Stephen Bronfman a nié être sur le point d’acquérir les Alouettes de Montréal.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

Le journaliste Herb Zurkowsky de The Montreal Gazette a rapporté, lundi, que la Ligue canadienne de football serait sur le point de vendre la formation montréalaise au groupe Claridge, propriété de Bronfman, qui tente de ramener le Baseball majeur à Montréal.

Dans un bref échange de courriels avec La Presse canadienne, Bronfman a affirmé «à 100%» ne pas être impliqué dans l’acquisition du club de football.

Depuis quelques semaines, les rumeurs au sujet de la vente de l’équipe propriété de Robert Wetenhall n’ont cessé d’alimenter les médias. Éric Lapointe a d’abord manifesté son intérêt avant de se retirer du dossier au début avril, puis de se raviser deux semaines plus tard, indiquant qu’il était toujours prêt à se porter acquéreur du club «avec un simple coup de fil».

L’homme d’affaires montréalais Clifford Starke a également démontré son intérêt en sollicitant lui-même l’attention des médias canadiens au début du mois.

Finalement, d’autres rumeurs font état du rachat du club par la LCF, qui se chargerait de trouver elle-même un acheteur. Pour l’instant, la direction des Alouettes n’a pas souhaité commenter ces rumeurs, se contentant de dire que l’équipe est toujours la propriété de l’hommes d’affaires américain.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Les Alouettes ont raté les séries éliminatoires au cours des quatre dernières saisons.

Difficultés

À la fin mars, le commissaire de la LCF Randy Ambrosie, a admis avoir eu des discussions avec le propriétaire montréalais afin de venir en aide aux Alouettes.

«Nos discussions avec la famille Wetenhall se déroulent depuis plusieurs mois et portent sur ceci: comment fait-on pour ramener les Alouettes là où tout le monde veut le voir ?» avait-il déclaré.

«Nous voulons que l’équipe connaisse du succès sur le terrain et à l’extérieur de celui-ci. Quelles sont les étapes pour y parvenir et comment doit-on procéder? C’est là-dessus que nous travaillons, et de ça dont nous discutons.»

En novembre, lors d’un entretien avec La Presse canadienne, Andrew Wetenhall, fils de Robert et gouverneur du club depuis quelques années, a répété que le club n’était pas à vendre, même si son père et lui sont inquiets des performances de l’équipe, à la fois sur le terrain et aux guichets.

«La vente de billets est en baisse. Ça a un réel impact sur notre organisation, avant tout financier. Nous investissons beaucoup dans cette équipe […], alors oui, nous sommes inquiets par ce manque d’appui, avait-il déclaré. Comme nous sommes incapables de remplir nos gradins comme avant, ça fait en sorte qu’il est plus difficile d’attirer des joueurs dans notre marché.

«Ça n’a jamais été une entreprise qui nous a fait faire de l’argent depuis que nous en sommes propriétaires, a-t-il ajouté. […] À chaque année ou presque, nous devons réinjecter de l’argent afin d’assumer les frais de l’équipe. Nous n’avons été profitables que lorsque nous avons accueilli un match de la Coupe Grey.»

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Robert Wetenhall est propriétaire des Alouettes depuis plus de 20 ans.

Robert Wetenhall est propriétaire des Alouettes depuis plus de 20 ans. Il a relancé la concession en 1997, après qu’elle eut été reprise de Michael Gelfand et qu’elle ait déclaré faillite. Wetenhall a aussi épongé les dettes de l’équipe, même s’il n’était pas légalement obligé de le faire.

À l’arrivée en poste de Wetenhall, les Alouettes étaient une puissance de la ligue. Entre 1999 et 2012, la concession montréalaise a dominé la section Est en neuf occasions et a pris part à huit matchs de la Coupe Grey, dont trois victoires.

Le dernier titre des Alouettes remonte à 2010. Ils ont raté les éliminatoires au cours des quatre dernières saisons, et ont présenté une piètre fiche de 21-51 pendant cette séquence.

Wetenhall est un ancien actionnaire minoritaire des Patriots de Boston, de l’American Football League, et des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, dans la NFL. En 2011, il a reçu un doctorat honorifique de la Faculté de droit de l’Université McGill pour son travail avec les Alouettes et l’agrandissement du stade Percival-Molson.

Il a été intronisé au Temple de la renommée du football canadien en 2015.