Il était temps! Il était temps que les Alouettes remportent une victoire convaincante contre un rival de calibre, ce qu’ils ont fait en vainquant les Tiger-Cats de Hamilton, 36-29, hier soir. Et il était grand temps qu’ils donnent la chance à William Stanback d’être leur joueur le plus important sur le terrain.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Stanback avait l’air de Jim Brown, hier. Utilisé plus souvent en première demie qu’il l’a généralement été depuis qu’il fait partie des Alouettes, Stanback a pris le contrôle du match en deuxième demie; l’usure a fini par avoir raison de la défense des Tiger-Cats.

Statistiques finales de Stanback: 22 courses pour 203 verges et 3 touchés, et un jeu de 46 verges par la passe en boni. C’est de cette façon que les Alouettes gagneront des matchs, ce n’est pas sorcier. Avec de jeunes quarts-arrières et une ligne qui a souvent des difficultés en protection de passe, Stanback devrait presque toujours être au cœur du plan de match offensif des siens.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

William Stanback avait un grand match dans les jambes, comme en témoignent les 203 verges et les 3 touchés récoltés par la course.

«Ma confiance a augmenté au fur et à mesure que le match progressait. On a gardé notre pied sur l’accélérateur. On possède les bloqueurs pour avoir un très bon jeu au sol», a expliqué Stanback.

William continue de s’améliorer, et ça fait peur.

Khari Jones

«C’était très important de gagner ce match à domicile, car ça faisait un certain temps qu’on n’avait pas joué ici. Je pense que les joueurs étaient heureux de pouvoir célébrer dans la chambre et qu’ils y prendront goût », a dit Jones, qui a remporté sa première victoire à titre d’entraîneur-chef.

Un dernier match mémorable

L’autre étoile de la rencontre a été Luc Brodeur-Jourdain. Parce qu’il s’agissait de son chant du cygne, bien sûr, mais aussi parce qu’il a joué un peu plus que prévu.

Khari Jones et les Alouettes ont fait une belle fleur à Brodeur-Jourdain en l’insérant dans la formation pour leur première série offensive du match, qui s’est terminée par un court placement de Boris Bede.

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Après la première séquence à l’attaque des Montréalais, Luc Brodeur-Jourdain (58) a quitté le terrain, serrant longuement ses coéquipiers dans ses bras, dont celui avec qui il a passé les 10 dernières saisons, Kristian Matte.

Lorsque Brodeur-Jourdain a regagné le banc des siens, la foule l’a chaleureusement applaudi, et plusieurs coéquipiers lui ont donné l’accolade. Utilisé comme garde lors de la première série, Kristian Matte était de retour au centre lors de la suivante, alors que Trey Rutherford a repris son poste de garde à gauche.

Mais la soirée de travail de Brodeur-Jourdain n’était pas terminée. Au troisième quart, le garde à droite, Sean Jamieson, a quitté la rencontre, blessé à une jambe. Matte l’a remplacé, et son pote Brodeur-Jourdain a repris sa place au centre.

«J’ai souvent dit aux jeunes joueurs que le football était un sport d’opportunités», a dit Brodeur-Jourdain sur le terrain après le match, sous le regard des partisans restés dans les gradins.

C’était vraiment particulier. Chaque fois que j’embarquais sur le terrain, j’entendais des gens me saluer. Ce sont des doses d’amour qu’on ne peut même pas décrire.

Luc Brodeur-Jourdain

«J’ai vraiment eu du plaisir. Je n’ai pas tant savouré [le moment] sur le terrain, car je voulais rester concentré sur le travail à accomplir», a raconté Brodeur-Jourdain, qui ne se ferait pas prier très longtemps si les Alouettes lui demandaient de repousser sa retraite. «Si l’équipe avait besoin de moi, je serais là.»

PHOTO GRAHAM HUGHES, LA PRESSE CANADIENNE

Dans un match où le jeu au sol a prévalu, le quart-arrière Vernon Adams fils a connu un match modeste, avec des gains aériens de 202 verges, aucune passe de touché et un taux de réussite de 56% (14 en 25).

Belle performance d’Adams

Très ordinaire depuis le début de la saison, la ligne offensive a bien joué dans l’ensemble. Vernon Adams a pu bénéficier d’une meilleure protection, et Stanback a profité de plusieurs beaux corridors de courses, bien que beaucoup de ses gains les plus appréciables aient été obtenus à l’extérieur de la ligne d’engagement.

Adams a joué avec une belle détermination et a semblé en meilleur contrôle de la situation que la semaine dernière à Hamilton. Il a réussi quelques longues passes et a forcé la défense de Hamilton à commettre de l’interférence à quelques reprises grâce à des passes précises.

Le quart-arrière des Alouettes a également fait mal aux Tiger-Cats avec quelques courses à des moments opportuns. Adams continue de progresser, et une bataille de quarts-arrières avec Antonio Pipkin se dessine à l’horizon.

Tandis que Brodeur-Jourdain faisait ses adieux en tant que joueur, hier soir, Quan Bray disputait son tout premier match dans la LCF. Le receveur n’a pas mis de temps à s’illustrer en captant 8 passes pour 54 verges. Il offre une autre dimension à l’attaque en se démarquant grâce à des attrapés de plus courtes distances que ceux des autres receveurs de l’équipe.

Bray, Cunningham et Eugene Lewis ont bien joué en l’absence de DeVier Posey, blessé à un mollet. Lorsque ces quatre joueurs seront tous en uniforme, les tertiaires adverses auront un gros défi à relever, d’autant que Stanback force normalement les défenses à garder beaucoup d’effectifs près de la fameuse boîte.

La défense se lève

La défense de Bob Slowik a été nettement supérieure à celle de ses deux premières sorties de la saison, particulièrement dans son territoire.

Les Tiger-Cats ont dû se contenter de placements à maintes reprises, notamment au deuxième quart, alors qu’ils auraient pu prendre le contrôle du match. Tirant de l’arrière 0-10, ils ont marqué 18 des 21 points suivants, et ça aurait pu être pire, n’eût été le jeu de la défense des Als.

Notre défense s’est levée lorsqu’elle devait le faire. Nos unités spéciales ont réussi quelques jeux importants, elles aussi. Ce fut vraiment une victoire d’équipe.

Khari Jones

«On a gagné notre première, mais il faudra poursuivre dans la même voie. Je pense qu’on possède un groupe de joueurs spécial, même si ce n’est peut-être pas si facile à voir de l’extérieur.»

Bonne ambiance

En raison de la performance inspirée de leur équipe, les 18 673 spectateurs ont connu une très belle surprise au stade Percival-Molson. L’ambiance a été très bonne, et ce, tout au long de la soirée.

Comme ils l’avaient annoncé durant la saison morte, les Alouettes ont placé des toiles sur certaines sections des gradins, dans les hauteurs et aux extrémités du stade Percival-Molson. Et l’effet recherché a été atteint: les spectateurs semblaient plus nombreux, et il y avait de toute évidence plus d’énergie. Une très bonne idée.

Et, qui sait, si les Moineaux continuent d’avoir l’air d’une solide équipe de football, comme ce fut le cas hier, les toiles ne serviront peut-être plus à l’automne. Une à la fois, mais celle-là, tout le monde va la prendre, comme on dit.