser sur un groupe qui arrive à maturité. Le quart Dimitrios Sinodinos et le plaqueur Andrew Seinet-Spaulding seront encore les meneurs de l’équipe. On en reparle la semaine prochaine.