Ce que Bill Belichick, Tom Brady et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont accompli depuis 18 ans est tout simplement exceptionnel. Il reste qu’ils ont pu profiter de la faiblesse de leurs trois rivaux de section, qui multiplient les ratés depuis le début des années 2000. Une fois de plus cette année, les Pats ne devraient avoir aucune opposition dans leur division.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

PATRIOTS DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE

Tom Brady est encore capable de briller dans les moments cruciaux, mais, à 42 ans, n’est plus en mesure de traîner l’équipe sur ses épaules match après match comme il l’a fait si longtemps. Les Patriots ont donc investi argent et choix au repêchage afin de construire l’un des meilleurs jeux au sol de la NFL au cours des dernières années.

Les Pats ont perdu leur bloqueur à gauche partant pour la deuxième année de suite quand Trent Brown a accepté une offre des Raiders d’Oakland en mars. C’est Isaiah Wynn, un choix de premier tour en 2018, qui devrait normalement prendre la place de Brown, qui avait quant à lui remplacé Nate Solder.

Les quatre autres membres de la ligne offensive sont supérieurs à la moyenne et forment un groupe qui n’a pas son égal sur le plan de l’efficacité et de la constance dans les matchs importants. Les gardes Shaq Mason et Joe Thuney, le centre David Andrews et le bloqueur à droite Marcus Cannon sont tous à l’apogée de leur carrière.

Sony Michel s’est établi comme le principal porteur de ballon des Patriots dans la deuxième moitié de sa première saison, mais James White, Rex Burkhead et Damien Harris, une recrue provenant du Crimson Tide d’Alabama, devraient tous contribuer à leur façon.

C’est plus maigre en ce qui concerne les receveurs, surtout au poste d’ailier rapproché. Qui remplacera Rob Gronkowski, nouvellement retraité ? Julian Edelman est la cible de prédilection de Brady et les Pats ont repêché N’Keal Harry avec leur sélection initiale en avril. Ces deux joueurs devraient être les principaux ailiers espacés, mais ça aiderait si Josh Gordon pouvait régler ses problèmes personnels et revenir au jeu.

En défense, le vétéran Michael Bennett a été obtenu afin de remplacer Trey Flowers comme principal chasseur de quart. L’unité de secondeurs et la tertiaire sont solides et expérimentées, mais l’ajout d’un joueur dominant sur la première ligne ne serait pas un luxe.

Le chiffre

74 %

En 19 saisons à la barre des Patriots, Bill Belichick a une fiche de 225-79, ce qui lui donne un incroyable taux de victoires de 74 %.

Prédiction : 12-4

PHOTO BRIAN BLANCO, ASSOCIATED PRESS

Le porteur de ballon des Bills LeSean McCoy (25) approche de la retraite.

BILLS DE BUFFALO

Les Bills n’ont pas eu à réfléchir très longtemps pour déterminer ce qu’ils devaient améliorer au terme de la saison dernière. Leur attaque a terminé au 30e rang autant au chapitre des verges que des points, et leur jeu aérien a fini 31e.

Afin d’aider Josh Allen qui, à sa première saison, a réussi autant sinon plus de beaux jeux avec ses jambes qu’avec son bras, les Bills ont accordé des contrats aux joueurs autonomes Cole Beasley et John Brown. Ces deux receveurs transformeront-ils le jeu de passe des Bills ? C’est loin d’être sûr.

Ni Brown ni Beasley ne peuvent être considérés comme de vrais receveurs numéro un et les Bills ont un énorme point d’interrogation au poste d’ailier rapproché. Qui plus est, ce sont LeSean McCoy et Frank Gore, tous deux près de la retraite, qui occupent actuellement les deux premiers échelons chez les porteurs de ballon.

La ligne offensive devrait être plus solide grâce à l’arrivée du centre Mitch Morse, anciennement des Chiefs, et de la recrue Cody Ford. Le quintette est cependant loin de représenter une force. Sans surprise, les Bills ont marqué 9 points ou moins dans 5 de leurs 16 matchs en 2018.

C’est beaucoup plus solide de l’autre côté du ballon. Les Bills ont choisi des joueurs défensifs avec tous leurs premiers choix depuis 2016 : Shaq Lawson, Tre’Davious White, Tremaine Edmunds et Ed Oliver. L’entraîneur-chef Sean McDermott, qui amorcera sa troisième saison avec les Bills, a également fait sa marque en défense.

Les Bills n’ont participé aux éliminatoires qu’à une seule reprise au cours des 19 dernières années et leurs chances d’y accéder en 2019 semblent faibles.

Le chiffre

52,8 %

C’est la proportion de passes qu’a réussies Josh Allen à sa première saison, ce qui est nettement insuffisant. Allen a toutefois été productif au sol avec 631 verges et 8 touchés.

Prédiction : 7-9

PHOTO DALE ZANINE, USA TODAY SPORTS

Les Jets espèrent que Sam Darnold (14) sera leur quart de concession.

JETS DE NEW YORK

Un an après avoir repêché ce qu’ils espèrent être leur quart de concession en Sam Darnold, les Jets ont embauché l’entraîneur-chef qui aura pour mission de bien le développer. Adam Gase est reconnu comme l’un des bons entraîneurs offensifs de la ligue et son succès à New York sera dépendant de la progression de Darnold.

Pour faciliter le travail de Darnold, les Jets ont embauché Le’Veon Bell, qui n’a toutefois pas joué un match « régulier » en 20 mois. Bell sera moins bien entouré qu’il l’était à Pittsburgh et devra trouver les ouvertures derrière une ligne offensive ordinaire, bien qu’elle soit aidée par l’acquisition du garde Kelechi Osemele.

Les Jets ne possèdent aucun receveur de premier plan, le groupe étant mené par Robby Anderson. Quincy Enunwa et le nouveau venu Jamison Crowder sont les plus connus parmi les autres ailiers espacés de l’équipe et il n’y a aucune valeur sûre chez les ailiers rapprochés.

Les joueurs talentueux sont plus nombreux du côté de la défense, à commencer par C.J. Mosley, ancien des Ravens de Baltimore. Bell a plus fait parler de lui, mais c’est Mosley qui a obtenu le plus d’argent des Jets sur le marché des joueurs autonomes l’hiver dernier. Joueur durable, le secondeur intérieur deviendra rapidement le meneur de la défense.

Choisi au troisième rang du repêchage, le plaqueur Quinnen Williams se joindra à Leonard Williams et permettra aux Jets de compter sur deux joueurs dominants sur leur ligne défensive. Le nouveau coordonnateur défensif du club, Gregg Williams, pourra également travailler avec deux bons joueurs dans la tertiaire, le demi de sûreté Jamal Adams et le demi de coin Trumaine Johnson.

Le chiffre

8

Les Jets ont raté les éliminatoires lors des huit dernières saisons. Ils ont remporté cinq victoires ou moins dans quatre des cinq dernières années.

Prédiction : 6-10

PHOTO STEVE MITCHELL, USA TODAY SPORTS

La défense des Dolphins sera construite autour de l’excellent demi de coin Xavien Howard (25).

DOLPHINS DE MIAMI

Après trois saisons avec Adam Gase, qui dirige maintenant les Jets, les Dolphins se sont tournés vers un adjoint de longue date de Bill Belichick. Brian Flores a travaillé pour les Patriots dans différents rôles de 2004 à 2018.

Flores et les Dolphins devront s’armer de patience. C’est un travail de longue haleine qui les attend. L’organisation a pris un risque calculé afin de pourvoir son poste le plus important en mettant la main sur le quart Josh Rosen en retour d’un deuxième choix, en avril. L’autre candidat pour le poste de partant est le globe-trotter Ryan Fitzpatrick.

Rosen ou Fitzpatrick devra évoluer derrière une ligne qui n’inspire personne, à l’exception du bloqueur à gauche Laremy Tunsil. Et il n’y a aucun joueur de premier plan chez les receveurs et les demis.

La défense sera construite autour de l’excellent demi de coin Xavien Howard, du demi de sûreté Minkah Fitzpatrick et du plaqueur et premier choix de l’équipe en avril, Christian Wilkins. Ça aiderait si l’ailier défensif Charles Harris et le secondeur intérieur Raekwon McMillan progressaient, eux qui ont peu fait depuis leurs débuts professionnels.

Les Dolphins possèdent 10 choix en vue du prochain repêchage et pourraient fort bien se retrouver avec le tout premier. Même si Flores devrait éventuellement redresser la situation à Miami, la saison 2019 risque d’être pénible.

Le chiffre

1

Selon le magazine spécialisé Athlon Sports, Josh Rosen est devenu le premier quart-arrière repêché au premier tour à être échangé après une seule saison depuis que la NFL et l’AFL ont fusionné, en 1970.

Prédiction : 3-13