On connaît bien le Laurent Duvernay-Tardif médecin et garde étoile des Chiefs de Kansas City. Un peu moins le Laurent philanthrope et amoureux des arts. Arrivé à Montréal ce matin pour prendre part à la foire Papier, qui se tiendra ce week-end et dont il est le porte-parole depuis trois ans, Duvernay-Tardif s’est entretenu avec La Presse au sujet de sa fondation et des projets qu’elle chapeaute.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Au bout du fil, alors qu’il se trouvait encore à Kansas City lundi soir, Laurent Duvernay-Tardif parlait avec enthousiasme et passion, comme toujours. Sauf que cette fois, il ne parlait ni de médecine ni de football.

Duvernay-Tardif est arrivé à Montréal ce matin, à temps pour le début de la foire Papier, qui se déroulera au Grand Quai du port de Montréal de demain à dimanche. Il est le porte-parole de l’événement depuis maintenant trois ans.

Parce qu’il affectionne particulièrement ce rendez-vous printanier, qui regroupe environ 400 artistes et représente une cinquantaine de galeries d’art, c’est Duvernay-Tardif lui-même qui avait proposé à l’organisation de Papier de devenir leur porte-parole. Sa notoriété sert bien la cause.

« La première fois que je suis allé à la foire, c’était il y a six ou sept ans, et ç’a été mon premier contact avec le marché de l’art. Je participe à l’événement chaque année depuis. Ça donne une bonne idée de ce qui se fait actuellement dans le monde de l’art », a expliqué Duvernay-Tardif.

« Ce n’est pas toujours évident d’avoir une bonne compréhension de l’art, alors ça donne une autre perspective d’aller dans une foire. Les artistes sont présents et on peut leur poser des questions. »

« On est très privilégiés d’avoir la foire, qui est l’événement artistique de l’année à Montréal, selon moi. Je pense que c’est une belle occasion d’avoir un premier contact avec l’art contemporain. »

L’art et les jeunes

L’implication de Duvernay-Tardif dans la foire Papier est encore plus grande cette année. En partenariat avec certains artistes, sa fondation proposera des activités éducatives artistiques d’une durée de 90 minutes à des jeunes présents à la foire. Au moment d’écrire ces lignes, il restait d’ailleurs encore des places pour les jeunes de 7 à 13 ans intéressés d’y participer.

« À la base, la Fondation Laurent Duvernay-Tardif, c’est de promouvoir l’équilibre entre le sport, les arts et les études. On a mis le volet sportif de l’avant au départ car c’était plus naturel, mais on veut maintenant mettre de l’avant le volet artistique. La foire Papier servira en quelque sorte de projet-pilote, car notre volet artistique commencera en janvier prochain », a précisé Duvernay-Tardif.

La première phase de la Fondation Duvernay-Tardif était effectivement de promouvoir l’activité physique chez les jeunes alors qu’un bus rempli d’équipement sportif a sillonné le Québec dans cette optique.

« On voulait faire le tour du Québec et entrer en contact avec les écoles. On voulait également mieux connaître la carte des acteurs philanthropiques. Et on s’est rendu compte que la Fondation venait vraiment répondre à un besoin parce qu’il y a de moins en moins de ressources et de temps qui sont alloués aux activités sportives et artistiques. »

« Après avoir fait notre travail de terrain et avoir rencontré le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport des deux derniers gouvernements, de même que les différents acteurs philanthropiques, on estime qu’on est prêts à embrayer sur la raison fondamentale pour laquelle la Fondation existe. On veut maintenant faire davantage que des visites ponctuelles », a annoncé Duvernay-Tardif.

« On veut s’implanter dans un lieu physique et être capables d’aller chercher les jeunes dans leur classe et de les amener dans nos locaux pour faire des journées hybrides avec de la création artistique et des activités sportives. »

C’est le 18 juin prochain que Duvernay-Tardif et sa fondation préciseront la nature de leur projet.

« Le but de s’installer dans un lieu physique, c’est de pouvoir revoir les jeunes plus qu’une fois durant leur année scolaire et d’avoir un impact plus durable. On veut offrir ces activités-là au plus grand nombre de jeunes possible. »

Aller plus loin

L’amour de Duvernay-Tardif pour les arts a germé dès l’enfance. Il a fréquenté une école alternative qui mettait l’accent sur les arts au primaire et a toujours été en contact avec les arts.

« J’ai toujours été exposé à l’art et lorsque j’ai rencontré ma conjointe Florence [Agathe Dubé-Moreau], qui a étudié en histoire de l’art, mon intérêt a augmenté et j’ai ajusté mon champ d’intérêt vers l’art contemporain un peu plus. »

« On planifie nos voyages en fonction de ça, alors c’est une passion qui est très présente pour nous. Au moins trois ou quatre fois durant ma saison morte, on fait le tour des galeries montréalaises pour prendre le pouls de ce qui se fait et pour voir la progression des artistes qu’on apprécie. »

Le désir de Duvernay-Tardif d’initier les jeunes au monde de l’art est donc aussi grand que celui de les inciter à bouger en faisant la promotion de l’activité physique.

« Notre objectif, c’est de sortir du fameux bricolage. Il faut aller un peu plus loin et je pense que de côtoyer des artistes est une très bonne façon de le faire. C’est quoi, la réflexion derrière la création d’une œuvre ? On veut offrir quelque chose d’un peu plus approfondi comme réflexion et de plus stimulant en termes de création. Cela dit, je sais que les enseignants d’arts à l’école font de leur mieux et on ne veut pas entrer en concurrence avec eux. »

« Si j’avais à décrire la fondation en un seul mot, ce serait “équilibre”, et c’est ce que je veux prôner. Tous les modèles actuels disent aux jeunes qu’ils doivent choisir un seul projet et y aller à fond la caisse, qu’ils doivent être les meilleurs. Je pense qu’on peut mener de front plus qu’une seule passion ou un seul projet. »